Livre d’Anna Samballa Diallo : «Le silence des sourds», un savoureux recueil de poèmes

«Le silence des sourds». C’est le titre du premier recueil de poèmes de Mme Keïta Anna Samballa Diallo, publié aux éditions Takuba.

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Publié mardi 26 juillet 2022 à 08:24, mis à jour dimanche 07 août 2022 à 16:00
Livre d’Anna Samballa Diallo : «Le silence des sourds», un savoureux recueil de poèmes

L’auteure dédicace un de ses ouvrages  sous le regard des admirateurs

 

La cérémonie officielle de lancement de cet ouvrage s’est déroulée, vendredi dernier dans un hôtel de la place, en présence de l’auteure elle-même, de la représentante de la maison d’éditions Takuba, Mme Oumou Yalkoye. Etaient aussi présents la marraine de l’événement, Mme Ly Taher Dravé, ancienne ministre, le parrain Mohamed Diawara et plusieurs autres  invités.

C’est dans une ambiance poétique que l’auteure a rendu hommage à ses parents et tous ceux qui l’ont soutenue pour la réalisation de son premier ouvrage, ainsi que dans son combat pour la littérature.

Dans le recueil, elle explique ses inspirations et ses inquiétudes face à la violence en général. Dans la poésie, Anna a su allier prose et vers libres, dans un langage subtile, fluide et agréable qui invite au voyage entre les rives du fleuve Sénégal et le Mont Hombori, aux confins de vastes espaces désertiques où, la mort et la violence aveugle semblent avoir élu domicile au milieu des fleurs fanées.

 «Mes textes sont mes seuls outils de défense dans une société où la parole est sacrée», explique l’auteure à qui veut l’entendre. à travers cette parution, elle extériorise ses sentiments  et ses dégoûts face .

A certaines situations qu’elle juge choquantes. Dans un premier temps, l’auteure explique que ses premiers textes étaient innocents et non agressifs. Aujourd’hui, ils sont plus engagés, notamment le texte de l’âme faible où, elle dénonce la barbarie et la violence subies par des êtres humains à Ogossagou et les conditions difficiles des immigrés clandestins. Mais aussi des textes plus romantiques où, elle rappelle le souvenir de sa chère mère et sa fratrie.

«J’aimerais rendre un vibrant hommage à toutes les personnes atteintes d’un handicap particulièrement les sourds muets», a souligné Anna Samballa Diallo. Et de poursuivre : «après le décès de mon père, j’ai eu la chance de rester avec mon oncle Madou Diallo qui avait cet handicap. Mais très intelligent, il  m’a appris la patience et l’humilité dans la vie». Pour rappel, l’auteure revient sur son passage au lycée, marqué par l’amour de la littérature et l’écriture. «Je me souviens encore de ma rencontre avec les organisateurs d’étonnants voyageurs (un festival du livre) dans la cour du  lycée Dougoukolo Konaré de Kayes.

 Il y avait une Sénégalaise, Ken Bukul,  qui m’a beaucoup inspiré au point de vouloir la suivre dans le train et rester à son service pour toujours.
J’aurais tellement aimé lui montrer les quelques textes que j’avais écrits, mais je suis restée là sans dire un mot, la regardant s’exprimer avec confiance et gentillesse. Et depuis, je n’ai plus jamais cessé d’écrire tout ce qui me passait par la tête.

Dans un passage du livre, dira l’écrivaine : «Je reste patiente pour que reviennent la paix dans le cœur des enfants connus d’une inconnue». Elle évoque également le courage d’une mère et la persévérance d’un talibé qui cherche à retrouver son enfance volée, intégrer l’école et jouer au ballon comme les siens.

Il faut noter qu’Anna s’est toujours distinguée par son travail et son engagement pour la littérature. Déjà à 15 ans, elle avait été élue présidente du Parlement des enfants de la Région de Kayes. Titulaire d’une maîtrise de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako, elle décide d’épouser l’écriture en œuvrant pour un monde meilleur.

Il faut aussi rappeler que plusieurs personnes ont fait des témoignages sur l’engagement, la qualité du travail de l’auteure, mais aussi son amour pour la littérature depuis son enfance. Mme Ly Taher Dravé a salué l’engagement et la détermination de Mme Keïta, avant de la remercier pour le choix porté sur sa personne comme marraine. Pour le parrain, c’est une histoire de la littérature, un pont des belles-lettres, qui nous incite encore à aller vers l’écriture.

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