La Radio Studio Tamani de la Fondation Hirondelle, en collaboration avec l’Union des radiodiffusions et télévisions libres du Mali (Urtel), a célébré, vendredi dernier à la Maison de la Presse, la 15è édition de la Journée internationale de la radio sous le thème : «La Radio malienne à l’ère du numérique : Innovation, éthique et souveraineté».
La cérémonie a été présidée par le secrétaire général du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alkaïdi Amar Touré. C’était en présence de la directrice générale de Studio Tamani, Mariama Sawadogo, du président de l’Urtel, Mamoudou Bocoum ainsi que le premier vice-président de la Maison de la presse, Daouda Konaté.
Occasion pour le Secrétaire général du ministère en charge de la Communication, de rappeler le rôle que la Radio a joué dans le temps et continue toujours à jouer. Selon Alkaïdi Amar Touré, la radio est, au Mali, bien plus qu’un média. Elle est une voix familière, un lien social et un instrument d’unité nationale. «Elle informe, éduque, sensibilise et accompagne nos populations, jusque dans les zones les plus reculées. Elle parle toutes nos langues et porte nos cultures en reflétant notre diversité», a relaté le représentant du ministre Alhamdou Ag Ilyène.
Parlant du thème retenu pour cette édition, il dira qu’à l’heure de l’Intelligence artificielle (IA), l’éthique doit rester notre boussole. Poursuivant que la machine peut générer des mots, mais elle ne possède ni le discernement, ni l’empathie, ni la compréhension des subtilités sociales du territoire malien. Il a insisté qu’à l’ère de l’IA, le journaliste doit vérifier les faits, et non propager des mirages numériques. En ce qui concerne la souveraineté numérique, le secrétaire général a reconnu que notre pays ne doit pas être un simple consommateur d’algorithmes conçus ailleurs.
Pour lui, nos données, voix, accents ainsi que nos réalités culturelles doivent être protégés. Il s’agit par là, de veiller à ce que l’IA appliquée à nos radios soit une IA qui nous ressemble et qui nous respecte, a laissé entendre Alkaïdi Amar Touré. Et d’ajouter que la radio malienne à l’ère de l’IA doit être une radio moderne, mais indépendante, connectée, mais souveraine, innovante mais fidèle à nos valeurs.
De son coté, le président de l’Urtel a soutenu que le thème de cette année est plus que d’actualité à l’ère où le monde a connu une mutation technologique très avancée, notamment avec l’arrivée des plateformes numériques et surtout la création de nouveaux outils de travail tel que l’IA. Selon Mamoudou Bocoum, avec l’évolution technologique, ils sont nombreux ceux qui pensent à la disparition de la radio. Mais, a-t-il poursuivi, une chose est certaine, la radio est inoxydable et reste la première source d’information des Maliens. Et de préciser que les radios maliennes doivent s’adapter à cette nouvelle donne, si elles veulent rester en phase avec le monde.
à son tour, la directrice générale de Studio Tamani a saisi l’occasion pour rendre hommage aux femmes et hommes passionnés de ce médium et qui travaillent dans des contextes difficiles. « Outil puissant de communication, la radio reste encore un média populaire, malgré l’évolution technologique. Dans les contrées les plus reculées, elle informe, sensibilise et éveille les consciences», a évoqué Mariama Sawadogo.
A l’en croire, nous vivons une époque où la puissance technologique explose. L’Intelligence artificielle calcule vite, apprend vite et produit vite. Mais, selon elle, une vérité demeure, car la vitesse n’a jamais remplacé la direction. La directrice générale de Studio Tamani a ajouté que l’IA est une opportunité, mais n’est ni un sauveur, ni un leader. Elle a exhorté les journalistes à l’utiliser pour apprendre à la diriger, se l’approprier sans peur et à rester maître de la vision.
Fadi CISSE
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