Pour sortir des sanctions de la Cedeao et de l’Uemoa : La Modele Mali propose six à neuf mois de prolongation de la transition

Les conférenciers lors de la rencontre

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Publié vendredi 14 janvier 2022 à 08:01, mis à jour mercredi 26 janvier 2022 à 12:01
Des navires de l’US Navy, de la marine chilienne, péruvienne, française et canadienne, lors d’un exercice dans l’océan Pacifique, en 2018.

La Mission d’observation des élections au Mali (Modele Mali) indique avoir pris acte des sanctions lourdes de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Union économique monétaire Ouest africaine (Uemoa) infligées aux autorités de la Transition et au peuple malien.

Suivant le communiqué en date du 9 janvier dernier, les chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao, après délibérations, ont constaté avec regret l’impossibilité d’organiser les élections présidentielles d’ici au 27 février 2022. Ce, contrairement à l’accord conclu avec l’Autorité de la Cedeao le 15 septembre 2021 et à l’engagement de la Charte de la Transition.  Ainsi, la Modele Mali, tout en regrettant ces lourdes sanctions prises au détriment des populations maliennes, rappelle qu’elle n’a cessé, depuis le démarrage de sa mission, d’alerter les autorités de la Transition sur l’impérieuse nécessité de respecter les engagements pris au nom du peuple. Mais aussi vis-à-vis des normes et conventions internationales suivant le titre I de la Charte de la Transition.

Toutefois, pour sortir de la crise qui n’a que trop duré, l’organisation recommande aux autorités de la Transition entre autres : le retour à la normalité constitutionnelle dans un délai raisonnable de six à neuf mois, la publication immédiate d’un chronogramme clair, précis et réaliste autour des élections nécessaires de fin de Transition. Notamment l’élection présidentielle et les élections législatives. S’y ajoute la recherche d’un large consensus politique autour de la durée de la Transition et des missions principales à mener.

Ces informations ont été données hier au cours d’une conférence de presse   animée par le chef de Mission de la Modele Mali, Dr Ibrahima Sangho, dans un hôtel de Bamako. Il était entouré des représentants de l’Association des jeunes pour la citoyenneté active (Ajcad), de la Communauté des bloggeurs (Doniblog), du Consortium ELE-Citoyenneté droits humains inclusifs et de la fondation Tuwindi, tous membres de l’organisation. 

Dans ses propos liminaires, le chef de Mission de la Modele Mali a rappelé que les sanctions en question sont intervenues en vertu des dispositions du Protocole additionnel du 21 décembre 2001 de la Cedeao sur la démocratie et la bonne gouvernance. Un texte portant régime des sanctions à l’encontre des États membres qui n’honorent pas leurs obligations vis-à-vis de la Cedeao.

Selon Dr Ibrahima Sangho, l’article 6 de ce document précise que les sanctions politiques applicables à l’encontre des États membres qui n’honorent pas leurs obligations vis-à-vis de la Communauté comprennent entre autres : la suspension de l’octroi de tout nouveau prêt ou de toute nouvelle assistance par la Communauté ; la suspension de décaissement pour tous les prêts, projets ou programmes d’assistance communautaires en cours. Mais aussi le gel des avoirs financiers, le rappel par les autres États membres de leurs ambassadeurs auprès de l’État en rupture de démocratie.

Au nombre des recommandations, les conférenciers ont aussi conseillé la révision exceptionnelle des listes électorales dans les meilleurs délais, afin de disposer d’un fichier électoral fiable; l’organisation des élections présidentielle et législatives avec le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, la Délégation générale aux élections (DGE) et une nouvelle Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

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Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a trouvé le ton juste et mesuré dans son adresse à la nation du 10 janvier 2022..

Son allocution, marquée du double sceau de l’apaisement et de l’ouverture, est adaptée à la situation ainsi qu’à sa très haute fonction. Il faut lui savoir gré d’avoir gardé la porte ouverte et de mettre en avant le dialogue à la place des anathèmes.

Comme tout pays, le nôtre, doit faire la diplomatie de sa géographie car on ne choisit pas ses voisins. Il nous faut trouver le juste milieu entre nos ambitions nationales et les exigences internationales. C’est que l.

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Le médiateur de la Cedeao s’est adressé à la presse après l’audience avec le président de la Transition.