Dans le souci d’assurer l’approvisionnement correct du pays
en denrées de première nécessité, le gouvernement a mis en place des mesures
pour alléger le poids des sanctions de la Communauté économique des états de
l’Afrique de l’ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest
africaine (Uemoa). C’est dans ce cadre que le ministre du Développement rural a
rencontré hier au ministère de l’économie et de Finances, les acteurs de la
chaine d’approvisionnement en produits de première nécessité de notre pays.
Modibo Keïta représentait son collègue de l’Industrie et du Commerce.
étaient présents à cette rencontre les opérateurs économiques
importateurs, grossistes et détaillants et le directeur général du commerce, de
la consommation et de la concurrence (DGCC) Boukadary Doumbia. Les débats étaient
axés essentiellement sur les raisons qui expliquent la hausse du prix du sucre
sur le marché national. Il faut cependant relever que les unités industrielles
de production du sucre local n’étaient pas présentes à la rencontre.
La rencontre des opérateurs économiques avec le ministre
Modibo Kéita s’est tenue à huis clos. Après les échanges, le ministre Kéita a
expliqué que les importateurs, les demi grossistes et les détaillants sont prêts
à accompagner l’état, mais ils rencontrent des difficultés réelles pour concrétiser
cette volonté. Il a été relevé au cours des échanges que l’offre de sucre est
insuffisante. «Toutefois, notre pays dispose de deux unités de fabrication de
sucre qui représentent 25% de la consommation et les 75% sont importés de l’extérieur»,
a expliqué le ministre Keïta.
L’état a alloué des subventions en vue d’assurer
l’approvisionnement du pays, mais ce stock n’est toujours pas disponible sur le
marché. En retour, la production des unités industrielles locales qui devrait
arriver sur le marché pour combler le déficit n’est toujours pas disponible à
cause des réticences des industriels. Nonobstant tous les efforts du ministère
de l’Industrie et du Commerce, ces derniers veulent imposer leurs prix. Ce que
le département de tutelle refuse et appelle à un geste patriotique de la part
des industriels étrangers qui ne veulent pas céder de leur côté.
Le ministre Modibo Kéita a expliqué que le sucre national
est moins cher que l’importé parce que l’état accorde des avantages aux unités
industrielles locales. Mais ces dernières exigent à ce que le prix de leur
sucre soit aligné sur celui du sucre importé, ce que le ministère refuse, a précisé
le chef du département. «On ne peut pas comprendre qu’au moment où ces unités
avaient des difficultés et que leur production n’était pas de qualité et était
plus chère que le sucré importé, l’état a toujours mis la pression sur les
importateurs afin qu’ils achètent la production locale. Maintenant que la
situation s’est inversée, c’est normal que ces unités renvoient l’encenseur», a
fait savoir le ministre.
Pour le chef du département, il est inadmissible que le pays
soit dans une situation exceptionnelle et qu’une unité industrielle basée dans
notre pays défie toute la chaine de distribution. «Le prix sur le marché est
dicté par l’offre et la demande. Aujourd’hui il a été signalé que le pays
dispose de 52 jours de consommation. Cela veut dire que la quantité qui existe
n’est pas suffisante. Notre stratégie est d’augmenter l’offre. Les 25% de la
consommation du sucre qui sont stockés dans les magasins de nos unités de
production doivent être déversés sur le marché. En ce moment, le sucre pourra être
vendu à 500 Fcfa le kilogramme», a assuré le ministre Kéita.
Faisant chorus au ministre, le président du Syndicat
national des commerçants détaillants du Mali (Synacodem) Cheick Oumar Sacko a
confirmé les préoccupations du chef du département. «Dès que le sucre
subventionné sera disponible sur le marché, le kg sera vendu à 500 Fcfa. Et
c’est pour très bientôt», a assuré Cheick Oumar Sacko. Toutefois, le ministre
Modibo Keïta a promis qu’une rencontre aura lieu entre le département de
tutelle et les responsables des unités industrielles.
Les prix indicatifs plafonds restent inchangés
Sur la base des prix fournisseurs du mois de janvier 2022,
le secrétariat permanent de la Commission de suivi du mécanisme de taxation des
produits pétroliers informe que les prix indicatifs plafonds à la pompe des
produits pétroliers liquides en vigueur restent inchangés.
À titre de rappel, ces prix sont fixés comme suit :
Supercarburant sans plomb : 663 Fcfa le litre ; Gasoil : 593
Fcfa le litre ; Distillat diesel Oil (DDO) : 593 Fcfa le litre ;
Fuel-oil 180 : 421 Fcfa le litre. Les prix du pétrole lampant et le Jet A1
sont libres.
Il faut noter que le prix subventionné du kg de gaz butane est de 485 Fcfa. Par conséquent, le prix de vente de la bouteille de 2,75 kg est de 1.335 Fcfa et celui de la bouteille de 6 kg est de 2.910 Fcfa. Quant au prix non subventionné du kg de gaz butane, il reste à 985 Fcfa.
Babba COULIBALY
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