Bouteilles, sachets en plastique,
emballages alimentaires, habits, flaques d’eau… jonchent plusieurs rues et
quartiers de la Cité des Balanzans. Les servitudes du fleuve Niger ne sont pas
non plus épargnées.
L’insalubrité par la pollution de l’air, de l’eau et des
terres a des conséquences néfastes sur la santé humaine. Du quartier Hamdallaye
au quartier Alamissani en passant par Sokalakono et Pelengana où nous nous
sommes rendus en ce début du mois de septembre, des sachets plastiques et ordures
ménagères sont présents un peu partout au gré du vent. Même constat du côté du
marché Médine, des marchands et marchandes installés à proximité des caniveaux
baignaient dans un environnement insalubre.
Aux abords dudit marché, des
caniveaux destinés à faciliter le bon drainage des eaux de ruissellement étaient
bouchés par des déchets de toutes sortes. Yacouba Koné, un commerçant interrogé,
estime que l’insalubrité est un défi majeur à relever. Il fustige le
comportement de certains citoyens à l’origine de l’enlaidissement du paysage
urbain. «Les ordures ménagères déversées dans les rues et caniveaux participent
à la dégradation de notre environnement et à l’expansion de moustiques vecteurs
du paludisme. Aucun quartier n’y échappe», lance-t-il.
Mahamadou Keita, le président de l’Association des jeunes
pour le développement de Bagadadji, mobilise chaque année ses membres pour le
nettoyage du goudron, des caniveaux et
du grand collecteur. Armés de pelles et de brouettes, ils mènent une croisade
contre l’insalubrité. Selon notre interlocuteur, le constat est alarmant. «Malgré
nos actions, certaines personnes attendent la nuit pour déposer leurs ordures
dans les rues et caniveaux. Ces actes viennent anéantir les efforts déployés
par les jeunes qui constatent avec étonnement le retour sans arrêt des ordures.
Nous voulons avant tout donner à notre quartier son lustre d’antan»,
explique Mahamadou Keita.
Pour une amélioration de notre cadre de vie, il en appelle à
un changement positif de comportements. «Chacun doit faire le ménage à son
domicile et dans son quartier et ne pas toujours attendre l’arrivée des
services municipaux», conseille-t-il. L’Association des jeunes pour le développement
de Bagadadji ambitionne de créer un GIE. Malheureusement, ce projet dort dans
les tiroirs faute de financement. Comme notre précédent interlocuteur, Tiémoko
Coulibaly aspire à un environnement plus salubre. Photos à l’appui, il ne cesse
d’alerter sur les réseaux sociaux la saleté des rues de la ville pour un
changement social et comportemental. «La population a vraiment besoin d’une
forte conscience pour sauver l’environnement», affirme Tiémoko Coulibaly pour
qui l’insalubrité est une responsabilité partagée.
À Ségou comme partout dans le pays, la pré-collecte des déchets
au niveau des ménages est effectuée par des Groupements d’intérêt économique
(GIE). Tidiane Daou, responsable du GIE Inacoco a 20 années d’expérience dans
le métier de ramassage d’ordures, de curage de caniveaux et d’entretien des bâtiments
et routes. Il affirme que les déchets liquides et solides déversés dans le
fleuve Niger, dans les bancotières et caniveaux affectent la santé des
populations. «La mairie de la Commune
urbaine de Ségou est chargée d’évacuer les ordures des dépôts de transit vers
la décharge finale. Auparavant, la ville comptait 5 dépôts de transit. Tous ont
été vendus. Les GIE sont désormais contraints de déverser les ordures ménagères
un peu plus loin.
Nous avons des problèmes à surmonter ces monticules
d’ordures. C’est une faille qui réduit nos efforts d’assainissement», explique
le responsable du GIE Inacoco. Tidiane Daou fait remarquer que la pollution de l’air tue
aussi dangereusement que le coronavirus. Il regrette cependant le fait qu’une
grande partie de la population refuse d’adhérer aux règles de gestion des déchets.
«Elle ne veut pas payer pour avoir une poubelle, et encore moins s’abonner à un
prestataire pour le ramassage des ordures», dit-il, avant d’évoquer la régression
du nombre de GIE dans la Cité des Balanzans.
«Nous étions auparavant une
quarantaine de GIE évoluant dans le secteur de l’assainissement. Aujourd’hui,
nous ne sommes qu’une dizaine. Ce métier nécessite beaucoup de dépenses.
L’entretien des animaux et leur alimentation, le salaire de l’ouvrier, le
non-paiement par les ménages des prestations et les impôts sont autant de
facteurs qui ont motivé plusieurs GIE à mettre les clés sous la porte»,
constate-t-il.
Dans l’optique de remédier à cette problématique, Tidiane
Daou a mis en place une fiche d’insalubrité qui permet de dénoncer le pollueur
de façon anonyme. Cette méthode permet, selon lui, à la direction de
l’assainissement et à la mairie de mieux localiser le pollueur ou la zone de
pollution. Il préconise la répression et la subvention des GIE.
À en croire le directeur régional de l’assainissement et du
contrôle des pollutions et des nuisances de Ségou, Abdoul Aziz Dicko, le
transfert de compétences de l’État aux collectivités
territoriales (communes, cercles et régions) tarde à se matérialiser sur
le terrain. «La ville de Ségou est confrontée aux problèmes de gestion des déchets
solides et des eaux usées. Nous constatons de plus en plus des points noirs,
des dépôts sauvages de déchets çà et là. Cette situation résulte de
l’insuffisance d’ouvrages d’assainissement, de dépôts de transit dignes de ce
nom et de décharge finale. Ce qui fait que la coordination et la collecte des
ordures sont difficiles à Ségou comme dans des Cercles», détaille-t-il.
En l’absence d’espaces dédiés aux dépôts de transit pourtant prévus dans le plan d’urbanisme, Abdoul Aziz Dicko révèle que sa structure a sollicité certains partenaires qui souhaiteraient l’accompagner dans l’aménagement de la décharge finale de Kounè, dans la Commune rurale de Sakoïba et la réalisation de certains dépôts de transit. Pour le directeur régional de l’assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances de Ségou, il est essentiel que chacun adopte les bonnes pratiques afin de rendre notre cadre de vie sain et agréable à vivre. Une synergie d’actions entre les collectivités, les GIE et les populations ainsi que la valorisation et le recyclage des déchets solides permettraient de venir à bout de l’insalubrité.
Mamadou SY
Amap-Ségou
Rédaction Lessor
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