Ségou : Les activités au ralenti

À cause des coupures d’électricité, le travail est sérieusement affecté dans certaines structures publiques comme privées. Idem pour le secteur informel

Publié mercredi 31 mai 2023 à 05:01
Ségou : Les activités au ralenti

Ces derniers temps, il y a de nombreuses récriminations contre les délestages

 

Les habitants de la ville de Ségou vivent actuellement une situation d’inconfort à cause des nombreuses coupures d’électricité. Les délestages sont de longue durée et répétitives. Cette situation impacte négativement le fonctionnement des structures publiques et privées.

Les usagers sont contraints de patienter ou de repasser plus tard pour accéder aux services qu’ils attendent de l’administration. Les structures qui disposent de groupes électrogènes font tourner à plein régime ces machines en vue d’assurer la continuité du service. Celles qui n’en disposent pas sont contraintes aux longues attentes souvent interminables pour pouvoir reprendre le travail.

Nul besoin d’être un génie pour comprendre que cette situation n’affecte pas que les structures publiques. Elle handicape également les acteurs du secteur informel. Ces derniers expriment leur frustration et soulignent notamment les dommages subis par le matériel de travail. Sans compter que l’arrêt des activités engendre des pertes de revenus non négligeables. Aminata Traoré, vendeuse de jus de fruits, d’eau glacée et de glace, ne cache pas son amertume. «L’impact des coupures d’électricité sur nos affaires est incommensurable.


Nous avons de la peine à évaluer correctement les pertes et les dommages. Tenez, j’ai rempli mon frigo de jus le soir et le lendemain tout le stock a fermenté à cause du délestage. J’ai été obligée de tout jeter», confie-t-elle. Avec le commerce de la glace c’est pire. «Les sachets d’eau n’arrivent plus à congeler. Nous n’arrivons plus à faire de ventes à plus forte raison de prétendre à des bénéfices.

C’est grâce à cette activité commerciale que je subviens à mes besoins», se plaint Aminata Traoré qui déplore aussi la hausse de la facture malgré le délestage. Elle invite les autorités à redoubler d’efforts pour mettre fin à ces délestages afin de permettre aux populations de mener des activités génératrices de revenus.

De son côté, Rokia Djilla, qui vend des fruits et légumes, confie que son commerce est affecté par le déficit d’électricité. Celle qui s’installe nuitamment au bord d’une grande voie profite d’un lampadaire qui éclaire son étal. «S’il y a coupure, les passagers ne remarquent pas ma présence à cause de l’obscurité. Parfois, je rentre à la maison sans aucun sou. Toutes mes bananes ont noirci, mes salades ont fané. J’ai perdu un de mes cartons de pommes vertes à cause du délestage», souligne-t-elle. Pourtant, confie-t-elle, c’est grâce à ce petit commerce qu’elle parvient à payer les frais de scolarité de ses enfants.

Le couturier Malic Guindo est aussi très mécontent. Il exprime son ras-le-bol face aux coupures intempestives. «L’impact est énorme sur nos affaires. Nous perdons de la clientèle à cause du non respect des rendez-vous. Pis, nous subissons beaucoup de dommages sur nos machines. Nos revenus ont drastiquement baissé», fait-il savoir. Il invite lui aussi le gouvernement à prendre à bras-le-corps ce problème de délestage. «Aucun pays ne peut se développer sans l’électricité qui n’est pas un luxe. Elle est plutôt génératrice de revenus», insiste-t-il.

Assis dans l’obscurité, Abdoul Wahab Zoromé, ne cache pas sa colère. Ce boutiquier explique que s’il y a délestage, le marché en prend un coup, car les clients résignés ont de la peine à sortir de leurs maisons. En plus, «je peine à écouler certains produits comme le lait et dérivés, les boissons et l’eau. Les produits laitiers qui ne supportent pas la moindre chaleur se détériorent rapidement», déplore le boutiquier.

«Par conséquent, j’ai diminué mes heures de travail. Je ferme ma boutique et rentre à la maison beaucoup plus tôt que d’habitude ce qui représente un manque à gagner pour moi», confie Abdou Wahab Zoromé, tout en plaidant pour une reprise normale du service de l’électricité. Son souhait est partagé par nombre de nos compatriotes.


Fatoumata DOUMBIA et

Fatoumata KONÉ

Amap-Ségou

Rédaction Lessor

Lire aussi : INSP: Des résultats appréciables en 2025

Le projet de budget 2026 de l’Institut national de santé publique (INSP) se chiffre en recettes et en dépenses à la somme d’environ 3,88 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,98 milliards de Fcfa en 2025, soit une légère diminution de 3,5%..

Lire aussi : VIH-Sida : Sous le poids de la discrimination et de la stigmatisation

Malgré l’existence de textes juridiques destinés à protéger les personnes vivant avec le VIH-Sida, la discrimination et la stigmatisation restent une réalité au Mali.

Lire aussi : École publique du Quartier/Mali: Des anciens élèves offrent des vivres à leurs enseignants

Dans le cadre de l’opération Sunkalo Solidarité, l’Association des anciens élèves de l’école publique du Quartier /Mali (promotion 1988) a offert des vivres aux anciens enseignants et au personnel éducatif. La remise symbolique s’est déroulée hier dans la cour dudit établissement, e.

Lire aussi : Chambre des mines : Vers un nouveau cadre organisationnel

Le gouvernement de la Transition a dissous en janvier 2025 les organes de la Chambre des Mines du Mali marquant ainsi une volonté claire de refondation et de dynamisation de cette institution vitale pour l’économie nationale..

Lire aussi : Complexe numérique de Bamako : Des difficultés persistantes

Outre des difficultés de trésorerie et de personnel, d’autres contraintes ont été évoquées, notamment l’incertitude autour de l’acquisition du site devant abriter le Complexe.

Lire aussi : Ramadan : Faible engouement pour les jus industriels

Beaucoup pensent que ce commerce est particulièrement rentable en période de jeûne. Pourtant, la réalité est toute autre pour nombre de commerçants.

Les articles de l'auteur

Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 16:40

Service national des jeunes : Plusieurs activités réalisées en 2025

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a présidé, hier, dans la salle de conférences du stade Mamadou Konaté, l’ouverture des travaux de la 9ᵉ session ordinaire du conseil d’administration de la direction du Service national des jeunes (SNJ), dont il assure lui-même la présidence..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:20

Mali-États-Unis : Pas encore de coopération dans le domaine militaire

Dans le cadre du dialogue politique régulier entre les deux pays, le Mali et les États Unis d’Amérique ont eu des échanges directs, tant avec la représentation diplomatique américaine au Mali qu’avec des Hauts Fonctionnaires américains en provenance de Washington..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:46

Enseignement supérieur : Le Professeur Abdoulaye Djimdé nommé au sommet de la science mondiale

Le Professeur Abdoulaye Djimdé, éminent chercheur à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), rejoint officiellement le prestigieux Comité scientifique consultatif du Secrétaire général des Nations unies..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:27

Journée internationale de la femme : Zoom sur deux amazones aux parcours exemplaires

A l’occasion de la commémoration du 8 mars, journée internationale de la femme, nous nous sommes intéressés à deux femmes dont le parcours peut inspirer d’autres..

Par Rédaction Lessor


Publié dimanche 08 mars 2026 à 12:20

CAN-féminine : La compétition reportée au mois de juillet

C’était attendu, c’est désormais officiel. La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé hier le report de la CAN-féminine qui était prévue du 17 mars au 3 avril au Maroc. Le tournoi aura finalement lieu du 25 juillet au 16 août 2026, toujours dans le Royaume chérifien..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 06 mars 2026 à 08:19

Familles fondatrices de Bamako : Le petit-fils le plus âgé de «jamanatigi» s’appelle Samba Niaré

Dans l’article intitulé «Familles fondatrices de Bamako : Titi Niaré intronisé 11è Jamanatigi», une erreur nous a fait dire que le contrôleur général de police à la retraite Mamadou Niaré dit Gari est le petit-fils le plus âgé de Titi Niaré qui a été intronisé, le samedi 7 février à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:50

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner