Marché agricole : Instabilité des prix

Dans la semaine du 23 au 29 mars dernier, les prix des céréales ont connu des fluctuations. Celles-ci sont majoritairement en hausse sur les marchés ruraux, contre une légère baisse sur les marchés de consommation.

Publié mercredi 05 avril 2023 à 05:40
Marché agricole : Instabilité des prix

 Les prix pratiqués sur les marchés de consommation sont stables à 87%

 

 

Cette période d’observation a permis de constater que les prix collectés sur les marchés ruraux sont stables à 61%, en hausse à 31% et en baisse à 7%. Les prix pratiqués sur les marchés de consommation sont stables à 87%. Actuellement, la campagne de commercialisation 2022-2023 se trouve dans sa période intermédiaire, marquée par la poursuite des travaux de contre-saison et la reconstitution des stocks, notamment institutionnels, selon les statistiques de l’Observatoire du marché agricole (Oma). Il est à signaler que cette dernière activité est en retard pour la présente campagne de commercialisation. Toutefois, elle se poursuit selon les objectifs fixés par le gouvernement lors du conseil des ministres du 28 décembre 2022.

Ainsi, les achats institutionnels portent sur 35.000 tonnes de céréales pour le compte du Stock national de sécurité, 25.000 tonnes pour le Stock d’intervention de l’État et 7.500 tonnes pour le compte du Stock de sécurité alimentaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Le mois du ramadan est une période de forte consommation céréalière. Ce qui a gonflé les demandes d’achats sur les marchés. Pendant qu’on assiste à une quasi-inexistence des stocks de reports, dans un contexte de précarité de la population exacerbée par la crise mondiale suite au conflit russo-ukrainien, la persistance de l’insécurité et des conflits inter et intra-communautaires en plusieurs endroits du pays et l’inflation généralisée.

 

Équilibre entre l’offre et la demande- Sur les marchés de consommation, la tendance des prix à rester stables dénote d’un équilibre relatif entre l’offre et la demande. Cela est dû, selon l’OMA, aux actions en cours qui, tant bien que mal, arrivent à compenser le déséquilibre entre l’offre et la demande. Parmi ces actions, il y a la sécurisation des circuits commerciaux et des personnes et leurs biens en certains endroits du pays, la poursuite de l’assistance alimentaire aux populations vulnérables. à ceci, s’ajoute la mise en place par le gouvernement d’une Commission interministérielle de lutte contre la hausse des prix et de facilitation de l’approvisionnement du pays en intrants agricoles et produits de première nécessité.

Cependant, malgré le rappel des commerçants à respecter leurs engagements en ce qui concerne les prix, le renforcement des mesures visant à améliorer l’offre sur le marché, notamment la lettre circulaire de la direction générale des douanes qui suspend les exportations et les réexportations des céréales, les prix ne cessent de prendre l’ascenseur en ce mois de jeûbe musulman.

Durant la semaine du 23 au 29 mars, les variations de prix des céréales observées ont été surtout des hausses sur les marchés ruraux. Cette tendance dénote d’une baisse de l’offre par rapport à la demande en relation avec plusieurs facteurs, dont la baisse des ventes des producteurs (la majorité a pu régler ses besoins pécuniaires inhérents au ramadan), la priorité accordée par des producteurs à la vente des produits maraîchers particulièrement dans la zone Office du Niger et la poursuite des gestes de solidarité envers les populations vulnérables.

 

RÉgularité des flux- Sur le marché de Gao, principale source d’approvisionnement des autres marchés du Septentrion malien, les prix de gros à la vente des riz importés, du mil et du maïs ont été stables pendant la semaine écoulée. Ce comportement des prix, explique l’OMA, est due à l’amélioration de l’offre de riz importé et la régularité des flux de mil et de maïs entre les Régions de San et Gao.

Jusque-là, l’accord de cessation des hostilités entre la Khatiba Macina de Hamadou Kouffa et des notabilités des zones entre Sévaré et Gao qui a facilité l’acheminement, semble en vigueur. Cependant, la régularité des flux commerciaux entre San et Gao reste tributaire non seulement de l’état de l’axe routier Sévaré-Gao mais aussi et surtout de l’intermittence et de l’imprévisibilité de l’insécurité. Malgré ces difficultés, on note que l’état d’approvisionnement des marchés arrive à satisfaire globalement la demande, en cette période de campagne commerciale 2023.

