Andogoly Guindo : «Le Mali Kura ne se fera qu’en puisant sa substance dans les valeurs du passé»

Dans l’interview qui suit, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme souligne le rôle de son département dans la refondation du Mali. Andogoly Guindo donne aussi le maximum d’éclairages sur les dossiers de la délocalisation de l’Institut national des arts (INA). Mais aussi sur ceux du Grand théâtre de Bamako et du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté qui préoccupent les acteurs de la culture.

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Publié vendredi 20 mai 2022 à 08:09, mis à jour mardi 05 juillet 2022 à 18:58
Andogoly Guindo : «Le Mali Kura ne se fera qu’en puisant sa substance dans les valeurs du passé»

L’Essor : Le gouvernement s’est engagé à refonder le Mali. Quel va être le rôle de votre département ?

Andogoly Guindo : Notre pays traverse une crise sans précédent qui a ébranlé les fondements de notre nation. Pour sortir définitivement de cette grave crise, le président de la Transition a engagé le gouvernement dans un vaste chantier de refondation nationale axé sur la restauration de nos valeurs culturelles.  Face à la crise identitaire et sociale, une réponse urgente et appropriée s’avère nécessaire afin d’éviter un effondrement total de notre société, voire de la nation malienne.

C’est dans cette perspective que suivant les instructions éclairées du chef de l’État, mon département a décidé de susciter la réflexion en vue de proposer des solutions idoines s’appuyant sur les vertus et les valeurs qui ont toujours caractérisé notre société. Celles-ci seront consignées dans un ouvrage scientifique de référence intitulé «Charte d’éthique et des valeurs du Mali».

Cette Charte sera un document référentiel inspiré des principes, des us et coutumes ancrés dans les valeurs ancestrales et dans la civilisation universelle. La culture constitue en effet le socle de toute refondation solide et durable. Elle se nourrira également de nos expériences pratiques, de nos proverbes et de nos adages qui sont la quintessence de notre mémoire collective, le fruit de l’expérience pratique de nos ancêtres au cours des siècles et qui contiennent le meilleur de notre héritage spirituel.

La vision de mon département, à travers cette Charte, est de faire de la culture le socle de la refondation pour l’émergence d’un nouveau type de citoyen pétri des valeurs du Maaya et du Danbé, citoyen du «Mali kura».

Donc, notre rôle sur le chantier de la refondation sera celui de la promotion du patrimoine culturel et de nos valeurs sociétales supérieures, d’éducation, de conscientisation à travers la culture en vue d’un changement positif des comportements. Il s’agit de faire de l’endoctrinement pour un patriotisme actif, conformément à la vision du président de la Transition. Il s’agira pour notre ministère d’œuvrer en sorte que le Mali kura issu de la refondation puise en partie sa sève dans ces valeurs ancestrales. Il s’agira enfin pour nous d’œuvrer à restaurer au Mali son statut de «pays des hommes d’honneur».

L’Essor : Le Mali nouveau auquel nos compatriotes aspirent repose sur le socle de la culture et de nos valeurs sociétales. Quelle sera la stratégie de votre département pour ce Mali kura avec les citoyens pétris de ces valeurs ?

Andogoly Guindo : Il est évident que le Malikura ne se fera qu’en puisant sa substance dans les valeurs du passé, le Mali de nos ancêtres, donc un peu de Malikɔrɔ aussi.

Comme le rappelle très souvent le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta :«il ne peut y avoir de développement harmonieux et durable sans la prise en compte des valeurs culturelles fondatrices de notre société». Le Mali ne renaîtra de ses cendres que lorsque les Maliens retourneront aux sources, aux valeurs ancestrales comme le Maaya, et le danbé.

Face à la dégradation progressive de nos mœurs, seule une réponse culturelle nous aidera à juguler des fléaux comme la corruption, la roublardise, la perte d’autorité parentale, l’affaissement de l’autorité de l’état, la mauvaise gouvernance, etc.

En plus de l’élaboration et de la mise en œuvre du projet de la Charte d’éthique et des valeurs du Mali, mon département s’évertuera à exécuter des programmes de protection et de promotion du patrimoine culturel, d’éducation à la culture à travers des créations artistiques, des productions cinématographiques, le tourisme domestique pour un affermissement de la conscience citoyenne.

La finalité de cette stratégie est de parvenir à construire un nouveau type de citoyens maliens ayant une conscience aigüe du patriotisme et cultivant les vertus d’honneur, de bravoure, d’intégrité et de courage. Le Mali nouveau, le Mali de nos aspirations, ne peut se bâtir que sur le socle de nos valeurs sociétales, supérieures léguées par nos ancêtres. Ces valeurs constituent en même temps le ciment et le ferment de notre nation. Le Mali kura s’accompagnera du «Maliden kura».

L’Essor : Vous envisagez de créer un organe autonome qui va fédérer tous les secteurs de la culture. Comment va s’appeler cet organe et quelles sont ses missions ?

Andogoly Guindo : La création d’un organisme national de représentation du monde de la culture est une préoccupation constante chez les acteurs du domaine qui, depuis des années déjà, sollicitent vivement la mise en place d’une telle entité. Mon département est en pleine réflexion sur l’élaboration des textes d’un Conseil national des arts et de la culture (CNAC) dont l’adoption prendra en charge cette préoccupation.

Le CNAC se voudra un organisme à caractère professionnel qui jouera un rôle d’interface entre les pouvoirs publics et les acteurs des domaines des arts et de la culture, étant donné son caractère représentatif et fédérateur. Sa mission est de fédérer toutes les organisations d’artistes, d’acteurs et d’entrepreneurs culturels, des Niamakalas et assimilés.

L’Essor : Quelles sont les grandes actions que votre département a réalisées depuis le début de la Transition ?

Andogoly Guindo : L’une des actions fortes de la Transition à signaler est la mise à la disposition des acteurs d’une enveloppe de  700 millions de Fcfa en vue d’atténuer les effets de la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19.

Dans le secteur de l’artisanat, on peut citer la tenue de la 3ème édition du Salon international de l’artisanat du Mali (SIAMA), la vulgarisation du règlement N°01/2014/CM UEMOA du 27 mars 2014 portant code communautaire de l’artisanat de l’UEMOA et des textes du Réseau des chambres de métiers, la poursuite des travaux de construction du siège du Centre de développement de l’artisanat textile (CDAT) et des travaux du projet d’extension de l’APCMM.

Dans le domaine de la coopération culturelle, nous avons conduit une mission de travail à Abuja dans le cadre du CODEPA en octobre 2021. Au niveau de la protection et de la promotion de l’héritage culturel, nous avons réussi à faire adopter, en conseil des ministres, le dossier de classement dans le patrimoine culturel national des Alliances et des parentés à plaisanterie «Sinankouya » et l’inscription sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO nécessitant une sauvegarde urgente, des pratiques et expressions culturelles liées au «M’bolon», instrument de musique traditionnel à percussion.

Il y a aussi eu une exposition au Centre culturel Korè de Ségou sur « la musique traditionnelle malienne, facteur de préservation d’identité et de cohésion sociale ». Nous avons réceptionné le 7 décembre 2021 plus de 900 objets ethnographiques et archéologiques du Mali, issus du pillage et du trafic illicite en provenance des états-Unis d’Amérique et lancé le 26 décembre 2021,  le projet de conservation, revitalisation et valorisation du textile au Centre du Mali dans les localités de Bandiagara et de Djenné, avec un financement du Fonds des ambassadeurs pour la préservation de la culture (AFCP).

Au niveau de la promotion de l’industrie cinématographique, nous avons présidé la cérémonie de remise des prix de la 2ème édition 2021 «Cinema et Citoyennetés» pour le financement de 7 œuvres cinématographiques et audiovisuelles par le Fonds d’appui à l’industrie cinématographique.

Aussi, dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale du Livre et du Droit d’auteur 2021, nous avons remis à notre collègue de la Défense et des Anciens combattants, pour le compte du Prytanée militaire et du Musée des armées, des livres achetés auprès des éditeurs maliens.

Au nombre des activités phares du département, nous notons aussi l’organisation de «La Nuit de la paix», tenue dans la nuit du 21 septembre 2021. Dans les secteurs de l’hôtellerie, du tourisme et de la restauration, il faut retenir l’élaboration du document de  Politique nationale du tourisme, de l’hôtellerie et de la tenue d’un atelier de formation des opérateurs de l’hôtellerie et de la restauration sur les normes d’hygiène et de sécurité sanitaire des aliments, tenu à Bamako, du 10 au 11 janvier 2022.

L’Essor : Les dossiers de la délocalisation de l’Institut national des arts (INA), du Grand Théâtre de Bamako et du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté reviennent dans les débats au Conseil national de Transition (CNT). Où en est-on avec ces dossiers ?

Andogoly Guindo : La décision de la relocalisation de l’Institut national des arts, la réalisation du Grand théâtre de Bamako et la relecture des programmes de formation du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté sont des chantiers ambitieux de l’État confiés à mon département. L’INA est une vieille école, le CNT a été invité à constater de visu l’état d’occupation anarchique du site actuel. L’environnement dans lequel se trouve l’école, la promiscuité avec le marché et la Grande Mosquée de Bamako ne rendent pas facile le processus d’enseignement/apprentissage dans des conditions idoines.


Le dossier INA va de pair avec le projet de réalisation du Grand théâtre du Bamako. Il s’agit de réaliser en effet, une infrastructure qui prenne en compte les évolutions technologiques et techniques dans les offres de formation des élites des Arts et de la culture. Ce qui exige la réalisation d’une infrastructure répondant à des normes internationales.


Le ministère  de la Culture a demandé et obtenu auprès de son collègue du Domaine, en lien avec l’Agence nationale de l’aviation civile, une parcelle de 3 ha dans la zone aéroportuaire pour la réalisation du nouveau bâtiment de l’Institut national des arts. Le processus de formalisation du titre foncier n’est pas effectif. Le coût des travaux est évalué à 2, 52  milliards de Fcfa  environ, pris en charge entièrement par une société de la place avec laquelle, le ministère a signé en 2019, une convention de cession, qui fait office de cahier de charges.


Ce montant équivaut à la valeur vénale du titre foncier actuel de l’INA, après une évaluation faite par des experts indépendants commis pour l’occasion. Le titre foncier actuel pourrait alors être cédé à ladite société en contrepartie de la réalisation de la nouvelle infrastructure, en cours de réalisation, dans la Zone aéroportuaire.

La réalisation du Grand Théâtre de Bamako est une des priorités du gouvernement du Mali dans le cadre de la mise en œuvre de la politique culturelle du Mali. Il s’agit d’une infrastructure culturelle futuriste, alliant prouesses techniques et technologiques, dans le respect des normes architecturales et environnementales et inspirée des techniques issues du patrimoine culturel et architectural national.

Le projet a été conçu en 2017 et soumis pour financement au président de la République de Turquie lors de sa visite au Mali en mars 2018. Dans le projet initial dont le coût de réalisation est estimé à 40 milliards de nos francs, il est prévu, outre un Grand Théâtre de 12.000m2, un amphithéâtre de 1.000 places, des espaces d’exposition permanente et temporaire, un shopping hub, une promenade dite Soundiata.

Afin que le projet puisse voir le jour, le département en charge du Domaine a été consulté pour la mise à disposition d’une parcelle. Une zone d’une superficie de 10 hectares dont 6 hectares pour le Grand Théâtre avait été proposée au ministère en charge de la Culture sur le flanc de la colline du Point G, près du Conservatoire. Le ministère de l’Environnement a émis des réserves puisque l’espace identifié se situe en plein cœur de la forêt classée de Koulouba et dont il est impossible de changer la vocation.


D’autres sites seront, par la suite, identifiés, comme la zone aéroportuaire. Le choix final a été la place du Cinquantenaire, en face de l’École normale supérieure, au bord du fleuve Niger. Un espace vaste de 4 hectares. La maquette du Grand Théâtre, réalisée par un bureau d’études indépendant, prévoit qu’une partie des infrastructures sera flottante. Des experts en environnement ont donné leur avis favorable à la réalisation du joyau qui ne portera pas d’atteinte à l’intégrité physique du fleuve.

La réalisation du Grand Théâtre permet de résorber un besoin crucial en infrastructures de spectacle dans la ville de Bamako, qui ne compte plus véritablement que le Centre international de conférences de Bamako. Le palais de la Culture ne répondant plus aux besoins de la population, le Grand Théâtre permettra surtout l’élévation, l’éclosion et l’explosion de talents chez les jeunes, dans un monde en perpétuel essor sur le plan culturel et technologique.

Le Grand Théâtre de Bamako devrait exprimer le génie d’un peuple dont la Culture a résisté à l’usure du temps. Elle symbolisera l’enracinement dans un passé brillant, des défis du temps et la projection vers un futur prometteur. La Cité de la Culture de Bamako, un des grands projets structurants du second quinquennat du président de la République, incarnera les valeurs de paix, de cohésion sociale, de vivre ensemble et d’embellissement de la capitale.

 Créé par la loi n°03-013 du 14 juillet 2003, le Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté est un établissement public à caractère scientifique, technologique et culturel. Son organisation et ses modalités de fonctionnement sont fixées par le décret n°03-330/P-RM du 06 août 2003. Il a pour mission d’assurer la formation des cadres supérieurs dans le domaine des arts et métiers multimédia.

La quinzaine d’années de pratique du Conservatoire a, certes enregistré des résultats appréciables, notamment la formation de ressources humaines de qualité et la promotion artistique et culturelle du pays, mais, a mis à nu les insuffisances et lacunes des textes, notamment l’absence de départements d’enseignement et de recherche (DER) ou d’Unité de formation et de recherche, de conseil scientifique et pédagogique, de mécanismes fiables de génération de ressources propres.

En vue de combler ces insuffisances, le conseil des ministres du 2 novembre 2018 a adopté le projet de loi portant création du Conservatoire des arts et métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté et le projet de décret fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement.

Le projet de loi déposé sur la table de l’Assemblée nationale en décembre 2018 a fait l’objet de plusieurs écoutes devant la Commission Éducation, culture et technologie dont celles des ministres chargés de la Culture et de l’Enseignement supérieur.

L’Établissement qui formait jusqu’en DESS a connu des mutations avec le basculement du Mali dans le système LMD, à l’instar des autres institutions d’enseignement supérieur membres du Réseau pour l’excellence de l’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest (REESAO). Une réforme qui implique renforcement des capacités des enseignants-chercheurs sur l’approche basée sur les compétences comme nouvelle alternative dans le développement de curricula dans le cadre du LMD.

Propos recueillis par Dieudonné DIAMA

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