#Mali : Musique : Youssouf Dramé dit Kara show présente les notes écrites du tama

Issu d’une famille de griots, appelés «Guessérés», le virtuose du tama travaille sur un projet d’édition qui peine à être bouclé, faute de financement. Son objectif est pourtant noble : permettre aux amateurs de cet instrument et aux professionnels de la musique qui le souhaitent d’apprendre à le jouer

Publié vendredi 29 mars 2024 à 08:24
#Mali : Musique : Youssouf Dramé dit Kara show présente les notes écrites du tama

Les notes écrites du Tama seront bientôt disponibles partout


Après les conseils de quelques personnes avisées, «j’ai décidé de faire un seul livre, mais en deux parties dont la première est intitulée : «Apprendre le tama à une seule main» et la seconde «Apprendre le tama à deux mains». C’est Youssouf Dramé, alias Kara show koumba frifri qui s’exprime ainsi à propos de livre sur l’apprentissage du jeu de cet instrument de musique traditionnel qu’est le tama ou tambour d’aisselle.

Si le jeu consiste à la manipulation de l’instrument, une importante partie en est la maîtrise des notes des sons qui produisent des mélodies.

L’objectif recherché à travers ce projet de livre est double. Il faut permettre aux amateurs de cet instrument et aux professionnels de la musique qui en auront besoin, d’apprendre à le jouer.

Et l’écriture des notes permet de conserver les sons authentiques. La transmission verbale présente de grands risques de déformation des sons qui ont contribué à donner à cet instrument son lustre. En effet, c’est la première fois que l’apprentissage du jeu et les notes des sons sont écrits, explique l’artiste. Ce serait à l’image de tous les instruments de musique moderne qui peuvent être joués et surtout accordés à n’importe quel autre instrument, car leurs notes sont respectivement partout.

Le titre provisoire du livre est : «Livre de Musique Tama ou Tambour d’aisselle, un instrument traditionnel». Ce projet d’édition n’est pas encore bouclé, faute de financement. Mais Youssouf Dramé veut faire une première édition d’une centaine d’exemplaires. Il n’y arrive pas depuis quelques années au moins. D’où lui vient cette idée d’écrire les notes du tama ? Comment a-t-il fait ? Où sont les cautions académiques ? Quel est le parcours de Youssouf Dramé ?

D’abord, ce fin pédagogue explique minutieusement que le tama produit deux types de sons : le son aigu quand on serre l’instrument et le son grave s’il n’est pas pressé. On peut également le jouer uniquement avec un bâton, soit avec le bâton et la main.

Issu d’une famille de griots, appelés dans ce cas précis «Guessérés», le virtuose du tama à de qui tenir le maniement de cet instrument qu’il a appris depuis son sixième anniversaire auprès de son père, Mady Diabaté, un ancien instrumentiste de l’Ensemble instrumental. Il affirme l’avoir joué pour accompagner quelques fois sa mère qui s’exerçait à la maison. Cette grande cantatrice qu’est Oumou Diabaté, ancienne pensionnaire de l’Ensemble instrumental aussi, fait partie des premières chanteuses maliennes à animer une émission en directe à la télévision publique malienne à son démarrage en 1984. 

Pendant son adolescence, il a fait du rap comme d’autres jeunes. Il a participé au concours Maxi vacance de télé réalité dans le domaine consacré au rap de l’Office de radio et télévision du Mali (ORTM). Avec son groupe, il occupa la 2è place en 2004. Après l’obtention du Baccalauréat en 2008 au lycée Platon de Daoudabougou, en Commune V du District de Bamako, en série lettres, il est admis au concours d’entrée au Conservatoire des arts et multimédia Balla Fasséké Kouyaté du Mali «pour approfondir ses connaissances, acquérir d’autres savoirs et savoir-faire sur la culture en général et sur la culture musicale en particulier». Il était passionné par la maîtrise des notes de musique, notamment le solfège, les notes pour les instruments de percussion.

Ainsi pour obtenir un Master II, il faut présenter un mémoire qui met en valeur un de nos instruments traditionnels ou rythme de musique. Youssouf Dramé choisit donc le tama comme sujet de mémoire. Son directeur de mémoire Daouda Ndaou et les membres du jury qu’étaient Souleymane Koné et Massamou Wélé Diallo le félicitent respectivement pour le travail.  Ils accepteront de continuer à l’assister après l’obtention de son diplôme afin qu’il approfondisse ses recherches.   En 2015, il participe à une session de formation et d’échanges, à Djerba, en Tunisie, sur les musiques traditionnelles des deux pays. Une expérience très enrichissante. Le rythme Derbouka et le «Marakafoli» se ressemblent fortement. Les Tunisiens sont de vrais fans du tama.

Son premier album qui a fait le tour avec le Groupe Mamelon en 2010 est koumba frifri. Et en 2013, il y a eu le 2è album intitulé : Yougou-yougou Ka dow ka filai. En 2013, une nouvelle pièce de théâtre est intitulée : «Bayini et son père Big Walase ...et reproduite en 2017, avec un autre titre : «Djéliba Diatigui koh».  Il a aussi participé à plusieurs festivals au plan national : Festival sur le Niger, Festival dogon, Festival Danse Bamako Danse, Festival international de Sélingué, Festival Kayes Beraa, Festival Artiste du monde, Festival du Théâtre des réalités, Festival spot on Mali, Festival Fescauri, festival Dibi.

Kara show est un auteur compositeur enregistré au Bureau malien du droit d’auteur en 2010. Il a joué avec beaucoup d’artistes maliens comme : Mémo All stars et «Joloko» de Kati. Il a aussi accompagné d’autres artistes comme : Fousko & Djénéba, Sidiki Diabaté, Cheick Sirima Sissoko, Djènèba Seck, Ousmane Goro avec lequel, il a participé à plusieurs festivals en tant qu’instrumentiste.

L’artiste engagé a été honoré par le Collectif pour la défense de la souveraineté retrouvée (CDSR), T-MAK et FAMa pour son soutien inébranlable à la Grande muette. Cette reconnaissance s’est déroulée lors d’un concert mémorable au Centre international de conférence, de Bamako (CICB). L’artiste a rendu visite à la rédaction de L’Essor la semaine dernière

Youssouf DOUMBIA

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