Au fond de moi-même, je me suis posé cette question : Que peut-on reprocher à une équipe qui gagne 6-0 dans une compétition zonale qui regroupe, pas moins de huit nations ? J’étais perplexe après ce jugement, à mes yeux sévère, de ma collègue qui a couvert la rencontre pour votre journal, mais je me suis abstenu de faire un quelconque commentaire, convaincu que les jeunes du sélectionneur national Demba Mamadou Traoré allaient donner le tort à ma collègue pour la suite des événements.
Mais dès la 2è sortie des Aiglonnets et le nul 1-1 concédé face à la Guinée-Bissau, le doute s’installa dans ma tête et je me suis rappelé les propos de ma collègue. La 3è sortie des Aiglonnets contre la Gambie (2-2) est venue confirmer ce que je redoutais, à savoir que le festival offensif réalisé en ouverture du tournoi contre le Libéria était un trompe-œil. Certes, les nôtres n’ont laissé aucun doute sur leur supériorité face aux Libériens, mais loin de traduire la qualité du football produit par les Aiglonnets ou leur efficacité devant les buts, ce festival offensif s’expliquait plutôt par la faiblesse et les nombreuses lacunes du Libéria.
Par la suite, les jeunes de Demba Mamadou Traoré ont eu le mérite de se qualifier pour la finale, en battant difficilement la Guinée 2-1 dans la deuxième demi-finale et par la même occasion, décrocher leur ticket pour la phase finale de la CAN U17. Mais après cette qualification plutôt laborieuse, on savait que la suite des débats, notamment la finale contre le Sénégal, détenteur du trophée et large vainqueur 4-0 de la Guinée-Bissau dans la première demi-finale, allait être compliquée. Malheureusement, ce que l’on redoutait est arrivé, les jeunes du sélectionneur national Demba Mamadou Traoré ont chuté sur la dernière marche contre des Lionceaux de la Teranga, dominateurs dans tous les compartiments et pendant presque toute la rencontre (2-0).
L’enthousiasme, la combativité des Aiglonnets et le soutien du public du stade Mamadou Konaté acquis à plus de 90% à la cause de l’équipe n’ont donc pas suffi pour faire plier le Sénégal qui remporte le trophée pour la 4è fois, en 5 éditions. Comme il fallait s’y attendre, la défaite de la sélection nationale cadette a enflammé les réseaux sociaux avec comme cible principale le technicien Demba Mamadou Traoré. Le technicien est au centre de toutes les critiques et certains réclament son départ avant la phase finale de la CAN.
C’est vrai, le sélectionneur national a est en grande partie responsable de l’échec parce qu’un entraîneur est comme un capitaine à bord d’un bateau, c’est-à-dire le premier responsable de l’équipe. C’est lui qui choisit les joueurs et c’est lui qui met en place la stratégie pouvant permettre à ses joueurs de gagner un match ou à défaut, contrer l’adversaire. Sur ce point, il n’y a aucune discussion possible et force d’admettre que le travail effectué par Demba Mamadou Traoré n’a pas été suffisant pour permettre à ses joueurs d’être à la hauteur des attentes du public. La bonne question n’est donc pas de savoir si le sélectionneur des Aiglonnets a échoué, mais plutôt qu’est ce qui a fait que le technicien n’a pas réussi à remporter le trophée.
A notre avis, il y a au moins trois choses essentielles qui ont manqué à ces U17, version Demba Mamadou Traoré : la préparation (les joueurs n’ont qu’une dizaine de jours de préparation), l’absence d’individualités et la qualité du jeu collectif du groupe ou plutôt les lacunes étalées dans ce domaine par le capitaine Ismaïl Kamissoko et ses coéquipiers.
En outre, n’oublions pas que c’est une sélection nationale U17 «B» qui a défendu les couleurs du Mali à cette 5è édition du Tournoi qualificatif de la CAN, l’équipe A étant actuellement aux Emirats arabes unis pour son stage de préparation pour la Coupe du monde, Qatar 2025. Demba Mamadou Traoré n’a eu que deux mois pour sélectionner ses joueurs et bâtir une nouvelle équipe dans le contexte que l’on sait. Quand on prend en compte tous ces paramètres, on peut trouver des circonstances atténuantes pour le technicien et plaider sa cause dans la perspective de la CAN, Maroc 2026.
Il ne servira à rien de limoger le technicien des Aiglonnets et de reprendre le travail de reconstruction de l’équipe, au moment où la plupart des pays qualifiés ont déjà leur effectif. Il serait plus raisonnable de tirer les enseignements de l’échec de la sélection cadette, corriger ce qui n’a pas marché et éviter de tout remettre en cause. IL y a sans doute eu des choses positives et nous devons éviter de jeter le bébé avec l’eu du bain.
Soulemane Bobo TOUNKARA
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