Le ministre Bouréma Kansaye dans Mali Kura Taasira 3 : «Nous travaillons pour transformer certaines de nos institutions en centres d’excellence»

Notre pays, à travers de nouvelles réformes, a accéléré la déconcentration des Institutions d’enseignement supérieur. Ces structures visent à répondre au souci de l’adéquation filière de formation et offres d’emploi. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a évoqué les grandes actions de son département lors de son passage dans l’émission Mali Kura Taasira, diffusée samedi soir sur l’ORTM

Publié mardi 24 juin 2025 à 10:04
Le ministre Bouréma Kansaye dans Mali Kura Taasira 3 : «Nous travaillons pour transformer certaines de nos institutions en centres d’excellence»

Disons-le tout de suite. De nouvelles initiatives ont commencé à naître sur les cendres de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), dissoute en mars 2024. Il s’agit de la sélection des meilleurs étudiants pour représenter leurs camarades au niveau des départements dans les Facultés, la participation des étudiants aux conseils d’université et d’administration des Instituts, ainsi qu’aux assemblées des Facultés et des Instituts. Y compris le renforcement d’une relation très étroite avec le Centre national des œuvres universitaires (Cenou) qui organise périodiquement des rencontres avec les représentants des étudiants pour échanger sur leurs préoccupations.

Ces idées ont été énumérées par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique lors de son passage à l’émission Mali Kura Taasira. À travers ces actions, Bouréma Kansaye entend rassurer les étudiants qu’ils ne seront pas lésés avec la dissolution de l’AEEM. L’ancien recteur de l’Université Kurukan Fuga (ancienne Université des sciences juridiques et politiques de Bamako) est déterminé à tout mettre en œuvre pour que nos écoles ne retombent pas dans le spectre de la violence. Autre bonne nouvelle.

Il y a cette volonté affichée par les autorités d’en finir avec le cycle interminable des universités parce que les étudiants mettent souvent 5 à 6 ans, voire plus pour obtenir la Licence. Une situation jugée inadmissible par beaucoup de nos compatriotes. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a expliqué qu’il y a une tendance à la régularisation. 
Selon lui, les 5è et 6è promotions de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Fseg) n’ont pas du tout fait 6 ans. Bouréma Kansaye s’est réjoui du fait que l’année universitaire au Mali a commencé à retrouver ses repères. Il a argumenté que les étudiants ont débuté les cours le 4 novembre dernier et vont s’arrêter le 31 juillet prochain.


Nos universités publiques font face à une insuffisance d’enseignants.  Selon les dernières statistiques de la Direction générale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (DGESRS), elles comptent plus 147.000 étudiants répartis entre les universités, les Instituts et Grandes écoles avec un effectif de 2.050 enseignants et 1.327 chercheurs, soit un total de 3.377 enseignants.

Le ministre chargé de l’Enseignement supérieur a déploré ce très faible ratio qui est d’un enseignant pour 73 étudiants. Alors que les normes de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) recommandent un enseignant pour 25 étudiants. «C’est un problème auquel nous nous attaquons. Nous avons recruté, au titre du budget de 2023, à peu près 70 enseignants-chercheurs. Et sur le budget en cours, nous allons bientôt recruter une centaine d’enseignants», a-t-il annoncé. Et de souligner l’importance de ces recrutements pour la qualité des enseignements et de la participation des chercheurs à l’innovation technologique pour le décollage économique de notre pays.

 

UNIVERSITÉ NUMÉRIQUE- Notre pays, à travers de nouvelles réformes, accélère la déconcentration des Institutions d’enseignement supérieur. Il compte 10 universités publiques, un Centre d’intelligence artificielle et de robotique ainsi qu’un Institut national de recherche en médecine et pharmacologie traditionnelle. Le chef du département en charge de l’Enseignement supérieur a fait savoir que la création de l’Université de Ségou entre 2011 et 2012 a été suivie de celles de Sikasso, Gao et Tomboutou. Et récemment, l’Université polytechnique de Bandiagara et l’Université de Kayes ont été créées. Il dira aussi que l’Institut universitaire pour le développement rural et celui des hautes études et des recherches islamiques Ahmed Baba sont respectivement opérationnels à Sikasso et Tombouctou. Il a également assuré que l’opérationnalisation des nouvelles universités se fera de manière cohérente et progressive.

La création de ces universités répond au souci de l’adéquation filière de formation et offres d’emploi. «On tient compte véritablement de la problématique de l’employabilité en mettant en place les offres de formation en question», a insisté le ministre chargé de la Recherche scientifique, avant de citer en exemple la naissance de la filière technologie alimentaire à l’Université de Sikasso. Dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, de grands projets se profilent à l’horizon pour le développement économique du pays. Parmi lesquels, figure la création du Centre d’excellence en énergie solaire et photovoltaïque. Selon Bouréma Kansaye, il permettra aux Maliens d’exploiter les énergies solaires et minières comme le lithium qui sont disponibles chez nous. La structure permettra d’enseigner à nos compatriotes à fabriquer et innover dans ces domaines afin de remédier aux défis énergétiques que rencontre notre pays.

Le Centre d’intelligence artificielle et de robotique est logé dans les locaux de l’École nationale d’administration (ENA), en attendant son opérationnalisation pour laquelle des missions ont été faites au Japon, en Iran et en Russie pour s’enquérir de leurs expériences respectives. Il a déclaré que les premiers étudiants ont été recrutés par voie de concours. Cet établissement est conçu pour être un centre d’excellence qui permettra à l’avenir d’accueillir nos meilleurs bacheliers. «Nous sommes en train de travailler aussi pour transformer certains de nos institutions en centres d’excellence afin de résoudre le problème de l’orientation de nos bacheliers à l’extérieur de manière systématique», a informé le chef du département en charge de l’Enseignement supérieur.

Un autre grand projet est la mise en place d'une bibliothèque numérique. Bouréma Kansaye a précisé que cette activité est insérée dans le programme d’action du gouvernement pour 2025-2026. Cette initiative permettra de résoudre les déficits d’infrastructures, grâce à l’organisation des cours à distance. En dépit de cela, des actions existent en termes de création d’infrastructures universitaires. Le ministre Kansaye a cité la construction en cours des amphithéâtres de 500 et 800 places à la Fseg, des salles de classes à l’Université de Sikasso et un bâtiment presque fini à la Faculté de pharmacie.

 

STRATÉGIE DE RETOUR DES BOURSIERS- Au titre du paiement des bourses, a-t-il indiqué, cette année, l’État a payé à peu près 10 milliards de Fcfa. Bouréma Kansaye a tenu à préciser que la bourse est une aide que l’État apporte aux étudiants maliens et non un droit. Il a fait savoir que les retards de paiement de ces allocations sont souvent liées au fait que les examens ne sont pas faits à temps et aux sorties organisées par les étudiants eux-mêmes.

Parlant de la fuite de cerveaux vers d’autres pays, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a indiqué que notre pays enregistre un taux de retour des boursiers qui tourne autour de 35%. Et pour les ingénieurs, a-t-il cité, c’est encore beaucoup plus bas. «Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a instruit  mon département d’élaborer une stratégie de retour des boursiers et des talents maliens qui sont formés à l’extérieur. Cette stratégie est en cours d’élaboration», a déclaré le ministre Kansaye, avant de révéler qu’entre 2013 et 2024, l’État a investi près de 33 milliards de Fcfa dans la formation des étudiants à l’extérieur.

En termes d’acquis dans le domaine des recherches scientifiques, le responsable du département en charge de l’Enseignement supérieur a cité la contribution majeure de notre pays, à travers le Centre de recherche et de formation sur le paludisme (MRTC), à la recherche sur le vaccin contre le paludisme. Les activités de recherche souffrent du faible financement. Face à cette situation, a-t-il argumenté, notre gouvernement s’est engagé à injecter 0,2% du Produit intérieur brut (PIB) dans la recherche en créant le Fonds compétitif pour la recherche et l’innovation technologique (Fcrit). Et de signaler que ce Fonds a lancé deux sessions d’appels à candidatures en 2017 et 2018 qui ont permis de financer 74 projets de recherche pour un coût d'un peu plus de 2 milliards Fcfa.

La dynamique de la digitalisation est bien amorcée au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Au nombre des avancées, Bouréma Kansaye a rappelé le dépôt des dossiers des étudiants à Campus Mali, celui des dossiers des demandes de bourse et le suivi du niveau de traitement de la bourse des étudiants à travers l’application Cenou kibaru.

En outre, il a salué les efforts consentis par l’Agence d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Amaq-sup) en matière de qualité des offres de formation, et des enseignements. Il s’agit, a-t-il indiqué, de l’évaluation des programmes et des enseignements.

