#Mali : Festival Kaoural Suudou Baba : Le patriotisme culturel de la paix

Les activités de cette 2è édition du Festival Kaoural Suudou Baba démarrent vendredi au Palais de la culture Amadou Hampâté Ba. L’un des temps forts sera une conférence-débat avec les étudiants de l’Université catholique de l’Afrique de l’Afrique de l’Ouest (Ucao).

Publié vendredi 10 mai 2024 à 09:25 , mis à jour vendredi 21 juin 2024 à 08:20
#Mali : Festival Kaoural Suudou Baba : Le patriotisme culturel de la paix

De gauche à droite : Aïssata Bocoum, Almamy Sissoko et Fatoumata Coulibaly


Contrairement à son énoncé, le festival Kaoural Suudou Baba n’est pas qu’un festival réservé à l’ethnie peule ou à la Région de Mopti. L’idée est parti de la revalorisation de la manifestation annuelle qui a lieu chaque année à Mopti où les éleveurs font traverser le fleuve par leurs bœufs pour revenir dans la ville, appelée Yaaral Degal. Cette fête populaire créée, depuis les années 1835, et magnifiée par le roi Sékou Hamadou d’Hamdallaye est un lieu de brassage entre différentes populations. Elle donne lieu à des concours du beau bœuf, de la plus belle coiffure et autres parures.

La manifestation a fini par être classée d’abord dans la liste du patrimoine immatériel du Mali puis sur la liste des chefs-d’œuvre de l’humanité par l’Unesco en 2005.

 Les initiateurs de ce festival ont expliqué qu’il s’agit de tenter de reproduire cette manifestation traditionnelle centenaire sur la berge du fleuve Niger à Bamako au niveau du Palais de la culture Amadou Hampâté Ba. Selon Younoussa Sissoko, le coordinateur général, il s’agit de faire un véritable brassage des ethnies de notre pays. Chacune d’elle emmènera ses plus beaux habits et atours. Certains ont d’ailleurs décidé de faire sienne la culture vestimentaire des autres ethnies. Ce sera lors notamment du défilé de mode qui sera animé par 16 communautés. Des concerts de musique seront organisés avec la participation de nombreux artistes comme Babani Koné et autres stars de la musique malienne.

Une course de pirogues est également prévue dans l’agenda de la manifestation. Quant à la traversée des bœufs, elle ne pourra se faire à Bamako, car les éleveurs et les bozo estiment que la partie du fleuve Niger au niveau du Palais de la culture est trop profonde pour les bœufs et qu’il est presque impossible pour les piroguiers de les sécuriser. C’est pour cette raison que le festival se limitera au concours du plus beau bœuf. Ce concours aura lieu au garbal de Kabala, dans la périphérie de Bamako.

La cinéaste Fatoumata Coulibaly dite FC et les comédiennes Nanakadidia Kanté et Maïmouna Doumbia font également partie des personnes ressources qui conseillent les organisateurs. Chacune d’elle dispose d’une expérience avérée en matière d’organisation de festival. Elles estiment que ce rendez-vous culturel mérite le soutien des populations et des autorités du fait de sa capacité à mobiliser les différentes ethnies autour des objectifs de paix.

Pour Aïssata Bocoum, ce festival vise de nobles objectifs de paix et de réconciliation entre les différentes ethnies de notre pays. Et d’expliquer que le Festival devrait se tenir à Sofara, dans la Région de Mopti. Mais pour des raisons d’insécurité, il est impossible d’y faire une manifestation sans faire courir des risques à la population vivant dans cette localité. L’intérêt du festival est donc de permettre aux jeunes qui ont seulement entendu parler du Yaaral Dégal de le comprendre. Mais surtout d’y assister.

Youssouf DOUMBIA

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