Cette nouvelle technologie tarde à trouver une place dans ce média à cause, notamment, du manque de ressources humaines spécialisées
Selon le chef de Division de la radio Chaîne 2 de l’ORTM, le monde d’aujourd’hui doit s’adapter à l’évolution du numérique, surtout à travers ce qu’il appelle l’envahissement de l’Intelligence artificielle (IA). Ousmane Daou indique que la chaîne 2 a adopté le mode numérique depuis dix ans. «Par exemple, nous sommes dans la tendance mondiale qui est la radio filmée et l’instantanéité dans l’interaction avec les auditeurs. La radio filmée nous permet de mieux élaborer nos émissions, nous adapter au contexte et faire face à la mutation technologique», argumente-t-il.
Malgré ces avancées dans le domaine du numérique, le chef de division de la radio Chaîne 2 avoue ne pas utiliser l’IA dans les activités de son service. Toutefois, il suggère comme l’exige notre métier, d’aller à la collecte de l’information, la vérifier et la traiter avant diffusion. Alors qu’avec l’IA, «vous avez tout en main. Vous n’avez pas à les chercher ni à collecter et cela rend encore plus paresseux et trompe quasiment l’auditeur puisque la fiabilité par rapport à l’information, elle n’est pas toujours garantie. Je pense que l’IA peut être d’un apport considérable dans d’autres domaines de la vie, notamment la science, l’agriculture, les infrastructures. Mais, pour nous, journalistes, elle doit nous aider, mais ne doit pas nous remplacer», dit-il.
Ce journaliste sportif enchaîne que la radio a encore de très beaux jours devant elle. Car, pour lui, la radio s’est adaptée, elle s’est transformée, elle s’est améliorée. «Je pense que même face à l’IA, la radio va s’adapter et va continuer à servir et à jouer le même rôle», assure-t-il.
Selon le rédacteur en chef de la radio Energie-FM, Moussa Konaté, à l’heure actuelle, sa rédaction est sur le chemin de générer des ressources en fonction du numérique. Par ailleurs, il reconnaît l’évolution rapide du secteur, grâce à la montée en puissance de l’IA. Une opportunité que sa station entend mettre à profit à travers l’intégration de l’IA; notamment dans leur système de gestion de la radio. Selon lui, il faut faire tout pour s’adapter à ce changement qui s’opère.
UTILISATION JUDICIEUSE- Parlant du thème national de la Journée internationale de la radio, le président de l’Urtel témoigne qu’il est d’actualité eu égard à l’évolution de la technologie. Pour Mamoudou Bocoum, l’IA occupe une place importante dans presque tous les secteurs d’activités de façon générale, particulièrement pour les radios.
En ce sens que, affirme-t-il, c’est un outil qui peut aider ce medium à améliorer le contenu des productions. Chose qui, selon lui, passe par son utilisation judicieuse. Il justifie que l’IA ne peut et ne doit pas se substituer à l’homme. L’homme de Radio préconise à ces confrères d’affronter cette évolution avec enthousiasme et prudence. Car, à le croire, l’IA est un outil qui peut contribuer à améliorer la qualité des productions, puis aider à être rapide et efficace dans l’analyse des données. Parlant de prudence, il fait référence aux données que l’IA fournit en termes de fausses informations.
Par ailleurs, notre interlocuteur révèle que notre pays est très en retard dans l’intégration de l’IA dans le travail radiophonique. Cela est dû, selon Mamoudou Bocoum, au manque de ressources humaines spécialisées dans l’utilisation de l’IA au niveau des radios et la fracture numérique pour cause de faible débit de connexion; surtout en dehors des grandes villes du Mali. Pour ce qui est de l’avenir de la radio au Mali, le président de l’Urtel dit : «La radio a un avenir radieux devant elle. Le Mali étant un pays de l’oralité et la radio s’adresse aux populations dans les langues qu’elles comprennent.
Par conséquent, malgré toutes les turbulences, ce medium est inoxydable. Puisque c’est un média de masse facilement accessible et à moindre coût. C’est pourquoi, la radio est et demeure la première source d’information des Maliens. Mais, à condition qu’elle s’adapte à l’évolution technologique notamment à travers sa digitalisation, mais surtout le professionnalisme des acteurs qui l’animent».
Par ailleurs, le patron de l’Urtel fait savoir qu’il ignore l’existence d’un cadre juridique dans l’utilisation de l’IA dans le domaine de la radio. Par contre, Mamoudou Bocoum précise qu’il y a des codes d’éthique dans ce sens. Il suggère d’élaborer des textes qui puissent encadrer l’usage de l’IA et de renforcer les compétences des acteurs des radios dans l’utilisation de cet outil.
Fadi CISSE
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