#Mali : Négritude : Un pan de l’histoire de la littérature africaine

«La négritude» est un courant littéraire et politique des écrivains noirs et francophones revendiquant l’identité du peuple noir et sa culture. La question était le week-end dernier, au cœur du Grin littéraire, organisé par la Fondation femmes d’Afrique et culture mémorial de Rufisque (FAC-MR).

Publié lundi 29 avril 2024 à 07:42
#Mali : Négritude : Un pan de l’histoire de la littérature africaine

La négritude est une revendication de l’identité noire

 

 

La négritude était présentée par le président de l’Association pour la promotion de la lecture et professeur de lettres, Bakary Kimpao. La rencontre, qui s’est tenue au siège de la Fondation, a enregistré la participation de la responsable du Grin littéraire, Nana Aïssa Touré, de la secrétaire exécutive de la FAC-MR, Dr Daoulé Diallo Ba, et d’un beau parterre de professeurs de lettres et de lycéens.

Dans ses propos liminaires, Bakary Kimpao a fait la genèse de la négritude, son objectif et ses rôles. Selon l’homme de lettres, c’est un mouvement politique, culturel et littéraire apparu au début du 20è siècle, dont les pères fondateurs furent des intellectuels et écrivains français noirs tels qu’Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et Léon Gontran Damas avec comme ambition de valoriser l’émancipation de l’homme noir en lui rédonnant son humanisme autrefois balayé.

«D’un mot, c’est une certitude dialectique, mieux une symbiose entre l’intelligence et l’âme, l’esprit et la matière, l’homme et la femme, etc. La négritude est aussi une certaine volonté et une certaine manière de vivre les valeurs. C’est surtout ce dernier sens que lui donne Aimé Césaire. Le mot négritude sur le plan grammatical est irréprochable. Le suffixe «itude» sert à former des mots abstraits pour désigner une certaine qualité. Pour désigner l’ensemble des peuples noirs, nous avons le mot de «négrerie». Pour désigner le pays des Noirs, j’ai repris le vieux mot «Nigritie». », a-t-il ajouté, avant d’indiquer que la négritude a été rapidement illustrée par les oeuvres majeures que sont les recueils de poèmes «Pigments» de Léon G. Damas, «Cahier d’un retour au pays natal» d’Aimé Césaire ou «Chants d’ombre» de Léopold S. Senghor.

Le pédagogue a aussi indiqué que le mouvement a joué un rôle déterminant dans l’éveil de la conscence africaine face à la colonisation, à la domination coloniale et entrainé les Européens à avoir une vision des Noirs autre que celle d’une râce sauvage et sans culture. C’est pourquoi, dira-t-il, il représente aujourd’hui un obstacle non négligeable à la libération définitive de la démarche intellectuelle des Africains à l’égard des préoccupations de renaissance.

 Selon la responsable du Grin littéraire qui modérait les débats, la jeunesse a l’occasion de renverser la tendance.

«Tout dépend de vous les jeunes, il faut prendre ce qui est bien, analyser ce qu’on vous donne. Notre culture a ses tares et renferme aussi des bonnes choses. La culture française a ses tares et des choses magnifiques aussi et c’est valable pour la culture asiatique». Selon Nana Aïssa Touré, il faut éduquer, montrer qu’on a une dignité et ensuite travailler, ce qui, de son avis, fait toute la différence. Pour sa part, la secrétaire exécutive de la FAC-MR a indiqué que la négritude, c’est l’affirmation de la race noire comme toutes les autres races.

Aux nombreuses questions des lycéens, le professeur de lettres a apporté des réponses apaisées. Sur l’existence d’une littérature en Afrique avant l’écriture, le professeur Kimpao a été on ne peut plus clair. Pour lui, l’Afrique avait bien la tradition orale comme littérature notamment les proverbes, les maximes, dictons et contes détenus par les griots qui étaient les dépositaires de la tradition africaine avant l’écrit. D’autres préoccupations soulevées avaient trait au complexe d’infériorité des Africains, à l’’indépendance réelle, mais aussi à la vision des auteurs de la négritude, au rejet du mot négritude par Senghor.

Tamba CAMARA

Lire aussi : INSP: Des résultats appréciables en 2025

Le projet de budget 2026 de l’Institut national de santé publique (INSP) se chiffre en recettes et en dépenses à la somme d’environ 3,88 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,98 milliards de Fcfa en 2025, soit une légère diminution de 3,5%..

Lire aussi : VIH-Sida : Sous le poids de la discrimination et de la stigmatisation

Malgré l’existence de textes juridiques destinés à protéger les personnes vivant avec le VIH-Sida, la discrimination et la stigmatisation restent une réalité au Mali.

Lire aussi : École publique du Quartier/Mali: Des anciens élèves offrent des vivres à leurs enseignants

Dans le cadre de l’opération Sunkalo Solidarité, l’Association des anciens élèves de l’école publique du Quartier /Mali (promotion 1988) a offert des vivres aux anciens enseignants et au personnel éducatif. La remise symbolique s’est déroulée hier dans la cour dudit établissement, e.

Lire aussi : Chambre des mines : Vers un nouveau cadre organisationnel

Le gouvernement de la Transition a dissous en janvier 2025 les organes de la Chambre des Mines du Mali marquant ainsi une volonté claire de refondation et de dynamisation de cette institution vitale pour l’économie nationale..

Lire aussi : Complexe numérique de Bamako : Des difficultés persistantes

Outre des difficultés de trésorerie et de personnel, d’autres contraintes ont été évoquées, notamment l’incertitude autour de l’acquisition du site devant abriter le Complexe.

Lire aussi : Ramadan : Faible engouement pour les jus industriels

Beaucoup pensent que ce commerce est particulièrement rentable en période de jeûne. Pourtant, la réalité est toute autre pour nombre de commerçants.

Les articles de l'auteur

Torokorobougou : Des faux agents de sécurité, braqueurs et Tueurs

Les éléments du commissariat de police de Torokorobougou, en Commune V du district de Bamako, viennent de mettre fin aux agissements d’un trio de malfrats qui se faisaient passer pour des agents des forces de sécurité, alors qu’il n’en est rien..

Par Tamba CAMARA


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:17

Centre commercial de Bamako : Fin de règne pour un trio de braqueurs

Les officiers de police, le commissaire principal Josué Kamaté, et son adjoint le commissaire Issa Kouma à la tête du commissariat du centre commercial en Commune III du District de Bamako, sont décidés à « assainir » le secteur qui relève de leur autorité. Leurs éléments viennent de mettre la main, la semaine dernière, sur trois individus que nous désignerons par leurs intiales. Il sagit de M.T (32 ans), S.K (29 ans) et S.T (28 ans)..

Par Tamba CAMARA


Publié mardi 10 mars 2026 à 08:32

Jeunesse et stupéfiants : Iba Haïdara sensibilise par le prêche

La jeunesse Ançar-Dine de Djicoroni-Para, en Commune IV du District de Bamako, a organisé samedi dernier, une nuit de prêche autour du thème «Jeunesse et éducation, un levier pour l’avenir de la société»..

Par Tamba CAMARA


Publié lundi 09 mars 2026 à 08:36

Amaq-Sup : Des résultats encourageants

L’Agence malienne d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Amaq-Sup) affiche clairement son ambition de devenir une référence en matière d’assurance qualité dans l’enseignement supérieur à l’échelle sous-régionale. Les résultats enregistrés dans la mise en place d’un système d’assurance qualité robuste traduisent cette volonté..

Par Tamba CAMARA


Publié jeudi 05 mars 2026 à 09:03

Cour criminelle de la cour d’appel de Bamako : Le suspect acquitté faute de preuves

«Association de malfaiteurs et vol qualifié commis en bande et à main armée », c’est l’infraction à laquelle Bakary Dioni a été inculpé devant la Cour criminelle de la cour d’appel de Bamako. Face aux jurés, il devait s’expliquer d’abord, se défendre ensuite et convaincre la cour pour pouvoir échapper à la rigueur de la loi..

Par Tamba CAMARA


Publié mercredi 04 mars 2026 à 08:39

Amap : Le nouveau directeur de l’information d’Africable Télévision en visite

Le directeur général de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap), Alassane Souleymane, a reçu, hier, le directeur de l’information et chef d’antenne d’Africable Télévision, Robert Dissa. C’était en présence du directeur de l’Agence nationale de presse, Kader Maïga..

Par Tamba CAMARA


Publié mardi 03 mars 2026 à 08:13

Mosquée des 1008 Logements : Le ventilateur décroche du plafond et fait une victime parmi les fidèles

«Un malheur frappe toujours à un moment où on s’y attend le moins », dit une maxime. Ce n’est pas le vieil homme à qui nous donnons le pseudonyme Gaoussou qui dira le contraire..

Par Tamba CAMARA


Publié lundi 02 mars 2026 à 09:00

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner