Un sketch sur des jeunes consommateurs de drogue
C’est une lapalissade que de dire que les drogues représentent un danger pour les jeunes. C’est fort de cette réalité qu’une campagne de sensibilisation sur le péril lié à la consommation de la drogue a été lancée par quatre ministères à savoir : les départements en charge de la Jeunesse, de la Santé, de la Protection civile et de la Défense. La cérémonie de lancement a été présidée, jeudi dernier à Bagadaji en Commune II du District de Bamako, par le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba.
Cette campagne de sensibilisation se tient également à Kayes, Gao et bientôt dans les autres régions pour éradiquer la consommation de substances psychotropes par les jeunes. C’est ainsi que le ministre Fomba a rappelé les innombrables conséquences des stupéfiants sur l’organisme, notamment la diminution des anticorps, le changement d’humeur, l’amoindrissement des capacités cérébrales, les troubles de mémoires et de l’apprentissage, les difficultés respiratoires, les hallucinations et la paranoïa, etc.
Le ministre chargé de la Jeunesse a rappelé des statistiques qui font froid dans le dos. Au Mali, plus de 75% des jeunes en consomment, selon les statistiques de 2023 du Projet d’appui au plan d’actions régional de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) en matière de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants et la criminalité organisée
. «Une enquête menée par l’Office central des stupéfiants (OCS) en 2014 sur un échantillon de 1.330 étudiants ciblés dans huit facultés de l’Université de Bamako, révèle qu’un étudiant sur dix consomme la drogue», a souligné le ministre Fomba.
Toutes substances confondues, la consommation est plus importante dans la tranche d’âge 11-19 ans (86%), contre 14% pour la tranche d'âge 20-29 ans. Le pic de la consommation se situe pour la colle entre 13 et 15 ans, les médicaments 15 et 16 ans, le cannabis à 16 ans et l’alcool entre 16 et 17 ans», a-t-il expliqué.
Le ministre Abdoul Kassim Ibrahim Fomba a aussi évoqué le rapport 2024 de recrutement des jeunes dans les Forces armées et sécurité qui a montré que près de 40% des candidats sont affectés par la drogue ou des substances psychoactives.
Cette situation est de nature à casser la dynamique de développement socioéconomique des autorités dont l’espoir repose essentiellement sur la jeunesse pour relever les défis. Selon lui, cette posture peu élogieuse de la jeunesse risque de compromettre les acquis sécuritaires et l’expression du leadership malien au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) et des ensembles régionaux.
Le patron du département en charge de la Jeunesse a également fait mention des dispositions que son ministère compte prendre pour aider les jeunes qui souhaitent abandonner ces pratiques nuisibles afin de devenir des citoyens modèles.
«Si la consommation des stupéfiants est suffisamment évoquée dans le cadre de l’élaboration des politiques nationales, elle est rarement soumise à des campagnes nationales de sensibilisation de grandeur nature avec une approche holistique mettant les jeunes au cœur de l’action.
C’est pourquoi, le gouvernement, cette fois-ci, est résolument engagé dans l’éradication de ce cancer social, à travers la décision n°0066/MJSCICCC-SG du 03 octobre 2024 créant une commission nationale de sensibilisation, sous l’égide du ministère de la Jeunesse et des Sports, chargé de l'Instruction civique et de la Construction citoyenne», a conclu le ministre Fomba.
Seibou Sambri KAMISSOKO
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