«Lutte
contre la corruption : nouvelles dynamiques, recouvrement d’avoirs illicites et
coopération internationale», c’est le thème de la 2è édition de la Conférence
de haut niveau sur la corruption en Afrique que notre pays abrite, depuis lundi
dernier. Les 300 participants, venus de 35 pays en plus du Mali, ont l’ambition
de faire de cette rencontre un cadre référentiel en matière de bonnes pratiques
de lutte contre la corruption à travers les déclarations de patrimoine et le
recouvrement d’avoirs illicites.
L’évènement
de trois jours est organisé par l’Office central de lutte contre
l’enrichissement illicite (Oclei), en partenariat avec la Cellule nationale de
traitement des informations financières (Centif) et les structures nationales
de contrôle. La cérémonie d’ouverture a réuni autour du Premier ministre,
Choguel Kokalla Maïga, plusieurs membres du gouvernement dont celui en charge
de la Justice et des Droits de l’Homme, Mahamadou Kassogué.
À l’occasion,
le président de l’Oclei est revenu sur les impacts de la corruption, de
l’enrichissement illicite, du blanchiment et autres formes de délinquance
financière sur le développement socioéconomique. Des fléaux qui creusent les inégalités,
provoquent le terrorisme et déstabilisent nos États.
Toutes choses qui, selon
Dr Moumouni Guindo, interpellent et incitent à engager une lutte implacable et
concertée contre ces pratiques. Aussi, cette lutte est-elle un devoir de génération
en suivant la voie tracée par les mères et les pères fondateurs. «C’est tout le
sens de l’engagement solennel du président de la Transition, le colonel Assimi
Goïta, à apporter le changement nécessaire pour une gouvernance économique et
financière vertueuse», a déclaré le président de l’Office.
Le
contrôleur général des services publics, Badra Alou Coulibaly, indiquera qu’il
n’existe pas de solution miracle pour la lutte contre la corruption et aucun
acteur, individuellement, ne peut venir à bout de ce fléau. «La nature
multiforme de sa manifestation nécessite une synergie d’actions de tous les
acteurs et structures de contrôle et organisations de lutte contre la
corruption», a-t-il insisté. Il a promis le soutien des structures de contrôle à
l’État dans le cadre de la refondation. Un soutien qui se matérialisera par une
lutte constante et inlassable contre la corruption.
Au
nom des partenaires techniques et financiers, Marchel Gerrmann a salué le
caractère inclusif et participatif de la stratégie nationale de lutte contre la
corruption. Et de son côté, le coordinateur résident du Système des Nations
unies au Mali, Alain Noudéhou, a rappelé que la lutte contre la corruption est
l’une des priorités pour réaliser les Objectifs de développement durable (ODD).
Pour lui, le «dévouement des acteurs étatiques et non étatiques pour prévenir
et combattre la corruption est absolument essentiel sur ce vaste chantier de la
construction des sociétés justes et pacifiques».
Le
Premier ministre estimera que la corruption est un fléau pernicieux, qui compromet
gravement le développement socioéconomique. C’est pourquoi, dira-t-il, les
autorités de la Transition mènent une lutte implacable contre la délinquance
financière et l’impunité. Il n’a pas passé sous silence les actions engagées
par les précédents régimes, comme l’Opération taxi en 1967.
Le
chef du gouvernement a encouragé la synergie d’action entre toutes les
structures nationales impliquées directement ou indirectement dans la lutte
contre la corruption, le blanchiment de capitaux et l’enrichissement illicite.
En outre, il a assuré de son soutien total et de l’accompagnement, sans ambiguïté,
du gouvernement pour poursuivre cette lutte implacable.
«J’engage le gouvernement à apporter tout son soutien à la mise en œuvre des recommandations qui seront issues de la présente conférence comme gage indéfectible de l’état du Mali à mettre en œuvre l’ensemble de ses engagements internationaux et de ses choix primordiaux de bonne gouvernance dans le respect du bien public», a lancé le Premier ministre.
L'Essor
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