#Mali : Perles ou «baya» : Artifice de séduction des femmes

Cette ficelle ornée de perles en couleurs unique ou variée, argentée ou dorée, ceint la taille de la femme pour attirer davantage l’attention de son partenaire

Publié jeudi 22 août 2024 à 18:17
#Mali : Perles ou «baya» : Artifice de séduction des femmes

 En fonction de l’assemblage effectué sur place, le prix de ces artifices de séduction varie entre 500 et 100.000 Fcfa

 

«Quand je vois ou j’entends le bruit des perles, je ne sais plus quoi faire ni comment me tenir debout surtout le modèle qu’on appelle : lit cassé», affirme Modibo Diarra qui porte une moustache poivre sel. La perle localement appelée «baya» est reconnue pour son pouvoir érotique de séduction. C’est une parure que les femmes portent généralement autour de la taille en guise de séduction.

Avec la modernisation, cet accessoire traditionnel est devenu une activité lucrative pour beaucoup de personnes. Dans une boutique illuminée de lumières multicolores et remplie de perles de diverses couleurs accrochées aux murs, les clientes font les va-et-vient. Certaines discutent des motifs, d’autres du prix. Badian, le propriétaire de ce commerce, pose un petit sac de perles sur la balance pour la pesée.

Les bruits qui en émanent témoignent de la magie de cette arme de séduction. «Je fais ce travail depuis 2011. Nous importons en vrac les perles simples et celles en or et en argent de la Chine. En fonction de l’assemblage effectué sur place, le prix de ces artifices de séduction varie entre 500 et 100.000 Fcfa. Nous vendons en gros, et nos plus grands clients sont des hommes qui souhaitent faire plaisir à leurs femmes», explique Badian en glissant ses mains parmi les perles.

Les perles simples se vendent à 500 Fcfa l’unité. Par contre pour les «baya» confectionnés en or, leur prix peut atteindre 100.000 Fcfa. Celles en argent coûtent en moyenne 2.000 Fcfa. Le commerçant propose plusieurs modèles qui portent des noms évocateurs comme notamment «laisse-moi, je te laisse pas», qui brille la nuit, «chéri, je meurs ce soir» ou «dos de serpent». Les clients de Badian viennent de plusieurs régions du pays.

Au Grand marché de Bamako, une cliente, portant un enfant au dos, marchande le prix des perles dans une boutique. «Je porte une robe moulante et des perles qui brillent la nuit. C’est un moyen d’entretenir mon mari et de lui plaire. Je change de motif chaque mois», confie la dame sous anonymat.

«Je commande depuis l’Allemagne. La cargaison arrive en carton avec les perles disposées en vrac. Je les ensache. D’autres femmes les prennent, les assemblent en couleur unique ou en couleurs variées. Et le paquet coûte entre 2.000 et 3.000 de Fcfa. Nous mélangeons les couleurs pour créer de jolies perles», explique une vendeuse.

Mariam Dembélé, traditionnaliste, explique qu’il est recommandé à la jeune mariée de porter la perle sur le pagne en vue de pimenter les nuits dans la chambre nuptiale. De plus, dans plusieurs cultures africaines, la mère fait porter le «baya» à sa fille en vue d’accentuer l’attirance de son futur mari. Ainsi, chez certaines ethnies, relève-t-elle, les perles sont également utilisées comme protection contre les mauvais esprits.

Par ailleurs, elle révèle que certaines femmes utilisent leurs perles pour accentuer davantage l’affection de leur mari envers elles. Pour cela, elles ont recours au savoir-faire d’un marabout ou d’un détenteur de savoirs occultes pour parvenir à leur fin.

Aminata DJIBO

Rédaction Lessor

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