Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo (micro), s’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture
C’était à l’occasion du 1er Salon des
industries culturelles et créatives de l’Afrique de l’Ouest (SICCAO), organisé
par la Fondation Festival sur le Niger et le Réseau des opérateurs culturels du
Mali ou Réseau Kya, avec l’appui du Fonds d’aide à la création de la coopération
allemande donko ni maaya, le Fonds africain de la culture (ACF) et le Programme
AWA pour la culture de ACP-UE.
Le thème de cette importante rencontre était
intitulé : «Quels mécanismes de financement innovants pour l’émergence des ICC
en Afrique de l’Ouest ?». Trois types d’activités ont marqué cette première édition.
Il s’agissait d’abord d’un talk qui a permis à quatre acteurs culturels dont
les parcours peuvent servir d’exemple à la jeunesse, d’une table ronde avec de
nombreux acteurs venant d’horizons divers et des show cases de musique.
La cérémonie d’ouverture, présidée par le
ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du
Tourisme, Andogoly Guindo, a été l’occasion pour la directrice de ce 1er
SICCAO, Mme Diarra Bintou Boiré, de mettre l’accent sur la volonté de ce
secteur de se prendre en charge. Elle a estimé que la Fondation Festival sur le
Niger entend pleinement jouer son rôle dans l’émergence d’une culture qui
contribue à l’essor économique du Mali et du continent africain.
Quant au ministre Guindo, il a souligné l’adhésion
des autorités de la Transition à une telle démarche novatrice et qui fait de Ségou
un véritable hub culturel. Il a rassuré les organisateurs, les artistes et les
opérateurs culturels que l’appui de l’état ne leur fera pas défaut. Cette cérémonie d’ouverture a été suivie de la
visite d’une trentaine de stands d’opérateurs culturels, constitués
d’associations et d’entreprises qui œuvrent pour l’épanouissement des artistes
et leurs œuvres aussi bien dans notre pays qu’en Afrique. Cette exposition au
siège de la Fondation contient également des stands d’artistes plasticiens que
le ministre en charge de la Culture a visités.
Pour président de la Fondation Festival sur le
Niger, Mamou Daffé, c’est un rêve qui se réalise. à la veille de la 20è édition
du Festival, et après 3 années d’exercice du Programme AWA qui a permis de
financer plus de 450 projets culturels structurants en Afrique de l’Ouest, il a
pensé que le moment était venu de sensibiliser sur l’apport économique de la
culture dans nos états.
«C’est l’émergence des ICCC qui nous permettra
de faire de l’Afrique ce que nous voulons», c’est-à-dire mettre en place des
structures pensées par nous-mêmes pour répondre à nos besoins. Le directeur du Marché des arts du spectacle
d’Abidjan (MASA), Abdrahamane Kamaté, a aussi expliqué que nous devons aller
vers un marché qui génère des richesses en affrontant un certain nombre de défis
que sont l’intégration, la règlementation et la visibilité. Pour
lui, «le monde a évolué, il faudrait que nous apprenions à désaxer notre
regard. Les vrais marchés que nous cherchons pour nos productions sont désormais
en Asie».
Pour le président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mossadeck Bally, les opérateurs culturels doivent regagner son organisation. Il expliquera également que le poids de la culture n’est pas négligeable dans nos économies. Selon lui, un rapport de l’Union africaine (UA) a estimé en 2020 à 3% l’apport de la culture dans le Produit intérieur brut (PIB) des états africains. En effet, c’est là où les possibilités de financement sont vastes à travers notamment les banques. Le patron des patrons a proposé aux entrepreneurs culturels de penser à mettre en place des projets de financement avec les structures de micro finance, des fonds d’appui, du crowfonding ou financement participatif et de renforcer le paiement des droits d’auteurs.
Youssouf DOUMBIA
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