Grand musée égyptien : un cadeau de l'Égypte au monde

Inauguré le 1er novembre dernier, le Grand musée égyptien est le plus grand musée jamais construit au monde. L’institution rappelle à l'humanité ses racines communes et son avenir commun

Publié mardi 06 janvier 2026 à 10:06
Grand musée égyptien : un cadeau de l'Égypte au monde

Une imposante statue de Pharaon à l’entrée du musée

 

Pendant des décennies, le monde a attendu le moment où les portes du Grand musée égyptien s'ouvriraient enfin à l'humanité. Le 1er novembre dernier, ce rêve est devenu enfin réalité. Cette date n’a pas marqué simplement l'ouverture d'un musée, elle a été aussi l'aube d'une nouvelle ère pour la culture mondiale. Pour moi, elle a représenté l'aboutissement d'années d'espoir, de vision et de dévouement sans faille à offrir à l'Égypte, et au monde, un musée digne de notre civilisation antique. Partout où j'ai voyagé, de New-York à Tokyo, de Paris à Buenos Aires, la question a toujours été la même : « quand le Grand musée égyptien ouvrira-t-il ses portes ? ». Cette question reflétait non seulement la curiosité, mais aussi la profonde fascination du monde pour le passé intemporel de l'Égypte. Le Grand musée égyptien a captivé l'imagination mondiale bien avant même l'ouverture de ses portes, et maintenant l'attente est terminée.


Une journée d'importance mondiale

Le 1er novembre 2025 a été commémoré comme un évènement culturel marquant du 21è siècle. Ce jour-là, l'Égypte a dévoilé au monde un musée unique en son genre, une merveille architecturale et un monument vivant à la gloire de l'humanité. La grande inauguration du musée a réuni des dirigeants, des érudits et des visiteurs de tous les continents, tous rassemblés au pied de la grande pyramide de Gizeh pour célébrer l'esprit indéfectible de la civilisation.

Mais cette ouverture revêt une signification plus profonde qu'une simple cérémonie. Elle symbolise la paix, la persévérance et le message de l'Égypte au monde : même au milieu des troubles, la culture perdure ; le savoir et le patrimoine sont plus forts que les conflits ; et l'Égypte demeure la gardienne des plus anciens trésors de l'humanité.

De l'ouverture à l'essai au triomphe


En octobre 2024, une ouverture limitée a eu lieu pour des visiteurs triés sur le volet. Cette « ouverture en douceur » a permis aux Égyptiens et à quelques invités de découvrir certaines sections du musée, mais il ne s'agissait pas de la grande inauguration que l'Égypte avait envisagée. La décision du gouvernement de reporter la célébration internationale complète était d'ordre moral. À cette époque, le Moyen-Orient était secoué par les violences en cours à Gaza et au Liban, et l'Égypte ne pouvait pas, en conscience, organiser un évènement mondial fastueux alors que du sang innocent était versé.

Le Premier ministre, le Dr Mostafa Madbouly, a clairement exprimé la position du gouvernement : l'Égypte attendrait que la paix règne dans la région avant d'organiser l'inauguration complète que mérite un tel musée. Cette décision reflétait non pas de l'hésitation, mais de l'humanité. Elle affirmait le soutien indéfectible de l'Égypte à la justice et sa conviction profonde du droit de tous les peuples à vivre en paix. L’année dernière alors que le monde se tournait vers un nouveau chapitre, l'Égypte a dévoilé le Grand Musée égyptien à tous, une institution qui rappelle à l'humanité ses racines communes et son avenir commun.

La naissance d'une vision



Beaucoup ignorent peut-être l'histoire de la naissance de ce rêve. Le Grand Musée égyptien n'est pas seulement le plus grand musée jamais construit pour abriter une seule civilisation, il est aussi la concrétisation d'une vision qui a débuté il y a plus de vingt ans. Le mérite du choix de son emplacement magnifique revient à mon cher ami, l'artiste et ancien ministre de la Culture, Farouk Hosny. Il a insisté pour que le musée soit construit là où les symboles éternels de l'Égypte, les pyramides, pourraient veiller sur lui. Il croyait, comme moi, que l'Égypte, berceau de la civilisation, méritait un monument culturel visible depuis la dernière merveille du monde antique encore debout.

En 2002, un concours international d'architecture a été lancé pour concevoir le musée. Plus de deux mille propositions ont été soumises du monde entier. Le projet lauréat, conçu par un architecte chinois basé à Dublin, en Irlande, a été choisi pour son harmonie poétique avec le plateau de Gizeh. La façade du bâtiment, formée d'albâtre translucide, capte la lumière du désert, faisant écho à la géométrie des pyramides sans les imiter. C'est un projet tourné vers l'avenir tout en honorant le passé - un musée en dialogue avec l'éternité.

Construire le rêve

La construction a commencé par la création des laboratoires de conservation et des installations de stockage, au cœur de la mission scientifique du musée. Ceux-ci ont été construits selon les normes internationales les plus élevées. Les fonds qui ont rendu cela possible provenaient, en partie, des expositions internationales des trésors de Toutankhamon, que j'ai organisées pendant mon mandat de secrétaire général du Conseil suprême des antiquités. Ces expositions ont permis de récolter environ 120 millions de dollars, qui ont été utilisés pour acheter le meilleur équipement de conservation et pour former une nouvelle génération d'experts égyptiens.