Certaines
de ces femmes préparent les repas de rupture du jeûne à la fois pour le
service et le domicile
Il est 15 heures. Sous le soleil ardent de ce mois de Ramadan, Amina, une secrétaire de direction, ne songe même pas à profiter une minute de plus de son bureau climatisé. Trop d’obligations à gérer à la maison. Elle plie bagage et enfourche son engin à deux-roues pour se rendre au marché. L’esprit un peu confus, la nouvelle mariée n’est pas encore fixée sur ce qu’elle va acheter au marché pour le dîner à offrir à sa belle-famille. «Je pense que des pâtes seraient plus rapides à préparer. Ou bien as-tu d’autres suggestions, maman ?», demande-t-elle au téléphone à sa mère avant de quitter son lieu de travail.
Comme
Amina, pour de nombreuses femmes actives dans les secteurs public et privé,
jongler entre les tâches ménagères et les impératifs professionnels est un défi
de taille en cette période. Heureusement, elles savent se montrer
débrouillardes pour trouver des solutions ingénieuses.
Après
une journée de travail consciencieusement accomplie et grâce aux conseils de sa
mère, notre secrétaire de direction trouve ainsi le plat tout indiqué à servir
au dîner : du fonio précuit accompagné d’une sauce rouge à la viande. Une
recette savoureuse et facile à cuisiner, résume-telle. «Je fais mes achats au
marché et prépare mes ingrédients avant de rentrer chez moi. Une fois à la
maison, je gagne du temps en déléguant certaines tâches», explique-t-elle, en
révélant avoir recruté une aide-ménagère pour que le repas soit servi à temps
pour la rupture du jeûne. «Avant mon arrivée, celle-ci prépare le quinquéliba,
la bouillie et dresse la table. Une fois arrivée, je prends le relais pour
m’occuper des tâches restantes tels que la préparation du jus et les autres
mets», confie-t-elle.
Le programme est, évidemment, beaucoup plus chargé pour
les femmes qui doivent préparer les repas de rupture du jeûne à la fois pour le
service et le domicile. Habibatou Mariko, employée de bureau, témoigne de cette
réalité qu’elle vit depuis plus de dix ans. Elle s’en sort grâce à son
expérience. «Il m’arrive de quitter le bureau à 16 heures. Quand les
embouteillages deviennent insupportables, je gare ma voiture dans un lieu sûr
et prends une moto taxi pour rentrer un peu plus tôt à la maison. Je n’ai
jamais engagé d’aide-ménagère, je prépare ma bouillie et ma tisane la veille au
soir, que je mets ensuite au frigo. Une fois rentrée, je les réchauffe et les
mets sur la table avant la rupture.
C’est après que je me concentre sur le dîner. Pour cela, je demande à ma belle-sœur d’acheter les condiments pour gagner du temps lorsque je rentre», dit-elle, sans s’émouvoir outre mesure. Pour elle, en effet, réaliser toutes ces tâches difficiles en ce mois béni est un acte d’amour envers Dieu et les jeûneurs.
ELLES-MÊMES
À JEUN- Stagiaire dans une structure publique, Kourouni Diarra jongle, elle
aussi, avec les mêmes contraintes. De 7 heures du matin au petit soir, cette
jeune femme d’une vingtaine d’années consacre son temps à ses activités
professionnelles à Ouolofobougou, en Commune III de Bamako. Mais depuis le
début du Ramadan, elle a changé son emploi du temps. Elle rentre désormais chez
elle à Yirimadio, en Commune VI, à 15
heures pour avoir le temps de s’occuper de ses fourneaux.
Kourouni
a une particularité : elle est l’unique fille de ses parents et a, par
conséquent, la responsabilité des activités ménagères. «Les jours où je prends
un peu de retard, je me fais aider par ma mère et la servante. Parfois,
certains de mes frères m’épaulent pour aller plus vite même si cela me gêne»,
confie celle qui veut tout faire seule afin de soulager sa mère de ses corvées.
Nombre
de femmes qui passent la surmultipliée en cette période pour se mettre au
service des jeûneurs, sont elles-mêmes à jeun. Mais pas toutes. Alima, par
exemple, est l’une des trois belles-filles de la famille. Elle arrête de jeûner
chaque fois que c’est son tour de faire la cuisine. «Je ne peux pas aller au
travail et ensuite venir faire la cuisine car on s’épuise rapidement sous ce
soleil. Donc, pour mener à bien toutes mes tâches, je ne jeûne pas», indique
cette mère de trois garçons.
Cette
justification fait tiquer Abdoulaye Maïga, professeur des matières religieuses
au lycée Madina. La femme, souligne-t-il, ne peut pas abandonner son jeûne à
cause de ses tâches ménagères, tout comme l’homme pour des motifs similaires.
Le jeûne, soutient-il, est une obligation pour tout musulman adulte. En
récitant un passage de versets coraniques, l’érudit explique que Dieu a dit
qu’il a créé les hommes et les djinns pour l’adorer. Il cite néanmoins quelques
raisons susceptibles d’empêcher un musulman de jeûner, notamment la maladie, le
voyage, la période menstruelle de la femme. L’encadreur au Centre islamique de
formation et de documentation (Cifod) indique que le jeûne est une priorité
pour le musulman et ne peut être supplanté par le travail quotidien. À ce
sujet, il propose aux femmes qui travaillent de prendre un congé pour le mois
de Ramadan.
Assan et son époux n’envisagent pas cette éventualité tout simplement car ils n’ont aucun problème pendant ce mois béni. Cela fait bientôt quatre années qu’ils sont mariés et vivent ensemble avec leur bébé de six mois. Tous les deux travaillent et finissent à la même heure dans leurs différentes entreprises. En l’absence de leurs beaux-parents à la maison, ils parviennent à vivre en parfait accord. Ainsi, celui qui rentre à la maison le premier s’occupe des tâches ménagères avant l’arrivée de l’autre. «Mon mari nettoie la maison, il dresse la table et fait les petites tâches avant mon arrivée pour la rupture. Après la rupture, je me charge du dîner pas compliqué tandis qu’il s’occupe de l’enfant», détaille notre interlocutrice.
Fadi CISSE
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