Photo de famille des participants à la rencontre
Les travaux de ce dialogue stratégique étaient présidés par le ministre Youba Ba, en présence de l’ambassadeur du Royaume de Belgique au Mali et chef de file des partenaires techniques et financiers du groupe dialogue, Arnaud Dusaucy, du président de l’interprofession lait, Hamadoun Dicko.
Cette rencontre vise à approfondir la réflexion sur les défis de la filière et à formuler des recommandations pour améliorer la production et la valorisation du lait local. Elle intervient à la suite de la mis en place d’un groupe d’experts thématique chargé d’analyser la problématique et de proposer des pistes d’action. Après plusieurs mois de travaux, ce groupe a élaboré un rapport technique et une note de synthèse présentant les principaux défis, les messages clés et les axes prioritaires d’intervention.
Ainsi, les travaux ont confirmé l’importance du potentiel laitier national, tout en mettant en évidence la forte dépendance du pays aux importations. Selon les données de l’Institut national de la statistique (Instat), les importations de lait et produits laitiers, hors beurre et fromages, ont atteint près de 4,6 milliards de Fcfa au quatrième trimestre de 2024. Les analyses du groupe d’experts font également ressortir plusieurs défis majeurs, notamment la faible productivité animale, l’insuffisance d’infrastructures de collecte et de conservation du lait, ainsi que la concurrence des produits importés à bas coût.
Pour améliorer la compétitivité du lait local, les experts recommandent notamment de renforcer la production à la base à travers une meilleure alimentation du bétail, l’accès à l’eau, l’amélioration de la santé animale et de la génétique. Ils préconisent également de structurer la collecte du lait, de soutenir la transformation locale à travers les mini-laiteries et de renforcer les organisations de producteurs, notamment l’interprofession Amafilait.
Le rapport du groupe d’experts propose, en fin, un plan d’action articulé autour de cinq axes prioritaires, à savoir le renforcement de la production laitière, l’amélioration de la collecte et de la transformation, le développement de circuits de commercialisation modernes, l’amélioration du cadre institutionnel et réglementaire, le renforcement des capacités des acteurs et la promotion du lait local auprès des consommateurs.
L’ambassadeur du Royaume de Belgique au Mali, Arnaud Dusaucy, a indiqué que le groupe de dialogue Élevage-Pêche s’inscrit dans le cadre du Groupe exécutif de coordination (GEC), chargé d’animer le dialogue sectoriel entre les partenaires techniques et financiers et la partie nationale. Ce groupe relève du groupe thématique «Économie inclusive et durable», co-piloté par l’ambassade de Belgique et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao).
Quant au ministre Youba Ba, il a rappelé la place stratégique de l’élevage et de la pêche dans l’économie nationale. Selon lui, l’élevage contribue à près de 19 % du Produit intérieur brut (PIB) national et constitue la principale source de revenus pour plus de 30% de la population malienne. Quant à la pêche, elle occupe 7,2 % de la population et contribue à hauteur de 4,2 % au PIB.
Malgré ce potentiel, les performances des sous-secteurs de l’élevage et de la pêche restent insuffisantes. Le ministre a notamment évoqué la faible productivité des systèmes de production, leur vulnérabilité aux aléas climatiques, la faible performance des races locales et le niveau encore limité de transformation des produits d’élevage et de pêche.
À cela s’ajoutent la réduction des espaces pastoraux, la récurrence de certaines maladies animales et, dans le domaine halieutique, l’ensablement des milieux aquatiques et l’insuffisance d’infrastructures. S’agissant de la filière laitière, le ministre Youba Ba a souligné que le Mali dispose d’un potentiel estimé à 2,55 millions de tonnes de lait par an. Toutefois, seulement 44 % de ce potentiel est actuellement exploité, ce qui rend le pays fortement dépendant des importations de lait en poudre.
Face à ces défis, le ministre a indiqué que son département ambitionne de développer des systèmes de production animale et piscicole plus intensifiés et résilients, capables d’alimenter une industrie de transformation répondant aux normes internationales. Cette orientation s’inscrit, selon lui, dans la Vision 2063 «Mali Kura ɲɛtaa sira ka bɛn san 2063 ma» et dans la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (Snedd) 2025-2029.
Makan SISSOKO
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