#Mali: Port des verres corrigés : À faire uniquement sur prescription de spécialistes

Les étiquettes qui sont collées sur les verres ne correspondent pas souvent aux lentilles. Et le non renouvellement peut être à l’origine d’autres maladies comme des céphalées intenses

Publié lundi 08 avril 2024 à 05:32
#Mali: Port des verres corrigés : À faire uniquement sur prescription de spécialistes

Remise de verres à un jeune homme atteint d’albinisme (Photo d’archives)

 

Les ophtalmologistes n’ont toujours conseillé le port des verres corrigés qu’après consultations ophtalmologiques, autrement dit sur prescription médicale. Malheureusement, ces précieux conseils des spécialistes semblent être tombés dans des oreilles  de sourdes puisque certaines personnes par simple galanterie s’y mettent sans vraiment savoir de quoi ça retourne. D’autres, bien-sûr des personnes atteintes de troubles de la vision ou d’autres anomalies en portent sur recommandation des ophtalmologistes et avec des lentilles qui leur correspondent.

Pourtant, on n’a pas besoin d’être médecin ophtalmologiste pour savoir que porter des verres corrigés au hasard peut détériorer davantage la vision des personnes qui se prêtent à ce phénomène de mode. Or l’usage des verres corrigés doit répondre à des indications et les spécialistes, naturellement les ophtalmologistes sont les mieux placés pour les recommander ou pas. 

Pour Mariam, étudiante en médecine, il faut impérativement un avis médical. «Personnellement, je porte des verres corrigés depuis l’âge de 10 ans parce que ma vue se détériorait progressivement. Et sans les verres corrigés, c’est évident que je n’aurais pas pu continuer les études», explique a-t-elle. Pour qui comme pour beaucoup d’autres personnes, les verres corrigés sont devenus essentiels pour leur permettre soit d’étudier, soit de travailler normalement. Et ce n’est pas Seydou Sanghanta qui porte des verres aussi depuis le bas âge qui dira le contraire.  Celui-ci indique renouveler ses verres sur prescription de son ophtalmologiste. Bien sûr qu’il a le choix de la monture qui lui convient parfaitement.

Il est bon de préciser à ce niveau que de nombreuses personnes font l’amalgame entre les verres et les lunettes. Les premiers représentent des lentilles optiques qui corrigent les troubles de la vision et aident à mieux voir. Tandis que les lunettes sont des ensembles incorporant monture et verres.

 Le port des verres corrigés va-t-il au-delà de la simple correction visuelle ? Fatoumata, quinquagénaire, répond par l’affirmative. Elle explique porter des verres corrigés depuis quelques années. «Au début, c’était pour corriger ma vue. Aujourd’hui, c’est devenu un accessoire de mode. J’en ai plusieurs assortis avec mes vêtements», se délecte-t-elle, avant de confirmer qu’en réalité elle raffole de jolies montures et en achète  chaque fois qu’elle en a l’occasion.

Pour beaucoup de personnes, les lunettes sont devenues un simple moyen d’affirmation de style. «J’achète mes lunettes et choisis celles dont les verres conviennent avec mes yeux. Je préfère les verres dotés d’un antireflet», affirme un jeune homme qui a requis l’anonymat. Pour d’autres, porter des lunettes est une question d’élégance ou d’esthétique, mais aussi d’appréciation. «J’aime seulement l’attrait que ça donne à mon visage». Quelle que soit la raison, les porteurs de lunettes à Bamako font face à un large éventail de choix. Certains les préfèrent avec des montures classiques et discrètes. D’autres optent pour des modèles audacieux et colorés. Mais pour nombre de porteurs, le plus important reste de trouver des lunettes qui leur correspondent.

L’optométriste-opticien, Nassoko Douga, conseille les personnes qui portent des lunettes pour paraître plus belles à consulter un spécialiste, car ça permet à l’utilisateur de connaître l’état de ses yeux. «S’il s’avère que la personne n’a pas une bonne vision et qu’elle porte des lunettes avec des verres fumés, ça pourrait lui porter préjudice. Ceux qui se permettent de porter des lunettes avec des verres corrigés sans faire une consultation ophtalmologique risquent de détériorer leur vision», prévient le spécialiste, avant de déclarer que les verres doivent être adaptés pour chaque personne.

Douga Nassoko indique que les étiquettes qui sont sur les verres ne correspondent pas souvent aux lentilles dans notre pays. Il rappelle que les utilisateurs doivent éviter de se servir chez les non professionnels, autrement dit les vendeurs ambulants de lunettes. Parlant de la durée des verres de correction, le praticien affirme que cela dépend du degré de la maladie dont souffre l’œil du patient. «On n’a pas une durée fixe pour tout le monde.


