Cour d’assises : la patronne de l’ong et son gestionnaire en prison

L’Organisation non gouvernementale a bénéficié d’un fonds conséquent pour la mise en œuvre de ses activités. Une importante partie de l’argent a disparu sans la moindre pièce justificative

Publié mardi 28 janvier 2025 à 09:34
Cour d’assises : la patronne de l’ong et son gestionnaire en prison

«Poursuivis pour atteinte aux biens publics, délit de favoritisme et complicité d’atteinte aux biens publics», Mme Diarra, une sexagénaire et A. Coulibaly ont comparu en Cour d’assises, lors de la session consacrée aux crimes économiques et financiers, tenue à la Cour d’appel de Bamako.

Selon l’arrêt de renvoi, l’Institut de l’éducation populaire (IEP) est une Organisation non gouvernementale (ONG) qui intervenait dans les domaines du développement de l’éducation.

C’est ainsi que dans le cadre de ses activités, l’Organisation non gouvernementale a obtenu en 2012 du Royaume des Pays-Bas, à travers son ambassade en République du Mali, un financement de plus d’un milliard de Fcfa en vue de la généralisation du curriculum de l’enseignement dans l’éducation fondamentale au Mali sur la période allant de 2012 à 2014, puis sur prorogation jusqu’à 2016.

à la signature du contrat, les deux parties convenaient de leurs droits et obligations réciproques. Ainsi, en contrepartie de la mise à disposition des fonds par le partenaire financier, l’IEP devait les utiliser aux fins convenues. Et cela devrait se faire conformément à une procédure rigoureuse, tout en produisant des rapports narratifs et financiers annuels. Au final, cela devra permettre au bailleur d’assurer le suivi, puis des rapports sous-tendus par l’audit de fin d’activité devraient le permettre de s’assurer de la sincérité des différentes opérations de dépenses à travers l’examen des pièces justificatives.

 

Pas la moindre pièce justificative- à l’échéance du contrat, Mme Diarra, directrice de l’IEP, s’est illustrée par un comportement qui a inspiré le doute chez le bailleur de fonds. En effet, contrairement aux termes du contrat, l’IEP tardait à produire les pièces justificatives pour une partie du montant utilisé du fait de la maladie de la directrice. Cette situation a conduit un cabinet privé chargé de l’audit de fin d’activité, à émettre des réserves quant à la sincérité de la gestion faite par l’IEP des fonds mis à sa disposition par les Pays-Bas.

C’est ainsi que l’ambassade dudit pays au Mali a commis en juin 2017 un auditeur externe et étranger. Dans son rapport final produit, cet auditeur en a conclu à des irrégularités portant sur plus de 20 millions de Fcfa utilisés en violation totale des procédures et plus de 610 millions engagés par l’IEP sans la moindre pièce justificative.

Au vu des conclusions troublantes de ce rapport d’audit, l’ambassade des Pays-Bas au Mali a porté plainte devant le parquet contre la directrice de l’IEP, Mme Diarra, et ses collaborateurs. L’enquête préliminaire diligentée par la suite a permis de découvrir des irrégularités et que Mme Diarra est suspectée de malversations financières en complicité avec le gestionnaire financier en la personne du nommé A. Coulibaly qui refusait d’utiliser le logiciel comptable de la boîte. Il a été aussi découvert qu’elle s’était entourée de plusieurs de ses proches qui ont injustement manié des fonds de l’ONG.

Déférés au parquet, Mme Diarra et A. Coulibaly ont nié en bloc les faits qui leur sont reprochés devant le magistrat instructeur. Il s’est avéré que sur plus d’un milliard reçu du bailleur, les responsables de l’ONG n’ont pu apporter la moindre justification de 630 millions. Selon l’acte d’accusation, Mme Diarra a puisé dans les fonds de l’Institut pour acquérir plusieurs biens mobiliers et immobiliers, tant à son compte personnel qu’à celui des membres de sa famille.

De son côté, A Coulibaly a, du bout des lèvres, reconnu les faits devant le magistrat instructeur. Il a expliqué qu’il arrivait des fois où l’argent n’était pas utilisé pour le programme. En plus de cela, a-t-il poursuivi, certaines activités ont été menées sans la moindre pièce justificative. « C’est le cumul de ces dépenses et activités qui explique les montants injustifiés », a fait croire le gestionnaire financier.

Quant aux proches de dame M. Diarra impliqués dans le dossier, certains se sont soustraits de toute action judiciaire. Ils ont préféré s’enfuir, lorsqu’ils ont compris que le vent tournait en leur défaveur.  Au même moment, ceux qui n’ont pas pu fuir, ont choisi la dénégation systématique des faits comme moyen de défense. En somme, ce sont les nommés Mme Diarra (première responsable de l’ONG bénéficiaire) et A. Coulibaly (le gestionnaire financier) qui étaient les principaux accusés dans cette affaire.

Dans son réquisitoire, le ministère public n’est pas allé avec le dos de la cuillère. Bien qu’ils n’avaient pas reconnu les faits qui leur étaient reprochés durant toute la procédure ( à l’exception  du gestionnaire), il les a tout simplement chargés. Le défenseur des citoyens a estimé que la sanction de l’accusée principale (Mme Diarra) doit servir d’exemple. «Elle doit rembourser l’argent qu’elle a détourné.

Cet argent était destiné à nos enfants. Il faut qu’elle sache que l’argent public est inviolable et sacré», a martelé le haut magistrat avant de requérir qu’ils soient retenus dans les liens de l’accusation. Le défenseur des citoyens va plus loin. Pour lui, la principale accusée savait ce qu’elle faisait, raison pour laquelle elle s’était entourée de certains de ses proches pour dilapider l’argent public.

En tout état de cause, le magistrat a, par la suite, tempéré, en plaidant une peine assortie de sursis. Selon lui, la détention de l’accusée ne servira à rien pour les partenaires qui ont financé le projet. L’avocat de Mme Diarra n’était pas de cet avis. Il  a répliqué en soutenant qu’en s’entourant de ses proches, sa cliente a prouvé qu’elle avait le sens de la famille, car elle voulait les aider.

Loin de cet avis de la défense, la partie civile a réclamé aux accusés la somme de 50 millions de Fcfa à titre de dommages et intérêts et le remboursement de la somme détournée. Dans sa délibération, la Cour a condamné Mme Diarra et A Coulibaly à 5 ans de réclusion. Cependant elle devra payer 10 millions de Fcfa à titre de dommages et intérêts.

Quant aux accusés (proches de M. Diarra) qui se sont enfuis, ils ont tous été condamnés à la réclusion à perpétuité par contumace.  En outre, les mis en cause devront collectivement rembourser la somme détournée au détriment du partenaire qui a financé le projet.

Tamba CAMARA

Lire aussi : Burkina Faso: La police démantèle un réseau de présumés braqueurs

Le Service régional de la Police judiciaire (SRPJ) du djôrô, avec le concours de la Division des investigations criminelles (DIC) de la Direction de la police judiciaire (DPJ), le commissariat central de Police (CCP) de la ville de Bogandé et la Direction du matériel et du budget (DMB) de la di.

Lire aussi : Kéniéba : Interpellé par la gendarmérie pour trafic de biens culturels et blanchiment d’argent

Un individu originaire de Falea, Commune de Kéniéba, a été interpellé dans le cadre du démantèlement d’un réseau international qui semble être impliqué dans le blanchiment d’argent et le trafic de biens culturels. L’opération, menée par la gendarmerie de Kéniéba, a permis la sais.

Lire aussi : Hamdallaye ACI 2000 : Fin de règne d’un duo de braqeurs

Dans le cadre du renforcement de la sécurisation des personnes et de leurs biens dans la cité, les autorités en charge de la sécurité et de la protection civile ne lésinents pas sur les moyens. Histoire de permettre aux citoyens de vaquer librement dans la cité..

Lire aussi : Kita : Coup de balai de la police dans les zones « criminogèes »

Ils sont treize individus à tomber dans les mailles des filets de la police de Kita que dirige le commissaire de police Salihou Mohamed Doumbia. Ces interpellations sont consécutives à une opération nocturne qui s’est passée dans les confins du quartier Kita-Gare, le 20 août 2026..

Lire aussi : Sogoniko : Plusieurs voleurs de motos interpellés par la police

Les éléments du Commissaire principal Zeïnabou Walett Ichikan du commissariat de police de Sogoniko ont procédé le 26 août 2026, à l’interpellation de huit individus suspectés de vol et de recel portant sur des motos et de téléphones portables..

Lire aussi : Faits de société : Une enfance marquée par des blessures

Elle est quadragénaire et physiquement bien servie par la nature. Grande de taille et par dessus tout très élégante. En plus de cette élégance naturelle, celle à qui nous donnons le pseudonyme Kady possède une chevelure touffue et longue encadrant un visage d’ange au milieu duquel scintill.

Les articles de l'auteur

Kéniéba : Interpellé par la gendarmérie pour trafic de biens culturels et blanchiment d’argent

Un individu originaire de Falea, Commune de Kéniéba, a été interpellé dans le cadre du démantèlement d’un réseau international qui semble être impliqué dans le blanchiment d’argent et le trafic de biens culturels. L’opération, menée par la gendarmerie de Kéniéba, a permis la saisie de trois portes de grande valeur patrimoniale dérobées à Dékon dans la Région de Bandiagara et destinées à être exportées vers l’Occident..

Par Tamba CAMARA


Publié mercredi 14 octobre 2026 à 09:44

Service national des jeunes : 2.400 recrues de la 7è cohorte prêtes à servir

La cérémonie de leur présentation au drapeau a été présidée, hier, sur la place d’armes du Génie militaire, par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta. Pendant six mois, ces hommes et ces femmes ont suivi un programme exigeant de formation militaire et civique qui leur a permis d’apprendre à transformer la fatigue en endurance, les difficultés en courage et les contraintes en responsabilités.

Par Tamba CAMARA


Publié mercredi 14 octobre 2026 à 09:01

Mois de la Solidarité et de lutte contre l’exclusion : Le premier ministre rend visite au doyen du 2è arrondissement du district de Bamako.

Le Général de division Abdoulaye Maïga s'est rendu, vendredi dernier, chez Diomakan Konaté à Bakaribougou, pour lui témoigner de la considération que notre pays accorde aux personnes du troisième âge. Le chef du gouvernement a aussi apporté des cadeaux au vieil homme de 109 ans..

Par Tamba CAMARA


Publié lundi 12 octobre 2026 à 09:21

Journée internationale de l’alphabétisation : Le savoir comme levier de développement local

Les rideaux sont tombés, hier à Kambila, sur les activités de la Journée internationale de l’alphabétisation que consacre le 8 septembre. Pour des contraintes de calendrier, notre pays a différé la célébration de l’édition cette année au 17 septembre sous le thème national : «L’alphabétisation au service d’une Année de l’éducation et de la culture réussie »..

Par Tamba CAMARA


Publié vendredi 25 septembre 2026 à 09:40

Journée Ayurveda : Vers une coopération renforcée autour de la médecine traditionnelle

Notre pays et l’Inde envisagent de formaliser leur coopération dans le domaine de la valorisation des ressources de la médecine traditionnelle. C’est ce qui ressort de la 11e Journée de l’Ayurveda, placée sous le thème : «L’Ayurveda pour un avenir sain», tenue, hier à l’Institut des sciences humaines (ISH)..

Par Tamba CAMARA


Publié jeudi 24 septembre 2026 à 10:01

Résilience des communautés : La jeunesse prêche par l’exemple

Dans plusieurs quartiers du District de Bamako, la jeunesse se mobilise au-delà des discours. Organisation des files d’attente dans les stations-service, entretien des voies publiques, assainissement, médiation sociale… Les jeunes multiplient les initiatives citoyennes pour accompagner les populations face aux difficultés et faire de l’engagement communautaire un véritable levier de résilience.

Par Tamba CAMARA


Publié vendredi 18 septembre 2026 à 13:24

Sogoniko : Plusieurs voleurs de motos interpellés par la police

Les éléments du Commissaire principal Zeïnabou Walett Ichikan du commissariat de police de Sogoniko ont procédé le 26 août 2026, à l’interpellation de huit individus suspectés de vol et de recel portant sur des motos et de téléphones portables..

Par Tamba CAMARA


Publié lundi 07 septembre 2026 à 09:20

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner