L’éducation est l’épine
dorsale de la vie sociale. De ce fait, les pouvoirs publics ne ménagent aucun
effort pour impliquer davantage les différentes composantes de ce secteur dans
la vulgarisation du projet de Constitution. C’est ainsi que l’Académie
d’enseignement de Kayes a organisé le 26 avril une conférence à la délégation régionale
de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) sur le projet de
Constitution qui, une fois adoptée par référendum, posera les jalons de la IVème
République.
Cette conférence était placée sous la présidence du gouverneur de
la Région de Kayes, le colonel Moussa Soumaré, en présence de son conseiller
aux affaires administratives et juridiques, Boikary Traoré. Elle a enregistré
une forte participation des élèves des écoles de l’enseignement secondaire général,
normal, technique et professionnel notamment de l’Institut de formation
professionnelle (IFP) et du Lycée Dougoukolo Konaré de Kayes. Elle était animée
par Dékou Sacko, M’Bouillé Fofana, Salif Konaté et Ibrahim Coulibaly, tous
professeurs de Droit à l’Institut de formation professionnel-tertiaire de
Kayes.
Après l’ouverture officielle,
ces professeurs qui, selon leur doyen M’Bouillé Fofana, étaient à leur baptême
de feu, ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour permettre aux participants
d’avoir un aperçu général du projet de Constitution, sa définition, les raisons
de son élaboration, sa structuration, les innovations majeures, la définition
du référendum et son but, sans oublier les conditions de réussite du vote référendaire.
Les innovations concernent surtout la laïcité,
la langue, la destitution du président de la République…
«La volonté de doter le Mali
d’une nouvelle Constitution n’est pas nouvelle et n’est pas non plus fortuite.
En effet, tous les régimes qui se sont succédé au pouvoir depuis l’avènement du
multipartisme, ont tenté de changer la Constitution qui est en vigueur depuis
le 25 Février 1992. Mais les circonstances ne leur ont pas permis de le faire.
C’est par nécessité que cette nouvelle Constitution est proposée au peuple
malien par les autorités de la Transition», a déclaré le colonel Moussa Soumaré.
Selon le chef de l’exécutif régional,
cette conférence offre l’occasion aux participants, y compris ceux qui n’ont
pas l’âge de voter, de rentrer chez eux avec une connaissance parfaite du
projet de Constitution dans le but de procéder à une large restitution dans les
foyers et lieux publics, afin d’inciter les électeurs à faire un bon choix lors
du Référendum. «L’évènement a un caractère exceptionnel et revêt une importance
particulière pour notre département.
Il fait suite à la lettre n°00343 MEN SG
du 29 mars 2023 du ministre de l’Éducation nationale instruisant aux directeurs
d’Académies d’enseignement d’organiser des conférences et des leçons modèles en
vue de vulgariser le projet de Constitution remis solennellement au président
de la Transition, le colonel Assimi Goïta par la commission chargée de la
finalisation, le 27 février 2023», a expliqué Mahamadou Kéïta, directeur de
l’Académie d’enseignement de Kayes.
Après quelques années
d’exercice de pouvoir démocratique, des insuffisances ont été constatées. Il
s’agit de la transhumance politique, de la croissance exponentielle des partis
politiques, des interférences de certaines autorités administratives politiques
et judiciaires, de la non fonctionnalité de certaines institutions de la République,
de l’inexistence de certaines institutions pourtant recommandées par des
organismes sous-régionaux, des contestations post-électorales, ainsi que de
l’affaiblissement de l’autorité de l’État) dans le fonctionnement des affaires
de la République. «Bref, notre Constitution a montré des limites à l’épreuve
des faits. Ces soubresauts sont dus à un problème de gouvernance du pays, depuis
l’avènement de la IIIème République», a-t-dit, en campant le décor.
Comme le DAE l’a souligné,
les autorités de la Transition trouvent opportune d’engager une série de réformes
politiques et institutionnelles, répondant ainsi aux multiples sollicitations
du peuple qui aspirent au changement, et pour donner plus de stabilité à notre
pays. «Le ministère de l’Éducation
nationale accorde une importance particulière à cette activité de vulgarisation
de la Constitution qui permettra, in fine, son appropriation par les acteurs et
les partenaires de l’école. L’école, faut-il le rappeler, est républicaine.
Elle a été, est et restera toujours un outil au service de la République et de ses valeurs. L’un des objectifs majeurs du système éducatif est la formation des apprenants à la citoyenneté et au civisme. Toute réforme essentielle ou toute refondation politique et sociale d’une nation qui met l’éducation en marge est vouée à l’échec. Dans la dynamique de refondation de notre pays, nous devons être aux avant-postes», a estimé le DAE Mahamadou Kéïta.
Bandé Moussa SISSOKO / AMAP - Kayes
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