Les berges de ce cours d’eau peu offrir mieux, s’ils sont bien aménagés (photo d'archives)
Le fleuve Niger,
appelé Djoliba, constitue un élément important du paysage Bamakois. Trois ponts
(pont des Martyrs, pont Fahd, pont de l’amitié Chino-malienne) l’enjambent dans
sa traversée de la capitale. Son lit et ses berges sont exploités par de
nombreux citadins pratiquant des activités génératrices de revenues : pêche,
maraîchage, extraction du sable. Ce qui fait du Djoliba une source de revenus
pour ces habitants de Bamako.
Les berges de ce cours d’eau peuvent offrir
mieux, si elles sont bien aménagées. En matière, les initiatives ont de la
peine à prospérer, laissant ainsi les déchets régner en maître et engloutir les
opportunités pour ceux qui ont le sens des affaires. En effet, l’aménagement
des berges du Niger ne peut-être qu’une aubaine non seulement pour l’économie
de la capitale, mais aussi pour le bien être des humains et de la faune
aquatique. Le cadre est idéal pour l’implantion des restaurants et autres lieux
de distraction.
Aujourd’hui, les
actions anthropiques ont érodé la beauté naturelle du fleuve. Lundi 18 mars,
Zan Diarra arrose ses plantes sur les berges, près de la Place cinquantenaire.
Il remplit directement son arrosoir dans le fleuve et vient humidifier ses
planches de patate. Le passionné du maraîchage a vu les déchets colonisés les
berges, année après année. Des aménagements auraient pu, à son avis, arrêter ce
désastre. «Des belles constructions sur les berges seraient rentables pour le
fleuve et pour l’état », dit-il. Non loin de lui, un visiteur, qui a souhaité
garder l’anonymat, contemple le fleuve.
Le souhait de ce riverain est de voir
l’état aménager, comme c’est le cas dans certains pays, des espaces verts pour
la détente. «La proximité avec le fleuve procure un micro climat agréable que
raffole les clients », renchérit un chef cuisinier que nous avons rencontré
dans son restaurant, construit sous forme de bateau sur les berges. Le long du fleuve
est un espace regorgeant d’énormes potentialités, mais il est délabré dans
plusieurs parties de la ville. Selon l’ancien ministre de l’Urbanisme et de la
Politique de la ville et ancien Premier ministre, les berges du fleuve doivent
être utilisées pour plusieurs activités au lieu de les laisser à l’état
sauvage. Moussa Mara précise que notre fleuve est comme un fossé laissant
passer l’eau, les gens y jettent des ordures et il accueille les eaux usées.
Alors qu’il peut être un espace de loisir et de bien-être pour les citadins.
«Quand j’étais ministre, nous avions un vieux projet d’aménagement du lit du
fleuve en perspective pour le rétrécir et le rendre plus profond et plus
navigable. Ce projet envisageait l’aménagement des berges par des immeubles
pour rendre la ville de Bamako attrayante», se souvient l’ancien chef du
gouvernement. Il a vu un projet similaire au cours d’une mission au Maroc et
souhaitait voir la même chose chez. Les Marocains lui avaient d’ailleurs
signifié leur disponibilité à aider à la concrétion de son souhait.
1.500 MILLIARDS DE
REVENUS- De retour au pays, l’ancien ministre de l’Urbanisme et de la Politique
des villes n’avait pas tardé à engager des études pour enfin monter un
avant-projet dont le coût était évalué à 1.000 milliards de Fcfa. «Jamais dans
l’histoire du Mali, on a eu un projet de cette taille. Il allait générer 1.500
milliards de revenus», précise Moussa Mara. Selon lui, en remblayant le fleuve,
le lit se rétrécit, ce qui le rend plus joli, plus profond et rempli. Des voies
de la circulation routière étaient prévues sur le long des deux rives, de
Sébénikoro à Moribabougou et de Kalaban-coro à Missabougou.
Des espaces de
loisirs comme un parc d’attraction et des espaces verts y seraient aussi
construits. Le projet pouvait, en outre, s’élargir sur le recyclage des déchets
liquides et l’aménagement des dépôts de déchets solides. Moussa Mara regrette
de voir ce projet rangé dans les tiroirs alors qu’il l’avait présenté au
président de République d’alors. Celui-ci avait même souhaité que la présidence
prenne le dossier en charge, en raison de son importance.
L’Agence du bassin
du fleuve Niger (ABFN) a pour missions principales la sauvegarde du fleuve
Niger, la protection des berges contre la dégradation, la dépollution des lits
de ses affluents et de son cours d’eau principal. Le directeur général adjoint
de cette Agence, Moussa Diamoye, rappelle qu’ils mettent en place un mécanisme
financier de perception de redevances auprès des organismes préleveurs et
pollueurs du fleuve Niger. En d’autres termes, il s’agit de mettre en
contribution ceux qui polluent ou qui utilisent le fleuve à des fins
commerciales.
Le DGA de l’ABFN
fait savoir qu’ils ont porté en 2019 un projet d’aménagement des berges du
fleuve dans les zones urbanisées de Bamako qui faisait 22 km, de Kalanbabougou
à Sotuba. Il s’agissait de réduire la section du fleuve Niger dans le District,
parce qu’il y a beaucoup de constructions dans les servitudes. «Les gens qui
ont des maisons dans ce stade sont dans le cadre de l’agression du fleuve»,
dénonce-il au passage. L’Agence a eu des partenaires pour réaliser le projet
mais l’accompagnement que le partenaire a souhaité de l’État pour prendre
certaines préoccupations n’a pas été pris en compte, regrette-t-il.
«Un projet similaire
était porté par l’Agence de cessions immobilières (ACI) et la direction
nationale de l’urbanisme. Quand Mohamed Aly Bathily est devenu ministre des
Domaines et des Affaires foncières, il a essayé de mettre ces trois projets
ensemble pour n’en faire qu’un et depuis lors, c’est son département qui s’en
occupait», nous apprend Moussa Diamoye. Avant de souligner que le dernier acte
concret qui a été posé dans le cadre de ce projet remonte à 2019. Un communiqué
du Conseil des ministres a évoqué la durée du projet, soulignant qu’il allait
contribuer à protéger le fleuve et donner un nouveau visage à la capitale.
En
effet, il était prévu la construction de boutiques à usage commercial de grands
standings et la création des activités touristiques avec des bateaux pour
générer des ressources. À ce jour, précise Moussa Diamoye, l’Agence a pu
réaliser quelques kilomètres d’aménagements mécaniques et biologiques des
berges dans quelques régions. Depuis un certain temps, poursuit-il, l’Agence se
bat pour que toute attribution de concession de parcelles qui devrait être
faite dans les abords du fleuve requière l’avis de l’ABFN pour voir son
l’impact sur l’eau et sur les riverains. Mais dans son action contre ceux qui
occupent les servitudes du fleuve, elle est limitée «car en général, ce sont
des personnes qui détiennent des titres fonciers délivrés par des
administrations du pays».
Fatoumata Mory SIDIBE
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