La conférence était
animée par la représentante de la Cafo, Mme Diawara Fatimata Ousmane Diawara
L’activité a réuni des autorités politiques,
administratives et judiciaires, des partenaires techniques et financiers, des
leaders communautaires et traditionnels ainsi que des représentants des
organisations de femmes et de jeunes. La conférence était animée par la
représentante de la Cafo, Mme Diawara Fatimata Ousmane Diawara, qui avait à ses
côtés le représentant du Famoc, Mohamed Ahdellchi Elkhall, et celui du Centre
d’assistance et de promotion des droits humains (CapDH), Abdoulaye Doucouré.
L’édition 2025 est célébrée sous le thème : «Innovation du Code
pénal : regards croisés sur les violences basées sur le genre».
Mme Diawara Fatimata
Ousmane Diawara a expliqué que le Mali dispose désormais d’outils juridiques
adaptés pour protéger les femmes contre les violences, y compris celles
commises dans l’espace numérique. La loi relative à la cybercriminalité
constitue un cadre essentiel pour prévenir et sanctionner les infractions en
ligne telles que le harcèlement, la diffusion non consentie de contenus et les
atteintes à la vie privée.
En parallèle,
éclaire-t-elle, le nouveau Code pénal intègre explicitement, et pour la
première fois, les violences basées sur le genre, qu’elles soient physiques,
psychologiques, sexuelles ou numériques, et prévoit leur répression. La
combinaison de ces instruments offre un cadre cohérent et moderne, permettant
de protéger les victimes, de responsabiliser les auteurs et de renforcer
l’efficacité de l’action publique et communautaire contre toutes les formes de
violences faites aux femmes.
Quant à Abdoulaye Doucouré,
il a souligné que malgré ces avancées, les violences basées sur le genre
demeurent préoccupantes. Les femmes continuent d’être exposées à des violences
physiques, sexuelles, psychologiques et économiques, auxquelles s’ajoutent
désormais les violences numériques, la propagation de fausses informations,
campagnes de dénigrement, menaces, publications non autorisées de contenus
intimes, etc. À le croire, les statistiques nationales illustrent l’ampleur du
phénomène.
Selon l’Énquête
démographique et de santé (EDSM VI 2018), près de la moitié des femmes âgées de
15 à 49 ans ont subi au moins une forme de violence. Les crises sécuritaires et
sociopolitiques ont également entraîné une recrudescence des violences
sexuelles, avec 1.151 cas documentés en 2022 par les Nations unies et leurs
partenaires.
Face à cette situation,
résume le représentant de Cap DH, il est indispensable de renforcer les efforts
d’information, de formation et de sensibilisation, afin de faciliter la
compréhension des innovations du nouveau Code pénal et de promouvoir une
culture numérique responsable et égalitaire. Elle vise à contribuer au
renforcement de la protection des droits des femmes pour leur épanouissement
social et économique et leur participation à la gestion des affaires publiques.
C’est dans cette dynamique
que le CapDH, en collaboration avec la Coordination des associations et ONG
féminines (Cafo) et l’appui du ministère des Affaires étrangères du Danemark à
travers le Famoc II, commémore la Journée, a déclaré Mohamed Ahdellchi Elkhall.
Et de renchérir : «Notre ambition est de
contribuer au renforcement de la protection des droits des femmes et des
filles, afin de promouvoir leur épanouissement social, économique et leur
participation active à la vie publique». L’activité s’est déroulée sous forme
de panels animés par des experts engagés dans la protection des droits des
femmes et a surtout été marquée par des interactions avec les participants sur
les avancées contenues dans le nouveau Code pénal, tout en mettant en exergue
les défis et les pistes de solutions.
Maïmouna SOW
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