Poussée de barbe : L’ère des pogonophiles

Dans notre pays, la mode chez les jeunes désormais, c’est de se laisser pousser la barbe. Ces poils sous le menton qui étaient vus comme un symbole de sagesse, sont aujourd’hui utilisés comme une arme de séduction

Publié lundi 12 juin 2023 à 12:51
Poussée de barbe : L’ère des pogonophiles

3 clients sur 5 se bousculent aux portillons des salons de coiffure pour s’arranger la barbe


Les stars du show-biz, du cinéma ou des sports représentent des modèles voire des icônes pour les jeunes. Certains s’identifient tellement en eux au point d’épouser leur mode, c’est-à-dire leur façon d’être et de s’habiller. Se laisser pousser des barbes est devenue la mode chez des stars qui se font imiter à l’échelle planétaire.


Notre pays n’est pas en marge de ce phénomène de mode avec des jeunes qui affectionnent de plus en plus la barbe. La tendance chez les jeunes est de développer une addiction à la barbe. C’est devenu un style pour les jeunes garçons qui exhibent fièrement la leur. Tout y passe, de la barbe naissante à la longue bien touffue en passant par la barde dite de trois jours.

Selon un sondage réalisé par Opinionway, 92% des hommes de 25-34 ans se laissent pousser la barbe. Beaucoup de jeunes en font une arme de séduction des jeunes filles. C’est le cas d’Amadou Keïta. Ce jeune homme pense que la barbe sort du champ religieux aujourd’hui et fait partie de l’arsenal d’élégance masculine.

Madou Coulibaly qui partage ce point de vue porte élégamment aussi une barbiche sous le menton. Il intègre cette catégorie de gens ayant une pilosité faciale tardive. Il a rarement recours au barbier. Pourtant, cet enseignant du secondaire dit avoir accordé moins d’importance à la barbe, il y a quelques années. Aujourd’hui, il affectionne d’avoir une barbe plus expressive, autrement dit une bien touffue. Yaya Sangaré est un jeune branché. Il entretient bien sa barbe puisqu’il passe au moins trois fois par semaine chez le coiffeur.

Bréhima Coulibaly a plutôt une conception religieuse de la barbe. La vingtaine révolue, ce fidèle musulman explique garder sa barbe pour répondre au sunna du prophète Mohamed (Paix et salut sur lui).

Selon lui, les érudits expliquent que selon les hadiths qui se rapportent à la question, «tout bon musulman doit laisser pousser sa barbe et l’entretenir sans la raser». Notre interlocuteur parle de l’élégance des hommes qui en portent et de sa satisfaction à répondre à une recommandation religieuse. Il explique que son épouse le trouve plus beau avec la barbe et s’en réjouit.

Certains passent dans les salons de coiffure pour bichonner leur barbe. Amadou Diakité, propriétaire d’un salon de coiffure à Djicoroni Para en Commune IV du District de Bamako, accueille des clients de tous âges et de différentes professions. 3 clients sur 5 se bousculent à ses portillons pour s’arranger la barbe. Ils déboursent entre 150 Fcfa pour la coupe normale à 500 Fcfa pour l’entretien complet de la barbe. Dans le dernier cas, on y applique des produits, explique le coiffeur.

 

Arme de séduction- «C’est l’air du temps. On aime porter la barbe sans distinction. 8 clients sur 10 ne veulent pas qu’on leur rase ces poils. Ces clients font une mise en garde au coiffeur de ne pas y toucher», constate Lamine Seydou Traoré dit «Zoto», coiffeur et barbier et promoteur du salon de coiffure «Zoto coiffure» à Yirimadjo. Sa clientèle est composée d’employés, de cadres de l’administration, mais aussi des artistes. «Certains trouvent en la barbe, un arsenal d’élégance masculine», indique le promoteur de Zoto coiffure. À «Zoto coiffure», un entretien complet de la barbe avec produits coûte 2.000 Fcfa.

Bouya est vendeur de produits pour l’entretien de la barbe à Kalaban coura. Il a la particularité de disposer d’une gamme assez variée de ces produits, notamment des pommades. Il se frotte les mains puisqu’il en vend une vingtaine de boîtes par jour en raison de 2.000 Fcfa.    

Garder la barbe est devenue une mode diversement appréciée chez les femmes. «J’adore naturellement la barbe bien soignée chez un homme», déclare Assétou Camara. Cette femme explique à qui veut l’entendre que de plus en plus, les femmes apprécient ces poils sous le menton chez leurs partenaires. Mariam Sissoko est une consœur. Pour elle, c’est une touche particulière à la beauté d’un homme. Contrairement à elles, Madeleine Dembélé, une étudiante en Inde en séjour au pays pour préparer sa thèse, accorde moins d’importance à la pilosité faciale. Elle n’y trouve aucun intérêt.

Baye Diakité, sociologue, voit en la barbe un signe particulier des hommes. La barbe est perçue, selon l’universitaire, comme un symbole de virilité. Elle marque la différence avec la femme.

Il reprend à son compte une boutade qui exprimait l’autorité de l’homme sur la femme : «C’est moi qui porte la barbe». Le sociologue estime qu’il y a un regain d’intérêt pour la barbe. Les jeunes en portent de plus en plus pour séduire la gent féminine. C’est la nouvelle tendance bien appréciée des jeunes filles. Mais, au-delà, il y a une dimension d’affirmation de soi en tant qu’homme. 

Dr Binta Guindo, dermatologue, explique que la poussée de la barbe est une question de génétique et d’hormone. Elle est régulée par des androgènes, notamment la testostérone et ses précurseurs qui forment la dihydrotestostérone, sécrétée en grande quantité chez certains. Et d’ajouter que les récepteurs de cette hormone ont une affinité pour les cellules du visage. Selon la spécialiste de la peau, à la naissance, l’être humain possède 5 millions de follicules pileux (racine du poil).

Pour elle, la barbe protège le visage contre les rayons solaires favorisant le vieillissement, le cancer cutané et préserve contre les allergies respiratoires, causées par la poussière. La dermatologue assure aussi que la barbe mal entretenue peut être à l’origine de plusieurs pathologies cutanées comme les mycoses, les infections bactériennes à type de folliculites, les irritations, l’eczéma.

Tamba CAMARA

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