Notre pays a aussi fêté l’événement sous le thème national : «Une génération sans hépatite : agissons dès la grossesse». Celui de la communauté mondiale était intitulé : «Hépatites : cassons les barrières» et avec comme sous thème : «Briser les barrières à l’élimination de l’hépatite et à la prévention du cancer du foie». Le clou de la manifestation était une rencontre organisée, hier à la Maison des aînés, à l’initiative du ministère en charge de la Santé. Au menu, il y avait un programme de dépistage gratuit de l’hépatite. La ministre de la Santé et du Développement social, Mme Assa Badiallo Touré, qui présidait la cérémonie, a prêché par l’exemple. C’était en présence de la coordinatrice de la Cellule sectorielle de lutte contre le Vih/sida, la tuberculose, et les hépatites virales (CSLS-TBH), Dr Coulibaly Madina Konaté, du représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Kabore Patrick Chrisogone Williams Ouamanegba, du vice-président SOS/ hépatite Mali, Abba Touré, et d’autres invités.
Cette journée est une occasion d’intensifier les efforts internationaux, d’encourager l’engagement des individus, des partenaires et du grand public, ainsi qu’une riposte mondiale plus énergique. Elle se veut aussi une opportunité essentielle de sensibiliser le public, de promouvoir la prévention, le dépistage, le traitement et de renforcer les efforts de lutte contre cette maladie silencieuse. Le but étant d’atteindre les objectifs mondiaux de l’élimination d’ici à 2030. Selon l’analyse de la situation des hépatites virales au Mali, faite en collaboration avec OMS en avril 2020, a noté la ministre chargée de la Santé, la prévalence de l’hépatite B est estimée à 12,1%, soit 2,5 millions de personnes infectées et celle de l’hépatite C à 1,3%, soit 300.000 personnes infectées. Faisant de notre pays une zone de forte endémicité. D’où l’urgence et la nécessité d’agir vite et dès la grossesse pour circonscrire l’impact des hépatites, a plaidé la ministre Assa Badiallo Touré. Selon elle, le Mali s’est résolument engagé dans la lutte contre l’hépatite virale en souscrivant à la Stratégie mondiale de son élimination en tant que menace de santé publique.
Selon elle, le Plan stratégique national intégré 2023-2026 de lutte contre le Vih /Sida, la tuberculose, et les hépatites virales a été élaboré à cet effet. Ce plan entend réduire de 50% la mortalité et la morbidité liées aux hépatites B et C, de 50% leur incidence, mais également mettre en œuvre des principes de droits humains et d’égalité femmes-hommes dans la promotion et l’utilisation de l’offre de service de diagnostic et de traitement. Les statistiques fournies par la coordinatrice de CSLS-TBH sur l’ampleur des hépatites font froid dans le dos. Les données hospitalières retrouvent une séroprévalence de 15% de l’hépatite virale C au service de gastro-entérologie du CHU Gabriel Touré, 19% chez les dialysés au CHU point G. Et d’ajouter que la co-infection du virus de l’infection hépatite B représente 21% et celle de virus de l’infection C est de 8,3%.
Le représentant de l’OMS a réitéré l’engagement et le soutien de son organisation onusienne aux côtés de l’État pour combattre cette maladie silencieuse, sous toutes ses formes. Précisons que le Mali à travers ses engagements internationaux et nationaux vise la triple élimination des trois cibles à savoir Vih/Sida, tuberculose et hépatites virales conformément aux Objectifs de développement durable (ODD) et la Stratégie mondiale d’élimination d’ici 2030.
Amsatou Oumou TRAORE
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