Mohamed DIAWARA

Lire aussi : INSP: Des résultats appréciables en 2025

Le projet de budget 2026 de l’Institut national de santé publique (INSP) se chiffre en recettes et en dépenses à la somme d’environ 3,88 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,98 milliards de Fcfa en 2025, soit une légère diminution de 3,5%..

Lire aussi : VIH-Sida : Sous le poids de la discrimination et de la stigmatisation

Malgré l’existence de textes juridiques destinés à protéger les personnes vivant avec le VIH-Sida, la discrimination et la stigmatisation restent une réalité au Mali.

Lire aussi : École publique du Quartier/Mali: Des anciens élèves offrent des vivres à leurs enseignants

Dans le cadre de l’opération Sunkalo Solidarité, l’Association des anciens élèves de l’école publique du Quartier /Mali (promotion 1988) a offert des vivres aux anciens enseignants et au personnel éducatif. La remise symbolique s’est déroulée hier dans la cour dudit établissement, e.

Lire aussi : Chambre des mines : Vers un nouveau cadre organisationnel

Le gouvernement de la Transition a dissous en janvier 2025 les organes de la Chambre des Mines du Mali marquant ainsi une volonté claire de refondation et de dynamisation de cette institution vitale pour l’économie nationale..

Lire aussi : Complexe numérique de Bamako : Des difficultés persistantes

Outre des difficultés de trésorerie et de personnel, d’autres contraintes ont été évoquées, notamment l’incertitude autour de l’acquisition du site devant abriter le Complexe.

Lire aussi : Ramadan : Faible engouement pour les jus industriels

Beaucoup pensent que ce commerce est particulièrement rentable en période de jeûne. Pourtant, la réalité est toute autre pour nombre de commerçants.

Les articles de l'auteur

Pharmacie populaire du Mali : Des résultats encourageants face aux défis

Malgré les impacts négatifs des inondations de 2024, la Pharmacie populaire du Mali (PPM) travaille d’arrache-pied pour assurer sa mission qui est la disponibilité des produits de santé de qualité. Cette mission est assurée à hauteur de souhait avec 75% de taux de disponibilité en moyenne sur les trois dernières années..

Par Mohamed DIAWARA


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:11

Dr Djénéba Koumba Dabitao : La première femme agrégée en Biologie moléculaire au Mali

Des talents féminins emblématiques se révèlent de plus en plus au Mali. Dans le domaine de la pharmacie, Dr Djénéba Koumba Dabitao a inscrit son nom en lettres d’or dans la discipline «biologie moléculaire» en tant que première femme maître de conférences agrégée du pays..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 10 mars 2026 à 08:41

Promotion des droits de la femme : Le coup de pouce des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux constituent, depuis quelques années, un espace de promotion des droits de la femme. De nombreuses associations qui se sont assignées cette mission y présentent divers contenus visant à sensibiliser sur l’abandon des pratiques néfastes contre la gent féminine comme l’excision et d’autres violences physiques.

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 10 mars 2026 à 08:39

Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali : Madiou Simpara réélu Président

Madiou Simpara a été réélu, ce jeudi 05 mars, au Parc des expositions, Président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM)pour un mandat de 5 ans, à travers un vote consensuel. Son bureau a été validé par le ministre de l’Industrie et du Commerce, lors de la cérémonie solennelle d’installation de l’assemblée..

Par Mohamed DIAWARA


Publié jeudi 05 mars 2026 à 18:34

Année de l'éducation et de la culture : Pr Jean Bosco Konaré préside le Comité préparatoire

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a créé le Comité préparatoire de l'Année de l'éducation et de la culture 2026-2027. Le décret annonçant la création de cet organe d'une vingtaine de membres a été rendu public le mercredi 4 mars..

Par Mohamed DIAWARA


Publié jeudi 05 mars 2026 à 08:47

Mali : Un Comité préparatoire de l'Année de l'Éducation et de la Culture mis en place

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a créé le Comité préparatoire de l'Année de l'Éducation et de la Culture 2026-2027. Le décret annonçant la création de cet organe d'une vingtaine de membres a été rendu public ce mercredi 4 mars 2026..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mercredi 04 mars 2026 à 13:09

Amap : Cinq tonnes de riz offertes aux travailleurs

Le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) a remis 5 tonnes de riz au comité syndical de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap)..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 03 mars 2026 à 08:35

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner