#Mali : Rentrée scolaire : Des contraintes d’horaires pour les parents ?

Dans les périphéries de la capitale, les parents d’élèves font le choix de quitter tôt pour éviter les embouteillages. Mais surtout pour que les élèves arrivent à l’heure

Publié jeudi 07 novembre 2024 à 09:32
#Mali : Rentrée scolaire : Des contraintes d’horaires pour les parents ?

Des parents d’élèves parcourent plusieurs kilomètres pour accompagner leurs enfants à l’école avant de regagner le service

 

La  rentrée scolaire modifie les habitudes des parents d’élèves en leur imposant des contraintes. Ceux qui résident dans les périphéries de la capitale, et qui accompagnent leurs enfants dans les établissements situés au centre-ville, font souvent le choix de quitter avant l’aube. Cela pour éviter le piège de l’embouteillage, mais surtout pour que les enfants arrivent à l’heure à l’école. Même ceux qui semblent avoir un poil dans la main subissent ces contraintes d’horaires.


Tous s’organisent à concilier «la corvée» de transporter les élèves dans leurs établissements avec les agendas professionnels. Cette situation est commandée par des impératifs dont le plus évident est d’être sûr que l’enfant fréquente réellement l’école et qu’il arrive en toute sécurité. Il y a aussi une volonté de réduction des dépenses parce qu’il n’est pas aisé pour un citoyen lambda (dont le portefeuille est pressuré par une conjoncture à nulle autre pareille) de faire face à des surcoûts.  Aujourd’hui, beaucoup de parents éprouvent dans la pratique des difficultés à faire face à la situation. Ils se disent obligés de consentir le grand sacrifice pour l’éducation des enfants.


Au deuxième jour de la reprise des cours, il était environ 16 heures à l’école Notre Dame du Niger où les environs sont embouteillés par des véhicules garés sur le bas-côté du goudron de part et d’autre. À l’intérieur d’une luxueuse voiture blanche, le jeune Mamadou Niang attend de ramener ses deux sœurs en classe de 8è et 9è années. Il explique que d’habitude c’est leur père qui vient les chercher. Le quincailler est donc de corvée pour la circonstance parce que le chef de famille est un peu souffrant. Pour lui, c’est un véritable parcours du combattant de quitter tous les jours Yirimadio ZRNY pour venir déposer les filles à l’école et les ramener l’après-midi à la maison.


Une mère de famille qui a requis l’anonymat explique aussi parcourir tous les jours le trajet Kati-Bamako pour accompagner ses enfants dans le même établissement avant de regagner son service. Elle justifie ce sacrifice par la quête de plus de sécurité pour ses enfants parce qu’elle n’entend pas les laisser rouler sur une moto à Bamako. La bonne dame ne semble pas trop se plaindre de sortir tôt de la maison. Bien au contraire, elle explique fonctionner comme ça depuis des lustres. 


Selon une habitante de Kalaban-coro Plateau, déposer les enfants à l’école et aller les récupérer est une tâche très prenante et exige aussi de la ponctualité. «Si j’ai des contraintes, je fais recours à un conducteur de moto-taxi», confie-t-elle.

Elle appréhende le changement dans son agenda, mais se voit dans l’obligation d’accomplir ce devoir. Ses deux enfants sont respectivement en classe de 2è et 8è années. Selon elle, la reprise des classes a totalement bouleversé ses habitudes. Elle se réveille à partir de 4 h 30 mn. Alors qu’elle restait dans les bras de Morphée jusqu’à 8 heures pendant les vacances.


Un dispositif d’accueil- Mercredi, la circulation routière est déjà dense aux environs de 7 heures. En face d’une station d’essence en chantier à Baco Djicoroni en Commune V du District de Bamako, Aboubacar Sy, teinturier de son état, et ses deux mômes attendent d’embarquer dans une Sotrama pour rejoindre leur école sise à Badalabougou. «Je me lève aux environs de 5 heures pour me préparer à accompagner les enfants afin qu’ils soient à l’heure à école», précise cet ouvrier. Et de souligner que cette situation est éprouvante, mais engendre aussi plus de dépenses. Il explique le décalage entre son quartier de résidence et l’école des enfants par le fait que sa grande famille se trouve à Badalabougou. Ce qui lui évite de dépenser dans la cantine scolaire et garder les enfants en sécurité après les classes jusqu’à ce qu’il les ramène à la maison.


Fousseyni Konta, un motocycliste, vient de déposer à 7 heures 30mn sa fille au Complexe scolaire Mme Tall Fatou Soucko à Torokorobougou. En face de l’établissement créé en 2014, deux enseignants sont à l’accueil. Ils aident les parents d’élèves à traverser la route. Fousseyni Konta affirme que sa famille se réveille au plus tard à 5 heures 30 mn pour se préparer. «Ma femme prépare à manger pour eux avant que je ne les transporte à l’école», confie cet éducateur qui fait tout pour ne pas faire attendre sa fille après les cours de l’après-midi qui prennent fin à 17 heures.


Les cours commencent à 7 heures 45 au Complexe scolaire Mme Tall Fatou Soucko. L’établissement a mis en place un dispositif d’accueil des élèves. Dramane Ibrahim Touré explique que chaque matin, deux enseignants assurent depuis 6 h 30 cette tâche avec l’assistance du gardien. Ce dernier, dit-il, s’occupe également des enfants qui arrivent en retard avec leurs parents. Le directeur assure que son école ne prend pas de sanctions pécuniaires contre ces retardataires. Par contre, poursuit-il, dans certaines écoles, le retard dans la récupération des enfants contraint au paiement d’une somme d’argent. «À partir de 17h30mn, on trouve rarement des enfants encore en train d’attendre leurs parents», dit le responsable scolaire. Il invite les parents à faire un suivi régulier des élèves à la maison.

