#Mali : Rokiatou Cissé : La passion de la photo

«C’est simplement une histoire d’amour entre la photographie et moi. L’image a marqué mon esprit depuis toute petite», explique Rokiatou Cissé sans autre forme de procès. Elle ne pratique pas la photographie, mais la vit plutôt.

Publié jeudi 04 juillet 2024 à 14:46
#Mali : Rokiatou Cissé : La passion de la photo

La détentrice du premier prix «Art et Paix»  est diplômée de l’Institut national des arts (INA): section Animation socioculturelle. Ce parchemin en poche, elle aurait pu exercer dans son domaine de compétence pour exprimer toute l’étendue de son talent d’animatrice, mais a simplement préféré pratiquer la photographie. Elle fait ses premiers pas dans cet art de fixer les images pour l’éternité avec le téléphone portable. Ces premiers essais ont été bien appréciés du voisinage et par tous ceux qui avaient eu l’opportunité de regarder ses images. Elle trouvait ainsi une motivation supplémentaire de faire le saut dans le monde «de l’art de Niepce et Nicéphore» (la photographie) pour sensibiliser, mais aussi toucher du doigt les préoccupations de ses compatriotes voire sublimer le décor naturel.

«Après ma formation à l’Institut,  j’ai évolué dans la couverture photographique des événements sociaux avant de me consacrer à la création artistique, explique Rokiatou Cissé. Chemin faisant, j’ai été aussi éprise de passion pour le métier de  journaliste, mais le destin en a décidé autrement pour l’instant».

 La photo est un moyen d’expression pour elle sans être devant une caméra. «J’ai fait mon baptême du feu dans la photographie, lors d’un mariage. Les difficultés étaient relatives au manque de matériels.

Parfois, je me sentais marginalisée dans le milieu compte tenu de mon statut de femme, parce qu’on avait l’impression que c’était exclusivement un métier réservé aux seuls hommes», relève la photographe. Pour moi, l’essentiel c’était de percer, car la photographie est un moyen de donner la parole à un pays même avec une seule photo. Donc, ma vision reste la même depuis le premier jour que j’ai décidé d’officier dans la photographie en lieu et place du cinéma. Pourtant, elle explique aussi qu’elle aurait aimé avoir une petite expérience dans ce domaine.

«Chaque fois quand je faisais des photos, les gens appréciaient et m’encourageaient. Ce qui a forgé en moi l’idée de devenir professionnelle dans l’art visuel», a dit l’artiste.  Je faisais des photos avec mon téléphone portable, faute de moyen de me procurer d’un  appareil photo. Cela a été le déclic de la passion que je continue de nourrir pour la photographie contemporaine.

Ainsi, j’ai décidé de me former pour pouvoir communier avec mon appareil. Ce qui m’a ouvert  plusieurs espaces pour m’exprimer, mais aussi alerter les décideurs sur les dangers qui guettent la société. à travers mes images, je sensibilise la population. Le regard de l’artiste porte le plus souvent sur des  thèmes d’actualité comme la paix, le vivre ensemble et surtout le vécu quotidien de la société malienne.

Rappelons que la photographe fait partie des 10 femmes retenues pour une masterclass internationale qui se tient depuis le  2 juillet dernier dans la capitale malienne.

Amadou SOW

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