L’École de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye (EMP-ABB), avec l’appui financier de la République démocratique et populaire d’Algérie, tient du 15 au 17 février 2022, un séminaire international de haut niveau sur le thème «Intégration des espaces frontaliers du Liptako Gourma : mutualisation des activités de sécurisation et de développement ».
La cérémonie d’ouverture était présidée mardi dernier dans les locaux de l’établissement, par le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, en présence de l’ambassadeur d’Algérie au Mali, El-Haouès Riache. La rencontre a aussi enregistré la participation du directeur général de l’EMP-ABB, le colonel Souleymane Sangaré et bien d’autres invités.
Le directeur de l’EMP-ABB a souligné que cette rencontre est une occasion opportune pour créer une synergie de pensées et d’actions entre experts, autorités traditionnelles, élus locaux, administrateurs de terrain, civils et militaires. Mais aussi les populations autour de la question complexe du nexus sécurité et développement.
Le ministre de la Défense et des Anciens combattants a indiqué que ce séminaire se tient dans un contexte où la région des trois frontières (Mali-Burkina Faso-Niger) est confrontée à des défis sécuritaires sans précédent. Ces contraintes qui, malheureusement, selon le colonel Sadio Camara, retardent, sinon anéantissent tout effort de développement et d’intégration.
Cette situation, avec ses corollaires de pertes en vies humaines, de déplacés massifs, de destruction d’infrastructures socioéconomiques, engendre des conséquences néfastes sur le bien-être des populations. Toute chose qui entraîne une augmentation sans cesse de besoins alimentaires et une insécurité croissante.
Pour le ministre Camara, ce contexte de crise multifactorielle et multisectorielle se retrouve exacerbé avec l’apparition de la Covid-19. Cette situation nous impose de renforcer la solidarité et la coopération afin de créer une nouvelle dynamique au sein de la région du Liptako Gourma, foyer de tensions, de violence extrême. Mais également de saisir toutes les opportunités qu’offre cette région, pour faire face aux nouveaux défis, a-t-il relevé.
Pour faire avancer efficacement la réflexion, afin d’aboutir à des actions concrètes et réalisables dans la zone, les participants se pencheront sur des questions telles que la coopération transfrontalière, les initiatives locales, la mutualisation des activités d’acteurs locaux. Mais aussi la sécurité y compris la lutte contre la criminalité transfrontalière, le terrorisme, le trafic des êtres humains et d’autres formes de violences.
À ce titre, la réflexion doit intégrer, entre autres, l’enjeu de la mutualisation des activités des acteurs locaux, le financement des activités dans la zone des trois frontières, le rôle des élus locaux, des autorités traditionnelles, la prise en charge des personnes déplacées et la présence de l’État, a poursuivi le colonel Sadio Camara. « J’invite les panélistes et les participants à faire des recommandations opérationnelles sur les voies et moyens nécessaires, pour appuyer les initiatives locales de sécurité, de développement et les mutualisations autour des communautés riveraines du Liptako Gourma », a insisté le ministre de la Défense.
Pour sa part, l’ambassadeur d’Algérie au Mali a réitéré la disponibilité de son pays à demeurer solidaire dans la lutte des États et des peuples de la bande sahélo-saharienne contre le terrorisme, l’extrémisme violent, l’instabilité et l’insécurité. L’Algérie fait cette assistance, selon El-Haouès Riache, sur la base de principes et d’objectifs clairs, en l’occurrence une politique de bon voisinage et d’amitié, de non-ingérence dans les affaires intérieures des États. Mais aussi de respect de l’intégrité territoriale des États et de leurs frontières héritées des indépendances ainsi que du respect de l’unité, de la souveraineté et de la cohésion nationales de ces pays.
Aboubacar TRAORE
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