De son vrai nom Takaty Simpara, Tatishka La
Slameuse, née le 16 janvier 1996 à Bamako, est une artiste engagée dont les
textes audacieux enflamment les réseaux sociaux depuis plus d’un an. Major de
sa promotion à l’Institut national de formation en sciences de la santé du
Mali, filière Sage-femme d’état, elle choisit pourtant de suivre sa passion
pour la littérature et le slam. Dotée d’une prestance captivante et d’un engagement
sans faille, elle a remporté de nombreux trophées et distinctions nationaux,
dont le prestigieux premier prix de la «Maxi vacances» organisée par l’Ortm.
Celle-ci a toujours été un bouclier qui
protège contre les ennemis de la paix. Quand ça ne vas pas ce sont les
militaires qui répondent au devoir de mobilisation sur le front pour que leurs
compatriotes puissent jouir de la liberté et de la tranquillité d’esprit. Cela
souvent au prix de leur vie. En tant qu’artiste et n’ayant que ma plume et ma
bouche, j’ai jugé nécessaire de dédier un slam à nos braves militaires pour les
encourager dans l’accomplissement de leur mission de défense de la patrie, a
succinctement expliqué la slameuse. Elle exprime aussi la conviction que le
slam peut aider à mobiliser pour l’Armée malienne. Selon l’artiste, tout le
monde peut constater que, depuis la montée en puissance des Forces armées
maliennes (FAMa), la peur a changé de camp. En effet, l’Armée malienne, bien
équipée et mise dans les meilleures conditions a pris le dessus.
L’artiste qui se découvre un talent de stratège militaire explique que «dans cette situation, l’ennemi ne peut que tenter des coups désespérés pour affoler la population et par conséquent camoufler le triomphe de nos soldats». Alors le slam, en tant qu’art vivant, peut permettre de tenir la population informer, de la sensibiliser et surtout de l’amener à garder confiance à son armée, d’où la mobilisation autour de l’idéal par le biais du slam.
Comment explique-t-elle le choix de Dr Keb
pour l’accompagner dans cette chanson. La slameuse explique avoir trouvé en lui
«un artiste complet». Ses textes sont très souvent conscients et engagés, toute
chose que le slam réclame surtout.
Mieux, Tatishka a vu en ce rappeur un grand
patriote et un amoureux du Mali. C’est au regard de tout ça, qu’elle a immédiatement pensé à lui dès la
fin de l’écriture de son texte.
Quand on lui pose la question de savoir
comment est-ce qu’elle est arrivée à cet art oratoire qu’est le slam, la
réponse fuse : «j’ai toujours aimé les trucs littéraires et mes genres
préférés étaient la poésie et les nouvelles». Elle prenait donc le temps
d’écrire sur son téléphone portable. Par la suite, elle faisait la lecture
qu’elle enregistrait sur un dictaphone... À chaque fois, elle la montrait à un
ami slameur qu’elle surnomme Job. Celui-ci y voyait plutôt du slam au lieu de
la poésie. Il insistait pour que Tatishka comprenne qu’elle faisait du slam
sans le savoir.
Pour autant, elle ne connaissait pas vraiment le slam. Pour la convaincre, Cet ami qui a décelé en elle cette disposition à briller dans le slam lui envoyait régulièrement des liens vers les slameurs du monde... «Ma première fois d’écouter le slam, c’était un texte de Grand corps malade, et je me suis dis bah ! » Ça ressemble vraiment à ce que je fais. C’était vraiment agréable !» C’est donc dû à la détermination sans faille de ce frère de plume qu’elle est devenue aujourd’hui slameuse. Mais la personne qui lui a administré le virus du slam est un slameur malien du nom de Sory Diakité alias Saccharose buccal agréable. Bref, c’est à la suite de ça, qu’elle a décidé de suivre une formation sur le slam à l’école du slam (un projet de Jeuness’art) .
Youssouf DOUMBIA
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