Mohamed DIAWARA

Lire aussi : Lutte contre le terrorisme: Le gouvernement met à prix la tête de plusieurs chefs terroristes recherchés

Des récompenses comprises entre 500 millions et 2 milliards de FCFA sont offertes à toute personne fournissant des informations fiables, pertinentes et exploitables permettant leur arrestation.

Lire aussi : Mali : Face aux groupes terroristes, le gouvernement sanctuarise 39 forêts et aires protégées

Par un arrêté interministériel historique daté de ce mercredi 3 juin 2026 (Nº2026-1311), les autorités de la Transition frappent un grand coup dans la stratégie de reconquête du territoire..

Lire aussi : Forum panafricain des médias : Les travaux s’ouvrent à Bamako

Les travaux du Forum panafricain des médias, FOPAME 2026 ont été officiellement lancés ce mercredi 3 juin 2026 au Centre international des conférences de Bamako (CICB)..

Lire aussi : Librairie Bah : Entre tradition et virage numérique

Cette bibliothèque bien connue des férus de la lecture a plus de 35 ans d’existence dans notre pays. Elle s’impose comme un élément quasi incontournable dans l’acquisition du savoir.

Lire aussi : Exposition : À la décoverte des talents

Le Musée national du Mali, en partenariat avec l’établissement scolaire Liberté, a organisé mercredi dernier la troisième édition de l’exposition intitulée : « Rencontre des talents connus et méconnus ». C’était en présence du directeur général du Musée national du Mali, Dr Daou.

Lire aussi : Zones rurales : Le calvaire des écoliers

Dans ces localités, les élèves se tapent souvent 3 à 4 kilomètres voire une dizaine pour rallier un établissement scolaire et apprendre. Ce parcours du combattant est souvent à l’origine des scolarisations tardives, des violences contre les filles et des accidents de la route.

Les articles de l'auteur

Mali : Suspension de la circulation des motocyclettes cylindrée de 125 cm³ et plus

Le gouvernement suspend la circulation des motocyclettes de cylindrée de 125 cm³ et plus, hors des grandes agglomérations, sur toute l'étendue du territoire national..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mercredi 03 juin 2026 à 20:21

Mali: 40 nouveaux fonctionnaires radiés de la 7è cohorte du SNJ

La direction du Service national des jeunes (SNJ) a décidé ce mardi 2 juin 2026, de radier 40 nouveaux fonctionnaires de l'effectif de la 7è cohorte du centre de formation commune de base du Service national des Jeunes. Ces personnes sont accusées d'insubordination et refus d'obéissance. L'information a été annoncée à travers une décision de la structure publiée sur les réseaux. Une source au niveau du ministère en charge de l'Instruction civique nous a confirmé la nouvelle..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 02 juin 2026 à 17:20

DEF : La ministre Assa Badiallo Touré et deux de ses collègues lancent les épreuves sur la rive droite

Le Centre d’examen Daoudabougou 5 relevant de l’Academie d’enseignement Rive droite de Bamako accueille 320 candidats qui affrontent les épreuves du Diplôme d’études fondamentales (DEF). Cet examen de fin d’année scolaire a été lancé, hier sur cette rive droite, par la ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 02 juin 2026 à 09:27

«Ma vie, mon destin : Une école de résilience» : Une muse pour les futures générations

Notre pays traverse une période de crises sécuritaire et énergétique. Le maitre-mot demeure la résilience grâce à laquelle notre peuple fait face à de nombreuses épreuves. En ce moment de grands défis, le livre autobiographique intitulé :«Ma vie, mon destin: Une école de résilience» vient à point nommé..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 02 juin 2026 à 09:21

Zones rurales : Le calvaire des écoliers

Dans ces localités, les élèves se tapent souvent 3 à 4 kilomètres voire une dizaine pour rallier un établissement scolaire et apprendre. Ce parcours du combattant est souvent à l’origine des scolarisations tardives, des violences contre les filles et des accidents de la route.

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 02 juin 2026 à 09:19

DEF : La ministre Assa Badiallo Touré et plusieurs collègues lancent les épreuves à la Rive droite

Le Centre d'examen Daoudabougou 5 relevant de l'Academie d'enseignement Rive droite de Bamako accueille 320 candidats qui affrontent les épreuves du Diplôme d'études fondamentales (DEF) lancées ce lundi 1er juin 2026, par le gouvernement. Cet exercice a été accompli à la Rive droite par la ministre de la Santé et du Développement social, le colonel-major Assa Badiallo Touré, accompagnée de ses collègues chargés de l'Énergie et de l'Assainissement, Tiémoko Traoré et Mme Doumbia Mariam Tangara..

Par Mohamed DIAWARA


Publié lundi 01 juin 2026 à 12:34

Mali : L'UNTM honore les 13 secrétaires généraux de ses syndicats

L'organisation «Citoyens modèles», a remis ce mercredi 20 mai la Bourse du travail, le Prix du citoyen modèle à l'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), Yacouba Katilé..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mercredi 20 mai 2026 à 21:12

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner