La cérémonie était présidée par le président de l’Oclei, Dr Moumouni Guindo (c)
La cérémonie était présidée par le président de l’Oclei, Dr Moumouni Guindo, en présence du représentant du directeur de l’Ena, Dr Woyo Konaté, du coordinateur du Projet d’appui à la lutte contre la corruption pour et par l’égalité des genres (Luceg), Dramane Yacouba Diallo. Y étaient également présents la présidente de la Communauté de pratique en matière de lutte contre la corruption (CPLC), Mariam Diama Sanogo, et des délégations étrangères venues de Madagascar, du Niger et du Burkina Faso dans le cadre de la Semaine de la jeunesse contre la corruption.
Cette 9è édition de la Semaine de la jeunesse contre la corruption, s’inscrit dans le sillage de la Journée internationale de lutte contre la corruption célébrée le 9 décembre de chaque année et de la Semaine nationale de lutte contre la corruption instituée par les autorités maliennes depuis quelques années. Il est utile de rappeler que cette semaine a pour objectif principal de contribuer à la lutte contre les pratiques corruptives et discriminatoires qui affectent les droits humains, notamment les droits des filles et des femmes et autres personnes vulnérables.
D’entrée de jeu, le représentant du directeur de l’Ena a rappelé que «la corruption est la base de toutes les crises dans le pays». Pour Dr Woyo Konaté, il s’agit donc d’informer et sensibiliser les futurs administrateurs sur la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite et leurs conséquences néfastes sur l’atteinte des objectifs de développement socioéconomique. Et de poursuivre que l’Ena a été créée en 2006 avec comme objectif général de procurer à l’administration malienne des ressources humaines de qualité. Ajoutant que la thématique est d’une pertinence incontestée pour notre pays qui traverse une phase cruciale de son histoire avec la crise multidimensionnelle dont l’un des facteurs amplificateurs est la corruption.
De son coté, le président de l’Oclei a expliqué que les jeunes sont des victimes de la corruption dans l’accès à l’emploi, à la justice et aux services sociaux de base. Mais qu’ils sont aussi des acteurs potentiels de la corruption. Dr Moumouni Guindo a souligné que les élèves fonctionnaires sont aussi appelés, dans un futur très proche, à occuper des postes de responsabilité au sein de l’administration publique. Et de rappeler une étude réalisée en 2023 sur la perception des jeunes sur la corruption au Mali par le projet d’appui à la lutte contre la corruption par et pour l’égalité des genres (Luceg) sur financement canadien.
Il en ressort que 64% des jeunes maliens estiment que l’éthique et la morale ne sont plus une préoccupation pour la plupart des jeunes et que c’est «l’appât du gain facile afin de s’enrichir à tout prix qui compte le plus». Mais aussi 66% des jeunes ignorent les missions dévolues aux structures de lutte contre la corruption. Selon un sondage publié en 2024 par un organisme basé en Afrique du Sud, 60% des jeunes de 18 à 24 ans de 16 pays africains jugent que la corruption menace leur avenir et que ce risque pourrait les pousser à tenter d’émigrer.
Quant à la présidente de la CPLC, elle a évoqué une synthèse des rapports des structures de lutte contre la corruption au Mali de 2015 à 2021. À l’en croire, il s’agit de 601 rapports sur des faits présumés de corruption et infraction connexes dont 83 rapports transmis à la justice. À partir de tout ça, 450 milliards de Fcfa d’irrégularités financières ont été documentées. Pour Mariam Diama Sanogo, ce chiffre correspond à environ 90.000 projets de jeunes et de femmes, plusieurs dizaines d’hôpitaux, d’écoles, de nombreuses infracteurs routiers, etc. Pour elle, ces statistiques interpellent tous en tant citoyens, mais aussi singulièrement les élèves fonctionnaires et futurs fonctionnaires.
Le coordinateur du Luceg a expliqué que son projet est mis en œuvre par l’École nationale d’administration publique du Québec grâce au soutien d’Affaires mondiales Canada. Il a vocation de renforcer l’autonomisation des femmes, des filles et des groupes vulnérables face aux pratiques corruptives et discriminatoires. Mais s’inscrit surtout en parfaite harmonie avec les politiques des autorités dans le combat contre la corruption, a expliqué Dramane Yacouba Diallo.
Amsatou Oumou TRAORE
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