#Mali : Sirakoro Mèguètana : quand l’hivernage fait le lit de l’insécurité

Dans ce quartier de la Commune VI du District de Bamako, les vols à main armée, les braquages, les cambriolages perturbent le quotidien de la population. Les forces de police tentent de juguler le problème avec les moyens du bord

Publié mercredi 30 octobre 2024 à 20:49
#Mali : Sirakoro Mèguètana : quand l’hivernage fait le lit de l’insécurité

Fin septembre 2024, deux adolescentes qu’on surnomme Mimi et Anna, rentraient chez elles à Sirakoro Mèguètana après une journée ordinaire. À seulement 300 mètres de leur domicile, elles ont été brutalement agressées par deux hommes venus à moto. Ils étaient armés et déterminés à s’emparer de leur engin. L’un des agresseurs a exigé que les deux jeunes filles descendent de la moto, brandissant une arme pour les intimider.

Saisies d’une peur paralysante, elles n’ont eu d’autre choix que d’obéir. Dans cette situation terrifiante, leur présence d’esprit et leur instinct de survie ont été mis à rude épreuve, illustrant la vulnérabilité à laquelle de nombreuses personnes peuvent être confrontées dans des circonstances similaires.

Cette agression effarante qui s’est déroulée en septembre dernier, illustre la dure réalité de l’insécurité qui règne à Sirakoro Mèguètana, surtout pendant l’hivvernage. Les témoins, surpris par la rapidité de l’attaque des deux adolescentes, n’ont pu réagir qu’après le départ des assaillants. 

Traumatisées par cette expérience, Mimi et Anna ont rejoint leur grand-mère en état de choc, se confiant sur la peur intense qu’elles ont ressentie face à des individus armés et déterminés. Cet événement douloureux soulève des questions sur les mesures de sécurité dans les quartiers de Bamako et ses environs.

 

UN QUARTIER DE TOUS LES RISQUES- La situation à Sirakoro Mèguètana illustre un problème de sécurité préoccupant qui affecte de nombreux quartiers de la capitale dont la croissance démographie est galopante. L’insécurité, en particulier durant la période d’hivernage, exacerbe les craintes des résidents qui sont constamment sur le qui-vive face aux braqueurs, cambrioleurs et autres bandits armés.

D’après certains habitants de Sirakoro Mèguètana, les patrouilles fréquentes de la police, l’installation d’éclairage public et le recrutement des vigiles à domicile pourraient instaurer la sécurité et la paix dans ce quartier. Celui qu’on désigne Sangaré, un homme vigilant et dévoué, avait passé la nuit à monter la garde, croyant fermement que sa présence suffisait à dissuader toute menace dans sa maison.

Après avoir accompli sa prière nocturne, il s’était enfin autorisé un peu de repos, convaincu que son habitation était en sécurité. Mais à son réveil, il fut confronté à une réalité inquiétante : les deux téléviseurs écran plat ont mystérieusement disparu. Sangaré était très affecté par ce vol audacieux qui s’est produit sous son nez.

Les incidents de vol à main armée tels que ceux décrits pour les familles Sidibé et Diallo, soulignent la nécessité cruciale de renforcer la sécurité à domicile et surtout de sensibiliser les familles aux mesures préventives. Les Sidibé, confrontés à une intrusion violente à l’aube dans leur domicile, ont dû céder leurs biens pour préserver leurs vies face à des criminels dangereux et déterminés. De même, la famille Diallo, malgré la présence de deux chiens de garde et de caméras de surveillance à la maison, a subi un vol en plein jour. Cela prouve que même les mesures de sécurité visibles peuvent être contournées par des bandits aguerris.

  La situation décrite par Mamadou Keita, le muezzin de la grande mosquée du quartier, met en lumière un problème de sécurité qui préoccupe profondément les fidèles musulmans. Les vols à répétition dans ce lieu de culte ont fini par créer un climat de suspicion. Les uns se méfient désormais des autres. La situation est arrivée à un point que les fidèles ont pris une décision à la limite rocambolesque : retirer chaque soir la batterie du corbillard pour la mettre en sécurité chez l’imam.

 

APPEL À LA PRUDENCE- À Sirakoro Mèguètana, les bandits ciblent également les motocyclistes, particulièrement ceux qui circulent vers le crépuscule. Les agressions sont surtout fréquentes sur l’axe principal reliant Sirakoro Mèguètana à Yirimadjo. Du mois d’août à nos jours, plus d’une dizaine de personnes ont été dépossédées de leurs motos par des malfaiteurs. Ces derniers n’épargnent pas non plus les piétons dont les sacs et les téléphones sont arrachés.

 La plupart de ces agressions se font sur la voie qui relie le marché principal de Sirakoro au marché  «Mokosaba Sougouni» en passant par la Cité Sougou. Fatou Maïga en a été victime. Elle subit toujours les traumatismes lorsque les malfaiteurs lui ont arraché son sac avec une rare violence. «Le plus important est que je suis toujours en vie. Ce n’est pas le bien matériel qui importe. J’ai perdu mon sac mais je peux en avoir», dit-elle avec philosophie.

La situation de criminalité à Sirakoro Mèguètana semble dépasser les capacités des forces de l’ordre qui sont sur place. Malgré les efforts du commissariat de police de la zone, les vols et les agressions continuent de proliférer, souvent perpétrés par des jeunes délinquants qui ont choisi la voie de la facilité.

Ceux-ci qui opèrent souvent en groupes, semblent profiter de la vulnérabilité de leurs victimes pour s’emparer de leurs biens, notamment des engins à deux roues. Renforcer la présence policière, sensibiliser les jeunes délinquants aux conséquences de leurs actes et encourager des alternatives constructives pourraient être des pistes à explorer pour rétablir la sécurité et l’ordre à Sirakoro.

Maïmouna SOW

Lire aussi : Victimes du terrorisme : Le statut de Pupilles de la Nation accordé aux enfants des conducteurs de citernes

Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a présidé ce vendredi 13 mars la remise officielle des cartes de pupilles à 31 enfants de chauffeurs et apprentis conducteurs de citernes, décédés lors d'attaques terroristes durant le transport d'hydrocarbures. La cérémonie s'e.

Lire aussi : Ravitaillement en gasoil : Un plafond de 600 litres pour les camions pendant 72 heures

Le Centre de coordination et de gestion des crises (CECOGEC) informe l'opinion publique et les transporteurs qu'à compter de ce vendredi 13 mars 2026, un rationnement du ravitaillement en gasoil des véhicules gros porteurs est instauré..

Lire aussi : Spéculation autour de pénurie d´essence: Le Cecogec met en garde les auteurs

Dans un communiqué datant de ce vendredi 13 mars, le Centre de coordination et de gestion des crises et catastrophes ( Cecogec ) dit avoir constaté avec un grand étonnement une subite ruée des populations vers les stations-services pour s'approvisionner en essence..

Lire aussi : Service national des jeunes : Plusieurs activités réalisées en 2025

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a présidé, hier, dans la salle de conférences du stade Mamadou Konaté, l’ouverture des travaux de la 9ᵉ session ordinaire du conseil d’administration d.

Lire aussi : Pharmacie populaire du Mali : Des résultats encourageants face aux défis

Malgré les impacts négatifs des inondations de 2024, la Pharmacie populaire du Mali (PPM) travaille d’arrache-pied pour assurer sa mission qui est la disponibilité des produits de santé de qualité. Cette mission est assurée à hauteur de souhait avec 75% de taux de disponibilité en moyenne .

Lire aussi : Laboratoire central vétérinaire : Une production de 55 millions de doses de vaccins attendue en 2026

En 2025, le LCV a réalisé un taux de production de vaccins de 70,07 %, soit un total de 42.039.000 doses.

Les articles de l'auteur

Laboratoire national de la santé : La sentinelle égale à elle-même

Laboratoire national de la santé (LNS) a tenu la 36è session ordinaire de son conseil d’administration. La réunion a été présidée par le conseiller technique en charge de la pharmacie, des laboratoires et de la recherche au ministère de la Santé et du Développement social, Pr Abdelaye Keïta, en présence du directeur général de l’établissement, Dr Seydou Moussa Coulibaly, et des administrateurs..

Par Maïmouna SOW


Publié lundi 02 mars 2026 à 09:12

Fonds de solidarité nationale : Des actions de solidarité, malgré les difficultés

Le Fonds de solidarité nationale (FSN) a tenu la 25è session ordinaire de son conseil d'administration, vendredi dernier à son siège. La réunion était présidée par le président du conseil d’administration, Sayon Doumbia, en présence du directeur du FSN, Modibo Koné, et des administrateurs..

Par Maïmouna SOW


Publié lundi 23 février 2026 à 08:57

Soutiens aux couches vulnérables : FSN et LWR omniprésents

Le Fonds de solidarité nationale (FSN), en partenariat avec Corus international, a organisé, vendredi dernier dans ses locaux, une cérémonie de remise de dons..

Par Maïmouna SOW


Publié mardi 10 février 2026 à 08:37

Universités de Sikasso et Ségou : Une réelle bouffée d’oxygène

À l’intérieur du pays, ces institutions publiques enlèvent une véritable épine du pied des populations locales en termes d’offres de formation. L’Université de Sikasso dont un seul institut est opérationnel pour l’instant, est en chantier et coûtera environ 53 milliards de Fcfa sur budget d’État. Celle de Ségou est la première université publique à voir le jour en dehors de la capitale.

Par Maïmouna SOW


Publié lundi 12 janvier 2026 à 08:56

École supérieure de journalisme : Des résultats appréciables

L’École supérieure de journalisme et des sciences de la communication, (ESJSC), a tenu, hier, la 9° session de son conseil d'administration. L’ouverture des travaux a été presidée par la representante du ministre de l’Enseignement superieur et de Recerche scientifique, Mme Coulibaly Fanta N’Diaye Sylla, en présence du directeur de l’ESJSC, Aboubacar AbdoulWahidou Maïga..

Par Maïmouna SOW


Publié mercredi 31 décembre 2025 à 08:49

École fondamentale de Fougadougou : trois salles de classe réhabilitées et un bloc de latrines construit

La cérémonie de réception provisoire des travaux de réhabilitation de trois salles de classe et la construction d’un bloc de latrines VIP et BF à l’école de Fougadougou a eu lieu, jeudi dernier dans la Commune rurale de Tienfala..

Par Maïmouna SOW


Publié mardi 23 décembre 2025 à 08:22

Élimination des violences à l’égard de la femme : Des avancées mais des défis

À l’instar de la communauté internationale, notre pays a commémoré la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Le clou a été une conférence-débat organisée, hier au siège de la Coordination des associations et ONG féminines (Cafo)..

Par Maïmouna SOW


Publié vendredi 05 décembre 2025 à 10:46

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner