Cette arrestation fait suite à son interpellation hier par les éléments de la Brigade d'investigation judiciaire (BIJ) à son domicile de Bamako. Une interpellation qui a été marquée par un mouvement spontané de soutien et de protestation de plusieurs centaines de disciples et sympathisants du jeune prêcheur qui se sont regroupés devant sa maison avant de se rendre à la BIJ pour réclamer la libération de leur "guide".
Sans avoir gain de cause ces manifestants passeront la nuit devant la Brigade avant d'apprendre la triste nouvelle de l'inculpation du prêcheur pour des faits d'«atteinte au credit de l'État par la diffusion de propos mensongers de nature à troubler l'ordre public», selon une source proche du dossier.
Il convient de souligner que les déboires du guide religieux remontent à la diffusion d'une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il interpelle avec véhémence les autorités politiques et judiciaires du pays sur l'incarcération de certaines personnalités dont il juge la détention provisoire exagérée et injustifiée. Dans la même vidéo enregistrée aucours de sa séance de prêche la semaine dernière, Chouala Haïdara fait allusion aux délestages qui créent beaucoup de soucis à la population malienne qui broie du noir depuis des mois.
Cette situation remet sur ta table la problématique d'appropriation du champ de la loi sur la cybercriminalité et du respect strict des attitudes appropriées dans l'utilisation du cyber espace en République du Mali.
C'est justement pourquoi, dans une sortie médiatique fin octobre, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué, invite les populations à la vigilance et surtout au respect de l'intégrité physique et morale des concitoyens dans les propos tenus sur les médias notamment les réseaux sociaux. « On peut bel et bien donner de l'information, son point de vue ou même apporter de la contradiction sur des sujets portant sur la gouvernance sans invectiver, attenter à l'honneur et à la dignité des autres », a conseillé le Garde des Sceaux.
À ce propos, le ministre en charge de la Justice en a appelle au sens de la responsabilité de tous les Maliens et singulièrement les acteurs de nouveaux médias et les invite à inscrire leurs actions dans le cadre du respect et de la préservation de l'ordre public et de la cohésion sociale, en cette période charnière de l'histoire de notre pays.
En attendant les précisions sur la date de son jugement, plusieurs initiatives de médiation seraient en cours de la part des organisations musulmanes et des leaders religieux pour apaiser la situation.
Aboubacar TRAORE
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