Journée Banque mondiale-Secteur privé : Le développement du secteur agricole et le climat des affaires au cœur des réflexions

Les deux partenaires entendent conjuguer leurs efforts pour relever les défis dans ces deux domaines très importants pour booster le développement socio-économique de notre pays

Publié mercredi 20 novembre 2024 à 07:51
Journée Banque mondiale-Secteur privé : Le développement du secteur agricole et le climat des affaires au cœur des réflexions

La 2ème édition de la Journée Banque mondiale-Secteur privé s’est tenue hier, dans un hôtel de Bamako. Présidée par la ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Bagayoko Aminata Traoré, la rencontre a enregistré la présence de la directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Mme Clara De Sousa, du président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mossadeck Bally. On notait également la présence du conseiller technique au ministère de l’Agriculture, Amadou Cheick Traoré, des responsables des interprofessions agricoles ainsi que des représentants des organisations professionnelles du privé.

Ayant pour thème «Développement des filières agricoles et amélioration de l’environnement des affaires au Mali», cette journée avait pour objectif d’identifier les leviers et moyens pour assurer le développement des filières agricoles au Mali. La journée a été donc l’occasion pour la Banque Mondiale de présenter ses réformes prioritaires, ses projets et instruments en faveur du développement des filières agricoles et de partager une expérience de filière réussie. Au cours de la rencontre, les acteurs du secteur privé et du monde rural, ont analysé en profondeur le contexte agricole du pays dans ses potentialités mais également ses défis afin d’affiner les priorités stratégiques et de discuter ensemble des moyens de mieux intervenir ensemble.

Selon le président du CNPM, l’organisation de la journée atteste de la bonne collaboration entre la Banque mondiale et le secteur privé malien. Mossadeck Bally a estimé qu’avec une population de plus de 22 millions d’habitants et un potentiel de 46 millions d’hectares dont 23% seulement aménagés, l’agriculture parvient aujourd’hui tout juste à nourrir une population de 14,5 millions d’habitants, qui pourrait atteindre 24 millions en 2025. «Cette projection laisse entrevoir de graves problèmes de nutrition et d’insécurité alimentaire si la situation ne s’améliore pas. Avec un système de production orienté vers l’agriculture de subsistance, la gouvernance des filières est laissée au compte des interprofessions naissantes, fragiles, peu structurées et en manque de ressources», a-t-il fait remarquer.

Le président du CNPM ajoutera que le secteur privé joue un rôle moteur dans la promotion et le renforcement des chaînes de valeurs agricoles, notamment à travers plusieurs aspects qui vont de l’investissement productif, au financement, développement des marchés, la recherche et l’innovation, la formation, la contribution sociale et le partenariat public-privé. «Il est important pour les entrepreneurs agricoles de se familiariser avec les bonnes pratiques, de s’imprégner des expériences des professionnels du secteur pour une meilleure croissance des entreprises agricoles et du secteur. En développement des modèles agricoles durables et résilients à travers l’intégration de plusieurs maillons des chaines de valeurs agricoles, la productivité et l’autonomisation des producteurs seront renforcées», a-t-il martelé.

LEVIERS ET DES MÉCANISMES- Cependant, Mossadeck Bally a déclaré que l’environnement des affaires reste moins propice à la pratique des activités. Celles-ci sont, selon lui, marquées par la faiblesse des infrastructures de base et du niveau des investissements stratégiques pour libérer le plein potentiel des filières porteuses, l’accès difficile au financement et aux sources d’énergies, la faible industrialisation pour accroître la valeur ajoutée des productions agricoles. Les discussions de cette journée devront permettre de proposer des leviers et des mécanismes pour le développement des filières agricoles et le renforcement des interprofessions ou autres faitières, a-t-il espéré.

La directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali a rappelé que cette journée est née de la volonté commune des deux organisations de renforcer la coopération afin de répondre ensemble aux grands défis touchant le secteur privé au Mali. «Elle entre dans le cadre de la mise en œuvre des orientations de la feuille de route pour l’évolution de la Banque mondiale qui appelle au renforcement de la synergie entre les acteurs de développement à savoir le gouvernement, le secteur privé, les partenaires au développement, les ONG et les communautés», a expliqué Mme Clara De Sousa. Se basant sur le potentiel agricole de notre pays, elle dira qu’il est crucial de favoriser les investissements et d’accompagner le développement du secteur privé dans ce domaine. «La branche de la Banque mondiale qui s’occupe du secteur privé, la Société financière internationale (SFI) dispose de plusieurs instruments et projets en cours de mise en œuvre au Mali», a-t-elle expliqué.

Au-delà des actions de la SFI, Mme Clara De Sousa a fait savoir que son institution a un portefeuille large de 19 opérations pour un engagement de 1,6 milliard de dollars américains, visant à soutenir la diversification et la croissance de l’économie malienne. Ce portefeuille, a-t-elle détaillé, couvre des secteurs clés, tels que l’énergie, l’agriculture et les infrastructures indispensables à la création d’emplois plus productifs.

Elle précisera que le département Finance, compétitivité et innovation (FCI) concentre ses efforts sur l’entreprenariat, le développement des chaînes de valeurs agricoles et l’inclusion financière. Il a permis à ce jour la signature de conventions avec huit banques en faveur de l’utilisation de la garantie partielle du portefeuille pour un plafond de 13,9 milliards de Fcfa et l’ouverture de plus de 900 lignes de crédits.

Makan SISSOKO

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