Mais c’est mieux d’expliquer aux gens qu’il n’est pas catholique de faire un an sans consulter un ophtalmologiste», a fait savoir l’optométriste. Et de prévenir que le non-respect de la durée de vie des verres corrigés peut créer d’autres maladies comme des céphalées intenses. Selon lui, une utilisation prolongée joue beaucoup sur l’œil. «Ça crée une déviation oculaire. Tant que les verres resteront inchangés le problème persistera», souligne l’optométriste-opticien.

Le port des verres corrigés sans avis médical est un phénomène répandu. Mais, il ne faut pas sous-estimer les conséquences qui peuvent en découler. En écoutant les conseils avisés des professionnels, notamment des ophtalmologistes et des optométristes, les verres corrigés peuvent garantir une vision claire et confortable pour les années à venir.

Aminata DJIBO

Rédaction Lessor

Lire aussi : INSP: Des résultats appréciables en 2025

Le projet de budget 2026 de l’Institut national de santé publique (INSP) se chiffre en recettes et en dépenses à la somme d’environ 3,88 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,98 milliards de Fcfa en 2025, soit une légère diminution de 3,5%..

Lire aussi : VIH-Sida : Sous le poids de la discrimination et de la stigmatisation

Malgré l’existence de textes juridiques destinés à protéger les personnes vivant avec le VIH-Sida, la discrimination et la stigmatisation restent une réalité au Mali.

Lire aussi : École publique du Quartier/Mali: Des anciens élèves offrent des vivres à leurs enseignants

Dans le cadre de l’opération Sunkalo Solidarité, l’Association des anciens élèves de l’école publique du Quartier /Mali (promotion 1988) a offert des vivres aux anciens enseignants et au personnel éducatif. La remise symbolique s’est déroulée hier dans la cour dudit établissement, e.

Lire aussi : Chambre des mines : Vers un nouveau cadre organisationnel

Le gouvernement de la Transition a dissous en janvier 2025 les organes de la Chambre des Mines du Mali marquant ainsi une volonté claire de refondation et de dynamisation de cette institution vitale pour l’économie nationale..

Lire aussi : Complexe numérique de Bamako : Des difficultés persistantes

Outre des difficultés de trésorerie et de personnel, d’autres contraintes ont été évoquées, notamment l’incertitude autour de l’acquisition du site devant abriter le Complexe.

Lire aussi : Ramadan : Faible engouement pour les jus industriels

Beaucoup pensent que ce commerce est particulièrement rentable en période de jeûne. Pourtant, la réalité est toute autre pour nombre de commerçants.

Les articles de l'auteur

Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 16:40

Service national des jeunes : Plusieurs activités réalisées en 2025

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a présidé, hier, dans la salle de conférences du stade Mamadou Konaté, l’ouverture des travaux de la 9ᵉ session ordinaire du conseil d’administration de la direction du Service national des jeunes (SNJ), dont il assure lui-même la présidence..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:20

Mali-États-Unis : Pas encore de coopération dans le domaine militaire

Dans le cadre du dialogue politique régulier entre les deux pays, le Mali et les États Unis d’Amérique ont eu des échanges directs, tant avec la représentation diplomatique américaine au Mali qu’avec des Hauts Fonctionnaires américains en provenance de Washington..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:46

Enseignement supérieur : Le Professeur Abdoulaye Djimdé nommé au sommet de la science mondiale

Le Professeur Abdoulaye Djimdé, éminent chercheur à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), rejoint officiellement le prestigieux Comité scientifique consultatif du Secrétaire général des Nations unies..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:27

Journée internationale de la femme : Zoom sur deux amazones aux parcours exemplaires

A l’occasion de la commémoration du 8 mars, journée internationale de la femme, nous nous sommes intéressés à deux femmes dont le parcours peut inspirer d’autres..

Par Rédaction Lessor


Publié dimanche 08 mars 2026 à 12:20

CAN-féminine : La compétition reportée au mois de juillet

C’était attendu, c’est désormais officiel. La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé hier le report de la CAN-féminine qui était prévue du 17 mars au 3 avril au Maroc. Le tournoi aura finalement lieu du 25 juillet au 16 août 2026, toujours dans le Royaume chérifien..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 06 mars 2026 à 08:19

Familles fondatrices de Bamako : Le petit-fils le plus âgé de «jamanatigi» s’appelle Samba Niaré

Dans l’article intitulé «Familles fondatrices de Bamako : Titi Niaré intronisé 11è Jamanatigi», une erreur nous a fait dire que le contrôleur général de police à la retraite Mamadou Niaré dit Gari est le petit-fils le plus âgé de Titi Niaré qui a été intronisé, le samedi 7 février à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 février 2026 à 08:50

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner