#Mali : ...Djénébou recouvre la liberté

Inculpée d’assassinat sur son mari, en l’absence de preuves, la Cour l’a tout simplement acquittée..

Publié jeudi 02 mai 2024 à 05:45
#Mali : ...Djénébou recouvre la liberté

«Assassinat et complicité », tel était l’accusation retenue contre Djénèbou Togola. Cette jeune dame âgée d’une quarantaine d’années  est passée en cours d’assises pour être jugée conformément à la loi qui réprime les faits suscités dans le code pénal à travers certaines dispositions des articles 199 al 1, 200 et 24 donnant lieu à des peines criminelles. Les faits se sont produits à Magnambougou, quartier en Commune VI à la suite d’une prise de becs.

C’était un jour de mai 2022. Ce jour-là, Djénèbou Togola, seconde épouse de Mamadou Keita rejoignait son domicile conjugal tardivement après avoir passé la journée dans sa boutique sise à Magnambougou. À son arrivée, après les salutations d'usage, elle eut une discussion chaude avec son mari Mamadou F. Keita qui lui fit des remontrances à propos de son entrée tardive à la maison.

Elle regagna sa chambre avant d'être rejointe par son mari qui se trouvait dans la cour aux alentours de 23 heures. Quelques heures plus tard, Djénèbou Togola courut de sa chambre pour alerter Moussa Keita l'un des fils de son mari au motif que ce dernier aurait eu un malaise et qu'il s'était cogné la tête par-dessus le sol.

Moussa Keita alerta urgemment un des amis de Alhousseni Cissé, un agent de la protection civile afin de lui prêter main forte. Après avoir constaté que le corps de Mamadou F Keita était inerte, ils se précipitèrent à l'évacuer à l'Hôpital du Mali où son décès a été constaté par un médecin. Au vu des blessures occasionnées sur sa tête et qui étaient anormales, les héritiers du défunt décidèrent de faire recours aux autorités judiciaires pour mort suspecte de feu leur père. Une enquête fut ouverte par le commissariat du 13ème Arrondissement contre X devenu plus tard Djénèbou Togola, l'épouse du défunt.

À l'enquête préliminaire et devant le magistrat instructeur, l'inculpée Djénèbou Togola a réfuté les faits qui lui sont reprochés. Il en a été de même devant les jurés où elle est restée constante. Ces dénégations, comme cela ressort dans le procès-verbal, ne sauraient résister à une analyse parfaite des faits.

En ce sens que, Moussa Keita, fils du défunt explique, que la nuit des faits, son défunt père et sa marâtre ont eu une discussion chaude lorsqu'elle est revenue de sa boutique aux alentours de 22 heures; que son père lui reprochait d'être arrivée tardivement cette nuit et d'ailleurs que ce n'était pas la première fois; que les deux se disputaient sur le même sujet; que la cause de sa mort ne pouvait venir que d'un coup donné par sa marâtre qui était toute seule dans sa chambre avec le défunt au moment des faits.

Durant tout le temps qu’aura duré le procès, la bonne dame a plaidé son innocence. L’aveu étant la reine des preuves et en l’absence de toutes preuves tangibles pouvant l’incriminer, la Cour l’a reconnu non coupable des faits en la relaxant tout simplement des charges retenues contre elle. Djénèbou est ressortie libre de la Cour.

Tamba CAMARA

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