Esclavage et colonisation : L’heure de la justice et des réparations sonne pour l’Afrique

La salle d’African Burial Ground National Monument de Manhattan a refusé du monde, jeudi dernier lors de la rencontre sur la mémoire africaine.

Publié lundi 29 septembre 2025 à 07:17
Esclavage et colonisation : L’heure de la justice et des réparations sonne pour l’Afrique

Le Premier ministre Maïga (g) a participé à la rencontre était initiée par le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye

 

Initiée par le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, la rencontre a rassemblé, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, une belle brochette de personnalités parmi lesquelles le Premier ministre Abdoulaye Maïga, son homologue du Burkina Faso Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, le Président du Ghana John Dramani Mahama, son homologue de l’Union des Comores Azali Assoumani. Sans compter le vice-président de la Gambie, Muhammad Jallow, son homologue de la Colombie Francia Marquez, le président de la Commission de la Cedeao, Oumar Alieu Touray. La diaspora africaine était également représentée à la rencontre avec la présence, entre autres, de l’acteur Oumar Sy, du vice-président de la NBA Amadou Gallo Fall, Joakim Noah.


La rencontre a été marquée par plusieurs allocutions dont celle du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye qui dira que l’initiative s’inscrit dans la dynamique impulsée par l’Union africaine qui a déclaré 2025 «Année de la justice et des réparations». «La mémoire africaine, poursuivra Bassirou Diomaye Faye n’est pas un fardeau du passé, mais une boussole pour l’avenir. L’Afrique et sa diaspora doivent, dans une démarche commune, transformer la mémoire en force d’actions au service de la justice, de la dignité et de la solidarité». Pour le président ghanéen, l’esclavage est le plus grand crime de l’histoire et la demande de réparations des Africains est juste pour ne pas dire obligatoire. «Nous ne devons pas avoir honte de demander réparations, quand on sait que plus de 5 millions de personnes ont été arrachées à leurs familles par l’esclavage», a martelé le président Mahama.


Après l’esclavage, appuiera le président comorien Azali Assoumani, il y a eu  la colonisation qui a permis de voler les ressources naturelles de l’Afrique pour construire les pays des colonisateurs. «Unissons-nous pour demander d’une seule voix la réparation. La mémoire africaine, ce n’est pas seulement les compensations financières, nous devons exiger une reconnaissance des crimes. La réparation est un impératif», a conclu le Président comorien sous les ovations de la salle. D’autres intervenants comme la Première ministre de la Barbade Mia Amor et le vice-président de la Gambie rappelleront que le Japon, le Canada et les Juifs ont reçu des réparations et qu’il n’y a pas de raisons de ne pas rendre justice à l’Afrique. Surtout, soulignera Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo au nom de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel que «les conséquences de la colonisation continuent de peser sur les économies africaines». Après avoir rappelé que l’histoire des trois nations sahéliennes demeure profondément marquée par les luttes contre l’esclavage, le colonialisme et le néocolonialisme, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo évoquera la mémoire des aïeux enrôlés de force dans les guerres coloniales, la spoliation économique et les résistances héroïques de figures africaines.


Au nom de l’AES, le Premier ministre du Faso fera cinq propositions pour la mémoire africaine, à savoir la création de musées de la résistance à la fois physiques et numériques pour préserver et transmettre l’histoire, l’organisation de colloques panafricains sur la restitution des biens culturels, la mise en place de programmes de retour des compétences de la diaspora dans les secteurs stratégiques, la création de fonds d’investissements de la diaspora pour soutenir les Petites et Moyennes Entreprise (PME) et les projets sociaux et le développement des jumelages culturels et éducatifs avec des villes à forte population afro-descendante dans le monde.


Avant la rencontre sur la Mémoire africaine, le Général de division Abdoulaye Maïga avait présidé à Queens (un quartier de New-York) la cérémonie de lancement des activités de Garden Grid, une entreprise fondée et dirigée par Moussa Seydou Konaté, un Malien établi à Las Vegas. Garden Grid est un système d’arrosage et de plantation en forme de grille pour jardins. Il est conçu pour simplifier l’arrosage et l’espacement des plantes tout en offrant une couverture d’eau complète. Moussa Seydou Konaté est ingénieur industriel de formation et a été directeur des relations publiques de l’hôpital américain du Mali pendant 7 ans.


Le Premier ministre a félicité le premier responsable de Garden Grid pour le lancement du projet et témoigné sa reconnaissance aux partenaires de l’entreprise qui, soulignera-t-il, «ont cru au Mali à travers vous, malgré la mauvaise image véhiculée par certains sur notre pays». Les autorités de la Transition accorent une grande importance à la diaspora de notre pays et seront toujours disponibles pour accompagner ce genre d’initiative, terminé le Chef du gouvernement.

Envoyé spécial

Soulemane Bobo TOUNKARA

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