#Mali : Terrorisme et sécurité : De New-York à Bamako

Quelques rapprochements entre les attaques du 11 septembre 2001 aux USA et celles du 17 septembre 2024 à Bamako peuvent s’imposer à certaines échelles. Les deux forfaits ont été commis le même mois, septembre. Même si 23 longues années les séparent, l’objectif visé reste le même

Publié mercredi 02 octobre 2024 à 17:21
#Mali : Terrorisme et sécurité : De New-York à Bamako

Le 11 septembre 2001, les tours jumelles (Twin Tours) de New York et le Pentagone ont été la cible de la plus grande attaque terroriste jamais enregistrée sur le territoire des États-Unis d’Amérique. C’est l’émoi et la surprise à travers le monde. Car personne, y compris les plus grands experts des questions sécuritaires ne s’attendaient à ce que les poumons de l’économie mondiale, le cœur de la sécurité intérieure et extérieur des USA soient ciblés et atteints si efficacement. Les médias n’ont pas le choix. Ils se doivent, actualité oblige, de couvrir, de rendre compte, d’analyser, de décortiquer par les meilleurs experts disponibles les faits qui viennent de se produire au cœur même de la première puissance militaire et économique du monde.

Ben Laden, le cerveau (?), ses ouailles et ses commanditaires ne pouvaient que se réjouir de l’attention du monde sur eux. Les grandes chaînes de télévision (CNN, BBC, VOA, DW, France 24, entre autres), les agences de presse les plus cotées et les plus grandes (Reuters, AP, AFP, etc.), les tabloïds et les magazines les plus lus dans le monde (El Pais, Le Monde, Washington Post, New York Time, The Guardian…) ont titré pendant des semaines sur les attaques de New York. Faisant ainsi des terroristes qui ont commis le forfait le centre des intérêts de la planète Terre. C’est un coup reçu par et pour les terroristes, notamment la nébuleuse Al-Qaïda.

La publicité a été assurée au prix de plusieurs vies humaines et des dégâts matériels d’une ampleur évaluée à des millions, voire des milliards de dollars américains. Autant on a pleuré du côté des victimes et regretté des pertes économiques colossales, autant on a ri du côté des criminels aveugles qui se sont assurés d’une plus grande «visibilité» sur les médias du monde. 

Quelques rapprochements entre les attaques du 11 septembre 2001 aux USA et celles du 17 septembre 2024 à Bamako peuvent s’imposer à certaines échelles. Les deux forfaits ont été commis le même mois, septembre. Même si 23 longues années les séparent, l’objectif visé reste le même. Un rapprochement des cibles peut également être fait. Aux USA, le Pentagone et les Twin Tours ont fait les frais de la barbarie terroriste.

Au Mali, la gendarmerie et l’aéroport ont été visés et atteints avec des pertes en vies humaines, côté armée. L’on n’a pas encore eu droit à un bilan chiffré du côté des assaillants. Mais nous savons à partir des réseaux socionumériques que beaucoup ont été tués ou capturés comme le fut Ben Laden et certains de ses lieutenants.

En Amérique, avec la destruction des tours jumelles, certains économistes ont craint un krach comme celui de 1929. Au Mali, l’Aéroport international président Modibo Keita Sénou, avec des dégâts en cours d’évaluation, il est possible d’en déduire que l’économie de guerre que les Maliens vivent depuis un certain temps va ressentir le coup. 

Pour revenir en arrière, autant le Pentagone symbolise la puissance américaine, autant la Base aérienne de Sénou est pour les Maliens le symbole de leur puissance de feu face aux enjeux de l’heure. Autant, les dégâts ont été importants et les pertes en vies humaines significatives, autant au Mali la population a vécu dans sa chair la douleur de voir des jeunes gens en formation mourir avec leurs souhaits et leurs ambitions, du matériel chèrement acquis se transformer en cendre. Mais au-delà du sang et des larmes, l’on est en droit de se poser la question sur le choix des écoles de gendarmerie par les terroristes appelés injustement djihadistes.

Plusieurs hypothèses peuvent être posées pour répondre à cette question. La première découle de la date du jour de l’attaque. La gendarmerie malienne a été officiellement créée un 17 septembre. C’est un jour qui la rend fragile, puisqu’au lieu de se concentrer sur ses missions sécuritaires, elle a plutôt l’esprit à la fête, à la parade qu’à la vigilance nécessaire et obligatoire par ces temps de guerre.

À notre avis qui est loin de celui des experts, faut-il le rappeler, les actions terroristes découlent non seulement de la volonté de saper le moral des citoyens maliens, mais aussi de se faire, comme maintes fois évoqué ici, de la publicité. Nul n’ignore en effet que la gendarmerie est un corps d’élite, selon sa définition, formée d’officiers et de sous-officiers. C’est dire que les gendarmes sont militairement bien formés. En plus, ils assurent la prévôté et certains d’entre eux sont des officiers de police judiciaire indispensables au bon fonctionnement de la justice. La frapper dans son centre de formation est un défi majeur pour les terroristes qui mesurent le boucan qui sera fait autour de leur action.

Autant frapper la gendarmerie assure une publicité aux méchants, autant le faire à la zone aéroportuaire affublerait au crime la dénomination d’action d’éclat des terroristes. Nerf stratégique de la lutte actuelle contre leurs exactions sur les populations et leur occupation illégale du territoire national, l’aéroport de Bamako constitue également la porte d’entrée et de sortie des visiteurs du Mali. Réussir à y commettre un forfait, un crime doit-on dire, reviendrait à écorner très sérieusement l’image du Mali et de l’AES devant leurs détracteurs et leurs ennemis au sein de la communauté internationale. 

Les Maliens n’ont pas été surpris d’entendre des médias favorables aux terroristes débiter : «Des aéronefs ont été sérieusement endommagés» comme s’ils s’en réjouissaient. Tous propos qui vont dans le sens souhaité et applaudi par les commanditaires et les sponsors du terrorisme international dont certains, en réalité des faire-valoir de certaines puissances, ont poussé le toupet jusqu’à s’en enorgueillir.

Il y a lieu de s’interroger, même si certaines réponses ont été données par des terroristes mêmes arrêtés le même jour, sur la facilité avec laquelle les adeptes de Satan ont pu pénétrer dans des endroits normalement hyper sécurisés.

(Suite et fin dans notre

prochaine parution)

Gamer A. DICKO

Rédaction Lessor

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