Kati-Samakébougou : Morts à cause d’un sachet de gin

Les enquêteurs étaient convaincus que « Chapé » et « Bilal » ne s’étaient pas donnés la mort en se poignardant l’un l’autre. Dans la foulée, ils ont déniché quelques témoins dont les dépositions ont permis d’avoir des indices prometteurs.

Publié mardi 12 juillet 2022 à 13:16
Kati-Samakébougou : Morts à cause d’un sachet de gin

A Bamako, les jeunes délinquants ne ratent aucune occasion pour étaler leurs sales caractères au grand jour. En atteste cette  affaire de beuverie qui a tourné au drame dans un débit de boisson à Kati-Samakébougou, un des secteurs de la ville garnison du pays. De sources concordantes, nous avons appris que l’affaire a opposé trois individus. Mais, elle s’est achevée par la mort de deux jeunes tous âgés d’une vingtaine d’années tout au plus.

Nous désignons les victimes par leurs initiales K.C alias « Chapé » et B.C plus connu sous le sobriquet de « Bilal ». Ces deux individus pouvaient penser à tout, sauf qu’ils allaient trouver la mort dans des circonstances aussi dramatiques. Et cela, à la suite d’une dispute banale dans un endroit aussi particulier comme un débit de boisson.

L’affaire s’est déroulée dans la nuit du 25 juin dernier aux environs de minuit. Les éléments du commissariat de police du 1er arrondissement de la ville garnison ont été alertés par les agents de la protection civile. Ils ont été informés d’un cas d’agression au couteau, survenu dans une buvette de Kati-Samakébougou.

Nanti de bribes d’informations sur les faits, le  capitaine de police, non moins chef de la voie publique dudit commissariat a immédiatement conduit une équipe sur les lieux pour constater d’abord puis interpeller de probables suspects, s‘il le faut. Une fois sur place, les policiers ont effectivement constaté qu’un corps sans vie était étalé sur le sol.


Il a été vite identifié comme et se prénommait B.C dit « Bilal ».Très vite, les limiers se sont rendus compte qu’il avait reçu trois coups de couteau. En professionnels, les policiers ont fouillé les lieux pour  essayer de chercher des éléments susceptibles de leur faire comprendre les circonstances dans lesquelles les faits se sont déroulés. Bizarrement, ils ont ainsi appris que l’auteur des coups de couteau serait une autre victime.

Il s’agirait de C.K dit « Chapé ». Celui-ci, à son tour, avait, semble-t-il, reçu six coups de couteau sur différentes parties vitales de son corps, juste après avoir commis son forfait sur « Bilal ». Les deux sont tous décédés à quelques à minutes d’écart. Le premier a rendu l’âme sur place, alors que le second, grièvement blessé, avait été transporté d’urgence au CHU Gabriel Touré où son décès a été constaté à son arrivée.

Face à une situation aussi délicate, en professionnels, les policiers ont tout de suite compris qu’il devrait logiquement avoir un troisième suspect dans cette affaire de crime. Pour ce faire, il a fallu l’implication et l’intervention des éléments de la Brigade de recherches (BR) pour faire toute la lumière sur cette sordide affaire. Et apporter ainsi un démenti formel sur les fausses informations qui faisaient croire que les deux s’étaient poignardés à mort.

C’est ainsi que les hommes du divisionnaire Sory Ibrahim Sangaré ont concentré leurs recherches sur un troisième larron. Afin que les choses soient facilitées, ils ont mis la population à contribution. Cela a été très déterminant dans la suite des événements.

Durant les enquêtes, ils ont été surpris du comportement  suspect de certains témoins. Lors que es policiers étaient arrivés dans le débit de boisson où les faits se sont passés en effet, ces derniers avaient volontairement disparu pour ne pas vouloir témoigner. Aux yeux des limiers professionnels, ce comportement laissait clairement comprendre que ces témoins qui ne voulaient pas du tout se mêler dans cette histoire,  cachaient quelque chose.

Ainsi, les policiers des renseignements généraux (RG) dirigés par le major Abou Berthé, se sont joints à ceux de la Brigade de recherches pour mettre la main sur l’individu qui est à la base des coups de couteau qui ont entraîné la mort de la deuxième victime. Les enquêteurs étaient convaincus que « Chapé » et « Bilal » ne s’étaient pas donnés la mort en se poignardant l’un l’autre. Dans la foulée, ils ont déniché quelques témoins dont les dépositions ont permis d’avoir quelques indices prometteurs.

En moins de 24 heures, plus précisément dans la nuit du 26 juin dernier, vers les environs de 20 heures, ils ont alpagué un certain H.O. L’homme a été cueilli dans une concession à Kati-Samakébougou. Les policiers disposaient déjà d’éléments quasi irréfutables pour le coincer. Et lorsqu’ils l’ont interrogé, ce suspect a finalement avoué avoir poignardé « Chapé ».

Durant leurs investigations, les policiers enquêteurs ont eu la désagréable surprise de faire une découverte étonnante, à la limite impensable. Il s’est avéré que les deux victimes se sont battues à cause d’un sachet de Gin, (Ndlr une boisson alcoolisée en sachet vendue entre 250 et 250 Fcfa l’unité dans les débits de boisson).

Nos sources ont détaillé ce qui suit : Il semble que « Bilal » est le courtier du bar où les faits se sont passés. Cette nuit là, il avait, semble-t-il, ingurgité une quantité de sachets de Gin dans un autre bar avant de se rendre dans son débit de boisson. Il est de coutume souvent que les coursiers des bars n’aiment pas prendre de l’alcool dans leurs  propres débits de boisson et se rendent dans d’autres pour se faire un plaisir.

Alors, lorsqu’il (Bilal) est arrivé au bar où « Chapé » est employé comme serveur, il a demandé a celui-ci de lui donner un autre sachet de Gin. Mais ce dernier a refusé, justifiant son refus par le fait que « Bilal » n’était pas en mesure de lui payer son argent, alors qu’il lui est formellement interdit par son patron du bar d’accorder des crédits aux clients mauvais payeurs. Après cette réponse sèche du serveur, les choses ont dégénéré.

Tout d’un coup, la colère est monté d’un cran entre le serveur et le client. Le second avait du mal à comprendre l’attitude du second vis-à-vis de lui. Puis, l’alcool aidant, « Bilal » a sorti un couteau et menacé d’en finir avec « Chapé », s’il ne lui donnait pas le sachet de Gin.

Dans la confusion qui s’en est suivie, Chapé a profité d’un moment d’inattention de son interlocuteur pour lui retirer le couteau avant le poignarder. « Bilal » s’est effondré sur place avant de rendre l’âme. Les témoins présents se sont rués sur le fautif pour le tabasser. Celui-ci aurait même demandé à ses bourreaux de l’amener à la police, où ils pourront régler l’affaire, mais ces derniers auraient refusé tout compromis allant dans ce sens.

Entre temps, un des amis de la victime qui se trouvait dans un coin du bar, s’est levé  de sa table pour s’emparer du même couteau pour transpercer à plusieurs reprises le corps du serveur. Identifié plus tard comme H.O, il voulait, semble-t-il par son geste, venger son ami « Bilal ». Dès qu’il a commis son forfait, il a pris la poudre d’escampette. 

Grâce à la perspicacité et au professionnalisme des policiers, notamment ceux des renseignements généraux, conduits par le major Berthé, le fugitif a été interpellé en moins de 24 heures.

H.O a été déféré devant le procureur général près le tribunal de grande instance de Kati pour de son acte. Profitant de l’occasion, le commissaire divisionnaire Sory Ibrahim Sangaré, du commissariat de police du 1er arrondissement de Kati, invite la population au renforcement de la bonne collaboration.


Yaya DIAKITE

Rédaction Lessor

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