Enseignant, docteur en économie, haut fonctionnaire, ancien ministre,
Abdoulaye Sall était aussi un ami de la presse, un défenseur de la cause des légitimités
traditionnelles et une figure majeure de la Société civile. Né à Kayes en 1948 où il a fait ses études primaires et secondaires,
le Dr Sall laisse derrière lui deux épouses et 11 enfants éplorés. Diplômé de
l’École normale secondaire de Badalabougou et de l’École normale supérieure de
Bamako, Abdoulaye Sall a couronné ses études par un doctorat d’État obtenu à
l’Université de Nice en Économie du Développement en juin 1984.
L’illustre disparu a exercé comme enseignant puis cadre dans
l’administration comme attaché de cabinet au ministère des Sports, des Arts et
de la Culture, inspecteur des Sociétés et entreprises d’État auprès du ministre
d’État chargé de la Tutelle des Sociétés et Entreprises d’État. Il fut aussi Président
directeur général de l’Office des produits agricoles du Mali (Opam) et
inspecteur à l’Inspection des Finances du Mali. Le 6 avril 2011, il a été nommé ministre des Relations avec
les Institutions dans le dernier gouvernement du président Amadou Toumani Touré.
Mais beaucoup de gens connaissent, Abdoulaye Sall à travers CRI-2002 qu’il a
lancé à la veille des élections de 2002.
Le diplômé de l’Université de Nice avait choisi de se battre
pour une plus grande reconnaissance de la cause des légitimités
traditionnelles. Il en avait fait un peu le combat de sa vie. Et il fallait écouter
les chefs de quartiers et de villages lors des rencontres qu’il organisait avec
eux pour s’en rendre compte. Cette plus grande reconnaissance de ces acteurs
incontournables dans les villages et dans les quartiers, c’était un peu grâce à
lui. Affable, empathique, courtois, d’un commerce agréable, Dr
Abdoulaye Sall savait se mettre à l’écoute des autres, comprendre leur préoccupation
et d’en faire une affaire personnelle. Il avait pris part à plusieurs forums et
mené plusieurs missions de consultations.
Auteur de plusieurs ouvrages sur la Décentralisation au
Mali, Dr Sall, comme on l’appelait familièrement, était reconnu dans le
domaine. Ce n’est pas un hasard si Transparency international avait choisi
CRI-2002 comme partenaire au Mali. Il a mené plusieurs missions de consultations sur ses sujets
de prédilection que sont le combat pour les légitimités traditionnelles et la décentration.
Entre autres, on peut citer : les Répertoires des chefs de
villages/fractions/quartiers des Régions de Sikasso, Ségou, des Cercles de
Mopti, Bandiagara, et du District de Bamako, le «Manuel pour l’implication des
autorités traditionnelles et coutumières dans la gestion publique locale et
nationale», le «Manuel de la Citoyenne : Initiative citoyenne Cri-2002
pour la participation des femmes à la vie publique et à la prise de décision».
En mars 2004, l’ancien ministre des Relations avec les
Institutions a signé le «Manuel du Citoyen : Initiative citoyenne Cri-2002
au Mali d’information et de sensibilisation pour des élections régulières,
libres, transparentes et justes au Mali», et le pari de la décentralisation au
Mali». Grand travailleur, Abdoulaye Sall a dû interrompre une séance
de travail suite à un malaise. Il comptait se reposer pour enchaîner avec un
programme chargé comme à son habitude quand il fut transporté d’urgence à la
clinique Pasteur. Cri 2002 venait juste de lancer son programme quinquennal
2024-2028. Malheureusement, ce sera sans son fondateur.
Avec Abdoulaye Sall, la presse perd un ami, la Société civile une figure majeure, les autorités traditionnelles un défenseur infatigable, son quartier, un voisin exemplaire et CRI 2002 un repère. Son sens de la sociabilité était connu de tous. Dr Sall repose désormais au cimetière de Lafiabougou où il a été conduit hier par une foule composée de parents, d’amis, d’anciens collaborateurs et d’anonymes. Dr Sall avait 76 ans.
Dors en paix, Docteur.
Allaye LAM
Rédaction Lessor
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