Festivals au féminin : Des talents à en mettre plein la vue

Les femmes évoluent dans beaucoup de domaines, censés être exclusivement réservés aux hommes. Elles administrent la preuve de leur courage, leur abnégation et leurs compétences par la réussite

Publié jeudi 13 mars 2025 à 09:08
Festivals au féminin : Des talents à en mettre plein la vue

La promotrice du Fiffem, Mme Moulidy Diarra en train de recevoir un tableau de reconnaissance de la Fédération panafricaine des festivals de films

 

C’est une évidence qu’on ne peut plus nier. Les femmes ne cessent de contribuer à la promotion des secteurs de la culture. C’est le cas des opératrices culturelles qui tentent de donner un nouveau souffle aux évènements culturels dans notre pays d’où la création de plusieurs festivals.

Ces rendez-vous culturels au féminin mettent en avant le talent et les réalisations de la gent féminine dans divers domaines des arts et de la culture. Ils représentent une plateforme de réunion, de partage d’expériences et s’inspirent mutuellement, tout en tenant compte du genre dans leur démarche artistique. Ils se tiennent surtout sur fond de conférences, d’ateliers, de performances artistiques et autres activités de réseautage. Ce qui contribue à l’émergence des femmes maliennes.

 Ces festivals permettent aux femmes de se positionner dans divers domaines de la créativité. Ces espaces d’épanouissement demeurent pour elles une véritable tribune pour se faire entendre et combattre les stéréotypes qui continuent de les étouffer dans la marche vers la prospérité.

C’est le sens du combat de la présidente de l’association Côté cour, Mama Koné. Elle œuvre depuis une vingtaine d’années pour la vulgarisation et la défense des droits des femmes à travers le Festival arts femmes. L’actrice comédienne, metteuse en scène et opératrice culturelle, est très engagée pour la bonne cause, c’est-à-dire celles des femmes en milieu rural.

 

Belle promesse- Crée depuis 2016 pour l’autonomisation des femmes à travers le programme du festival notamment la formation dans plusieurs domaines (savonnerie, transformation des produits naturels et alphabétisation, etc.). «Le Festival arts femmes est une restitution des ateliers de formations artistiques qu’elle organise à l’intention des jeunes femmes voulant exercer la dramaturgie», explique l’initiatrice. Et de poursuivre : «Nous avons besoin de mettre l’accent sur certains métiers corporels ou les femmes sont très peu représentées au Mali, notamment la régie lumière, la scénographie, la dramaturgie, la mise en scène, entre autres.»

Ce festival dédié à la femme est délocalisé depuis 2019 à Déguela à 5 km de la ville de Kangaba. Malgré les avancées notoires, la Malienne reste soumise à la pesanteur sociale. Dans la cosmogonie bambara, la place de la femme est le foyer. On ne cesse de nous rappeler depuis toute petite que notre dignité réside dans l’acceptation de rester femme au foyer, explique succinctement la comédienne. Cela a impacte le comportement des femmes. Mêmes celles qui ont eu la chance d’étudier n’échappent pas à cette prophétie. Aujourd’hui, le Festival arts femmes a pris une dimension sous-régionale, car les femmes d’autres pays africains, notamment le Burkina Faso, le Sénégal, le Benin, le Togo et la Guinée y participent activement.


La présidente de Côté cour a formé plus de 100 femmes dans la dramaturgie, lors des divers ateliers d’écriture dramatique des différentes éditions. «Ma plus grande satisfaction est d’avoir formé une Malienne en régie lumière et qui continue de confirmer toute la promesse en elle avec des prix à l’échelle internationale», se réjouit-elle. Pour évoquer le rôle central des femmes artistes, Mama Koné est revenue sur sa récente création «Appel à la scène» qui parle d’une comédienne faisant le choix entre son foyer et le théâtre, sensibilise sur le dénigrement fait aux femmes artistes. «Depuis mes débuts en 2005 dans ce métier, j’ai compris que toutes les structures théâtrales étaient dirigées par des hommes et que les femmes ne prenaient pas l’initiative d’entreprendre sans les hommes.


Il fallait réfléchir pour renverser la pyramide d’oû la création de l’association Côté cour en 2011. Et ce fut un chemin vers l’émancipation de la femme malienne qui souhaitait faire carrière dans le domaine du théâtre ou de l’art en général», explique l’actrice comédienne. Et de déclarer que de nos jours, le festival a permis aux femmes d’être bien outillées pour répondre à  certaines préoccupations majeures de la société comme le vivre ensemble, la paix, l’entente et l’autonomisation financière. Grâce aux ateliers organisés pendant le festival, les femmes  peuvent créer, apporter beaucoup de choses au niveau de leur communauté.  
À l’en croire, le  festival  contribue énormément au développement des   jeunes femmes qui ont participé aux différentes séquences, mais aussi du village d’accueil de l’événement à travers le tourisme et la promotion des produits locaux.

 

Financements- À Deguela, le festival a créé une coopérative et construit un centre pour les femmes de ce village. «L’Association déroule deux projets chaque année, notamment l’atelier arts femmes et la fabrique des femmes du Mali, un projet qui met en valeur le bogolan, le beurre de karité, la saponification, la couture et l’initiation des femmes en informatique. En plus, il réunit beaucoup d’activités génératrices de revenus pour ces femmes rurales. À cela, s’ajoutent les activités de sensibilisation sur le cancer du sein ou celui du col de l’utérus à travers des pièces de théâtre.

 Pour son collègue, Moulidy Diarra, promotrice du Festival international de films de femmes du Mali (Fiffem) c’est un combat quotidien pour mettre la femme au cœur de la culture. C’est un festival spécifiquement dédié à la promotion et à l’émergence de la femme. Il s’agit pour la promotrice de combattre les stéréotypes qui brisent le rêve des femmes en général et particulièrement des femmes opératrices culturelles. «On a l’impression que tous les travaux ou toutes les belles choses sont réservées qu’aux hommes. Que ceux-ci sont les seuls capables d’accomplir de belles choses. Or, le monde ne peut-être développé sans la femme. Raison pour laquelle, j’ai décidé de créer ce festival» a dit Moulidy Diarra.

 Le Fiffem a contribué à l’émergence de la Malienne à travers la programmation du festival  sur des thématiques liées aux secteurs d’intervention de la femme. En favorisant l’égalité des chances et en célébrant les réussites des femmes, ces festivals contribuent à la construction d’une société plus inclusive. Face aux difficultés liées à l’insuffisance de ressources financières, la comédienne fait preuve de détermination et de l’imagination en créant des pièces de théâtre qui nécessitent très peu de moyens. C’est la période de la résilience, ce qui nous permet aussi de tirer de nos inspirations des messages de sensibilisation, mais aussi d’alerter des autorités sur les dangers.


Le contexte nous oblige à travailler ensemble, à donner du sens à l’entrepreneuriat culturel social, basé sur l’entraide, le partage et la solidarité, en un mot le «Maaya». Mama Koné soulignera qu’il y a des créations qui nécessitent l’apport d’autres artistes et c’est ce que sa structure essaye de développer. Ce en vue d’aplanir la problématique du financement en cette période de vaches maigres. C’est un casse-tête. L’association Côté cour fait chaque année des créations qui sont présentées lors du festival pour sensibiliser les communautés. «On ne va pas arrêter de créer parce qu’il n’y a pas de financement», insiste-t-elle.

Tamba CAMARA

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