#Mali : Lutte contre l’enrichissement illicite : L’Oclei renforce les capacités des cadres à Ségou

Le phénomène de la corruption, devenu systémique dans notre pays selon un rapport de la Banque mondiale, se manifeste sous plusieurs formes. Il peut s’agir, selon le mode d’action, de pots-de-vin, d’extorsion, de trafic d’influence, népotisme, de fraude et de détournement de fonds. Mais aussi d’abus de biens ou de deniers publics, d’enrichissement illicite, entre autres.

Publié mercredi 02 octobre 2024 à 17:35
#Mali : Lutte contre l’enrichissement illicite : L’Oclei renforce les capacités des cadres à Ségou

Le chef de l’exécutif régional, le contrôleur général de police Alassane Traoré, préside la rencontre dans la salle de conférence du gouvernorat

 


Les conséquences du fléau sont dévastatrices pour nos populations qui, de ce fait, ont un accès limité aux services sociaux de base telles que l’éducation, la formation, la santé, la justice, l’eau, l’électricité, etc. Il est impératif d’y faire face à travers, notamment, la refondation en cours de notre État.

La moralisation de l’action publique, à tous les niveaux, doit être un des piliers de cette refondation. Fort de cette idée, l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei) a organisé, mardi dernier, un atelier de sensibilisation des cadres de l’administration générale, financière et la justice de la Région de Ségou.

 La rencontre s’est tenue dans la salle de conférence du gouvernorat de Ségou sous la présidence du chef de l’exécutif de la région, le contrôleur général de police Alassane Traoré. C’était en présence du représentant du président de l’Oclei, Seïdina Oumar Diarra, de celui du maire de la Commune urbaine de Ségou, Mamadou Sylla, du président du pôle prévention et déclaration de biens, Dr Djibril Coulibaly et d’une cinquantaine d’agents de différents corps.


L’atelier d’une journée entre dans le cadre des traditionnelles activités d’information, d’éducation et de sensibilisation, initiées par l’Oclei à travers son pôle «Prévention et déclaration de biens», en partenariat avec le Projet d’appui à la lutte contre la corruption pour et par l’égalité des genres (Luceg).

L’objectif général était d’informer et de sensibiliser les différents acteurs de la haute administration sur la lutte contre la corruption et ses conséquences néfastes dans l’atteinte des objectifs de développement socio-économique.

Le choix de la Région de Ségou est loin d’être fortuit. Citant une étude faite par l’Oclei en 2021 sur les «Techniques d’enrichissement illicite dans l’administration publique au Mali», le gouverneur a indiqué que le niveau de perception de l’amplitude de l’enrichissement illicite est le plus élevé à Kayes avec 50,70%, suivi de Ségou et de Bamako qui font respectivement 41,80% et 40,90%.

Il a souligné que ce score de deuxième place n’est pas reluisant et Ségou doit faire mieux. «Ségou est une région d’agriculture et un carrefour commercial par excellence, d’où les risques élevés de corruption. À cet effet, il est important pour nous de mettre en place des moyens nous permettant de nous éloigner de ce cancer qui gangrène notre société et d’accompagner l’Oclei dans ses actions de tous les jours pour une gouvernance vertueuse de nos maigres ressources», a-t-il-dit.

Pour ce faire, le contrôleur général de police Alassane Traoré a souligné le rôle et la place déterminants des cadres de l’administration dans son entièreté et a les invités à accorder toute leur attention à l’atelier. Il a salué et félicité l’Oclei et ses partenaires pour cette démarche à l’endroit de la Région de Ségou.

Dans son allocution, le représentant de l’Oclei a affirmé que la corruption affecte considérablement notre pays et impacte négativement la qualité des prestations de service de l’administration dans son entièreté. Et de révéler que cet état de fait est corroboré par des études, notamment un rapport de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique qui estime que notre continent perd plus de 50 milliards de dollars par an en raison des flux financiers illicites.

Seydina Oumar Diarra a aussi fait savoir qu’une enquête d’opinion publique conduite par la Fondation Friedrich-Ebert, datant de 2021, révèle que la police, la justice et la santé font partie des secteurs les plus touchés par la corruption au Mali. Par ailleurs, il ressort des rapports des structures de contrôle que, de 2005 à 2019, l’État du Mali a perdu 1.266 milliards de Fcfa des suites de détournements de deniers publics, de fraudes aux marchés publics, de gaspillages et de détournements de biens de l’État.

Pour Seydina Oumar Diarra, ce manque à gagner aurait pu servir à financer la construction d’écoles, d’hôpitaux ou d’infrastructures publiques, à donner accès à de l’eau potable aux populations, entre autres. Car, il est estimé que ces moyens financiers spoliés à l’État pouvaient lui suffire pour construire 264 hôpitaux de haut standing, 1.767 Centres de santé de référence (Csref). Il a fait savoir que la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite ne doit pas être un slogan, mais plutôt un projet sociétal nécessitant un travail de longue haleine.

Ce n’est pas non plus l’affaire du seul gouvernement, mais de tous. Il a réitéré l’engagement de l’Oclei à jouer toute sa partition dans ce noble combat. Et de remercier le projet Luceg pour son appui constant aux activités de sa structure.

Dans son exposé, Dr Djibril Coulibaly a présenté l’Oclei et s’est appesanti sur son rôle dans l’architecture institutionnelle de la lutte contre la corruption. Il a aussi présenté le cadre juridique de la lutte contre la corruption et les conséquences socio-économiques néfastes de ce fléau.

Aminata Dindi SISSOKO / AMAP - Ségou

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