Le prix le plus élevé du mil enregistrés sur les marchés ruraux en cette période durant les 5 dernières années, est de 275 Fcfa/kg. Ce niveau de prix est inférieur au maximum de 300 Fcfa/kg enregistré cette semaine à Kita. En cette période intermédiaire de campagne de commercialisation 2023, il est très peu probable que les prix de cette spéculation subissent encore des baisses. Le prix du kilogramme de sorgho est de 120 Fcfa.


Ce niveau est inférieur au prix le plus bas de 167 Fcfa enregistré cette semaine sur le marché rural de Diéma. Le prix au producteur le plus élevé collecté est de 240 Fcfa le kilogramme à Kita. En perspective, il n’est pas évident d’observer des baisses de prix de cette spéculation en cette période intermédiaire de la campagne de commercialisation 2022-2023, prévient l’Oma.

Quant au maïs, le prix du kilogramme est de 140 Fcfa. Ce niveau de prix est inférieur au prix le plus bas de 175 Fcfa enregistré à Loulouni, Yorosso, Bla, Dougouolo et San. Le prix au producteur le plus élevé cette semaine est de 225 Fcfa/kg à Kita. Les prix de cette spéculation continueront de subir des hausses saisonnières en cette période de campagne de commercialisation 2022-2023. Le prix du kilogramme du riz local Gambiaka est de 285 Fcfa. Ce niveau est inférieur au prix le plus bas de 415 Fcfa par kilogramme enregistré à Macina et à Sokolo. Le prix le plus élevé cette semaine est de 435 Fcfa/kg à Niono et Shiango.

 

Des prix globalement stables À Bamako- En perspective, dans la zone Office du Niger, principale zone de production rizicole du pays, les prix des riz locaux seront comparables à ceux des années moyennes. Car, les activités agricoles ont été réalisées dans un contexte d’insécurité qui a continué durant la campagne agricole qui vient de s’achever. Cette situation est aggravée par la hausse des prix des engrais et des hydrocarbures, note l’OMA.


Dans le District de Bamako, les prix à la consommation sont restés globalement stables. Les prix au détail couramment appliqués ont été de 300 Fcfa/kg pour le sorgho et le maïs, 350 Fcfa pour le mil et le sorgho/maïs pilés, 400 Fcfa pour le mil pilé, 450 Fcfa pour les riz brisés importés et pour les riz importés RM40 thaïlandais et vietnamiens, 500 Fcfa pour le riz local Gambiaka et le niébé et 800 Fcfa pour le fonio.

Durant les 5 dernières années, les prix au consommateur couramment pratiqués pour cette période dans la capitale, sont inférieurs au prix actuels du mil, du sorgho, du maïs, du riz local Gambiaka et des riz importés. Les prix au détail de cette semaine dépassent ceux couramment pratiqués au cours des 5 années écoulées. Malgré l’amélioration de l’offre des céréales locales sur les marchés, les prix restent relativement élevés, entrainant une augmentation de la pression de la demande sur les riz importés. Les prix de ces derniers dépassent leur niveau couramment pratiqué au cours des 5 dernières années, en dépit des exonérations faites par le gouvernement sur les importations de riz, déplore l’OMA.

Synthèse


Cheick Amadou DIA

Lire aussi : Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Lire aussi : Agriculture, élevage et pêche : De bonnes perspectives

Le Conseil de cabinet élargi des départements de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche et du Commissariat à la Sécurité alimentaire sur la validation du plan triennal de campagne agricole consolidé et harmonisé s’est tenu, mardi 17 mars, à la Direction des finances et de matériels .

Lire aussi : Le ministre des Mines à propos de la Brigade spéciale des mines : «Le gouvernement a créé cette brigade pour mener une lutte implacable contre les exploitations illégales des mines»

La création de la Brigade spéciale des mines a été adoptée lors du Conseil des ministres du 11 mars 2026. Dans cet entretien, le ministre des Mines, Amadou Keita, revient sur les motivations du gouvernement en mettant en place cette brigade. Il explique également l’organisation de cette no.

Lire aussi : Approvisionnement en carburant : Plus de 500 citernes réceptionnées, les autorités rassurent

Plus de 500 camions-citernes chargés d’hydrocarbures ont été réceptionnés ce vendredi 13 mars 2026 à l’Office malien des produits pétroliers (Omap). Cette opération vise à renforcer la disponibilité du carburant et à stabiliser l’approvisionnement du marché national, dans un contex.

Lire aussi : Affaire Wave : Le décryptage dE Mamadou Coulibaly

L’expert en audit stratégique des filières économiques soutient que la régulation du secteur du mobile money au Mali nécessite d’équilibrer la concurrence, d’harmoniser les tarifs et de renforcer la sécurité des consommateurs.

Lire aussi : Filière lait au Mali : Un potentiel de 2,55 millions de tonnes encore sous-exploité

La valorisation du lait local était au cœur d’une séance de travail tenue, jeudi dernier, dans les locaux du ministère de Élevage et Pêche. Cette rencontre a réuni le groupe de dialogue Élevage et Pêche, les acteurs du sous-secteur, ainsi que les autorités sectorielles avec pour objectif.

Les articles de l'auteur

Eau, hygiène et assainissement : Un pacte de durabilité qui engage tous !

Par cet acte, le gouvernement, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers, la société civile, le secteur privé sont désormais tenus par une seule responsabilité, celle de rendre durable, l’accès aux services d’eau, d’hygiène et d’assainissement.

Par Cheick Amadou DIA


Publié lundi 02 mars 2026 à 09:05

Extraction d’or dans les cours d'eau : Fini le laxisme !

La journée du vendredi 12 décembre 2025 marque la fin des opération de traque, de saisie et de destruction des engins artisanaux servant à la recherche de l’or dans les cours d'eau et sur leurs rives bordant les forêts, dans la Région de Bougouni. Plus d’une centaine de dragues et de machines «cracheur» ont été mises à feu au grand dam de leurs propriétaires.

Par Cheick Amadou DIA


Publié lundi 15 décembre 2025 à 10:14

Sauvegarde du fleuve Niger : La chasse aux dragues

Le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable mène une lutte implacable contre ces engins très polluants utilisés pour extraire l’or du fond des cours d’eaux. L’objectif est clair : retrouver toutes les dragues partout où elles se trouvent, les saisir et les détruire.

Par Cheick Amadou DIA


Publié jeudi 11 décembre 2025 à 08:50

Fonds vert pour le climat : L’ambassadeur Seyni Nafo au poste de co-pilote

Depuis janvier 2025, notre compatriote est le co-président du Fonds vert pour le climat (FVC) au nom des pays en développement, regroupant plus de 150 États dont le Mali. Le Green climate fund (GCF) en anglais ou le Fond vert pour le climat est la plus grande ressource financière multilatérale pour le climat au monde. Avec près de 60 milliards de dollars US (environ de 34.000 milliards de Fcfa) de portefeuille..

Par Cheick Amadou DIA


Publié jeudi 27 novembre 2025 à 08:45

BNDA-SFI : plus de 23 milliards de Fcfa pour soutenir les PME maliennes

L’hôtel Radisson Collection de Bamako a abrité, le jeudi 30 octobre, la cérémonie de signature de convention de financement entre la Banque nationale de développement agricole (BNDA) et la Société financière internationale (SFI). Par cette signature, la SFI met à la disposition de la BNDA plus de 23,341 milliards de Fcfa.

Par Cheick Amadou DIA


Publié lundi 03 novembre 2025 à 10:56

Paiement numérique : La BCEAO lance la PI-SPI

Cette plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI), permet d’envoyer et de recevoir de l’argent instantanément entre différentes banques, émetteurs de monnaie électronique, institutions de microfinances et établissements de paiement. Chaque citoyen de la zone Uemoa peut effectuer des opérations de transaction simples, sécurisées et facilement accessibles en quelques secondes, 24h sur 24 et 7 jours sur 7.

Par Cheick Amadou DIA


Publié mercredi 01 octobre 2025 à 09:08

Financement climatique : Une gestion «Kafkaïenne» des fonds

En 2015, à Paris, dans la capitale française, un Accord historique sur le climat a été adopté par 197 pays du monde. Il consacre un financement substantiel des actions de lutte contre le dérèglement climatique par les pays riches en faveur des plus pauvres, vulnérables au phénomène. La cagnotte, loin d’être remplie, est aussi soumise à une règle procédurale et administrative qui rend son accès difficile pour ses bénéficiaires.

Par Cheick Amadou DIA


Publié jeudi 14 août 2025 à 11:21

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner