«Klema, terre verte», un documentaire qu’il a
commencé à tourné en 2020 dans plusieurs villages, notamment Molodo centre,
Molodo bamana Bakary wère, Niono, Tina wèrè, tous de la Commune rurale de
Kalassiguida dans la zone de l’Office du Niger. Il sortira en avant première,
aujourd’hui dans la salle de Magic-ciné ou ex-Babemba.
Kléma qui signifie la saison sèche en bambara
prend le prétexte de la vie d’un agriculteur. Oumar, est l’un des milliers de
riziculteurs de la zone Office du Niger, doit faire face à une terre qui
s’appauvrit d’année en année, à des politiques d’ajustement structurelles
inappropriées et à la concurrence déloyale du riz asiatique. Une situation de
plus en plus intenable.
Le film est un plaidoyer qui interroge sur la propriété
de la terre et qui veut inverser la tendance. Depuis des siècles en Afrique subsaharienne,
les conflits fonciers entre éleveurs et agriculteurs existent et s’intensifient
de jour en jour. Au-delà de la problématique de partage de terre, il y a le
changement climatique contribuant fortement à la restriction des terres
cultivables. Dans la zone Office du Niger, le système d’exploitation agricole
laisse peu de place à l’élevage et la priorité donnée à l’agriculture se trouve
à la base d’affrontements violents et mortels entre agriculteurs et éleveurs
et les compromis pour la résolution
deviennent de plus en plus difficiles.
À Molodo bamana, Abass Tangara, un jeune
agriculteur dont le jeune frère est devenu malade mental à la suite d’un
affrontement intercommunautaire, évoque la question avec beaucoup
d’amertume. Il n’hésite pas à parler d’assassinat de son père et de sa belle-sœur
lors d’un conflit de ce genre. Sekou Olel, chef de tribu peuhl, après
avoir perdu huit des siens lors d’une attaque « donzo» contre sa communauté
dans le Cercle de Macina. Il a été contraint de fuir pour trouver refuge dans
un village frontalier de la Mauritanie. Il fit ainsi le choix de s’éloigner de
tout affrontement avec les agriculteurs en essayant de créer des conditions lui
permettant de vivre paisiblement avec sa communauté et son bétail.
Gakou Touré a la particularité d’être cinéaste
et agriculteur. Ce natif de la région, très engagé, revient chez lui avec sa
caméra pour tenter de résoudre cette situation conflictuelle au niveau de sa
commune. Pour lui, plus qu’un film, il s’agit d’une initiative sociale et
humanitaire afin de trouver une solution
au conflit permanent qui oppose paysans et agriculteurs dans sa localité. Des «familles
inséparables», car sans l’agriculture, il n’y a pas d’élevage et vice-versa.
La première version a été écrite en 2014. Le réalisateur
affirme être passé par 11 résidences d’écriture avec ce projet à travers le
monde afin de clarifier toutes les zones d’ombre. Il a ainsi obtenu des
soutiens du Fonds de soutien à l’industrie cinématographique du Mali (FAIC), du
Centre national de cinématographie du Mali (CNCM). Le gros donateur est sans
doute le Fonds jeunes créations francophone qui a permis de tourner réellement
ce film. Le film a bénéficié également des subventions de l’Union européenne,
de l’Agence inter gouvernementale de la Francophonie (AIF) et des ACP.
Le projet et la réalisation du film ont pris
du temps, un peu plus de trois ans. Mais pour Boubacar Gakou Touré, il fallait
prendre le temps de bien élaborer le scénario. Après, le tournage aussi il
devait épouser le rythme des agriculteurs et des éleveurs. Le cinéaste est né en 1981 à Niono. Il
s’installe d’abord à Bamako avant de regagner Abidjan (Côte d’Ivoire) où il
tombe amoureux du cinéma et de la littérature.
Autodidacte, il écrit en 1988 ses premiers scenarios. Revenu dans son village natal, en 2001, il se lance à la conquête du 7è art en occupant divers rôles (acteur, assistant metteur en scène, etc…) et apprenant le métier sur le tas avec la collaboration de plusieurs metteurs en scène.
à
partir de 2006, il réalise plusieurs courts métrages en qualité de metteur en
scène et quelques longs métrages comme assistant metteur en scène. Ses films
traitent essentiellement du monde rural, thème dont il se sent particulièrement
proche. Depuis plusieurs années, il défend en effet la cause des paysans de la
zone Office du Niger.
Son premier long-métrage «Ombre de la folie» d’une heure et treize minutes est sortie en 2015. Il raconte l’histoire d’un couple. Sortis d’une grande école d’agronomie, Idi Samaké et Fati Traoré décident de vivre au village auprès des parents tout en essayant de développer les nouvelles techniques agricoles correspondantes aux réalités environnementales. Une nuit, tout en surveillant le champ de riz contre les animaux des éleveurs, Idi est assommé par des jeunes bergers…
Youssouf DOUMBIA
Pour Issaka Nazoum, ce rendez-vous culturel a été une opportunité de montrer au monde qu’il y a une vie au Mali, particulièrement à Tombouctou qui demeure une destination sûre, contrairement aux informations véhiculées par certains médias.
Les lampions se sont éteints sur la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou lundi dernier sous la férule du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga. Mais d’ores et déjà, on peut affirmer, sans prendre de gants, que Tombouctou a vécu de sa belle vie tant la fête a .
Dans la cadre des activités de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, et sa collègue de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sal.
Les troupes qui participent à la Biennale artistique et culturelle administrent un bel exemple de vivre-ensemble depuis le début de la compétition..
La région a remporte le premier prix. Les Régions de Dioïla et de Tombouctou complètent respectivement le tableau. L’orchestre de Kidal s’en sort avec le prix spécial du Président de la Transition. Bougouni organisera l’édition de 2027.
-.