Des dégâts matériels importants ont aussi été
déplorés avec l’ensevelissement d’une quinzaine de motos aplaties par les
décombres. Selon les informations recueillies sur place, même si aucune
précision n’a été donnée sur la cause exacte, le non respect des normes
requises dans la construction du bâtiment serait à l’origine de cet incident
ayant bouleversé les habitants du quartier. « Le bâtiment incriminé se
trouvait en plein écoulage de béton quand s’est arrivé. Une enquête est en
cours pour situer la cause aussi bien que les responsabilités», a-t-on appris à
la police.
En effet, l’édifice en construction dans la
cour de la mairie de Moribabougou qui devait servir de parking au
rez-de-chaussée et de bureaux administratifs à l’étage s’est effondré sur ses
ouvriers. Des enfants de la famille voisine dont une fillette et un garçonnet
âgés de 6 à 8 ans figurent parmi les victimes. Ceux-ci étaient en train de
jouer à proximité de la construction avant d’y perdre la vie. Le technicien
ainsi que trois des ouvriers ont aussi péri dans les décombres.
Dès l’annonce du drame, les éléments de la
police nationale ont convergé vers les lieux pour établir un périmètre de
sécurité afin de permettre aux éléments du poste de secours du secteur dépêchés
par la direction régionale de la protection civile de mener à bien les
opérations de secours en vue de sauver les personnes restées coincées sous les
décombres. À la suite, les victimes ont été rapidement évacuées vers
différentes structures de santé. Le blessé grave a été transporté à l'hôpital
Gabriel Touré, tandis que les cinq autres légers ont été pris en charge au
Centre de santé communautaire (Cscom) de Moribabougou.
Approché par nos soins, le maire de ladite
Commune Diarha Diarra a expliqué que le chantier a été initié pour servir de
bâtiment administratif sur fonds propres de sa mairie. « Toutes les
procédures requises ont été effectuées et la construction a été confiée à
l’Entreprise Bakary Dramé SARL. Un bureau de suivi et de contrôle a été
également contacté pour la cause », a-t-il fait savoir ajoutant qu’à un
moment donné, l’antenne de l’urbanisme de sa structure a émis une note d’arrêt
du chantier pour besoin de documents en rapport avec les travaux. Au nombre de
ces documents, le contrat de construction, de suivi et contrôle de l’ingénieur
et le plan d’exécution dont l’entrepreneur devait fournir pour pouvoir
continuer les travaux.
C’est
ainsi qu’avisé de cela, ce dernier a rassuré la marie d’avoir déjà fourni ces
dossiers à l’urbanisme. C’est ainsi que les choses sont allées jusqu’au jour du
bétonnage où l’ouvrage s’est effondré. S’il faut croire l’édile, l’entrepreneur
a repris les travaux après les avoir rassurés s’être mis d’accord avec l’antenne de l’urbanisme.
De son côté, l’antenne d’urbanisme de la mairie affirme qu’ayant constaté des manquements,
elle a émis une note d’arrêt des travaux que l’entrepreneur n’a pas respecté.
« Il ne devrait rien faire sans le bureau
de contrôle, chargé de la santé du chantier aussi bien que de sa
responsabilité », a-t-elle expliqué, indiquant avoir demandé à
l’entrepreneur de lui apporter les documents
afférents à la construction ainsi que le contrat de surveillance du bureau de
contrôle. Pour sa part, l’entrepreneur Bakary Dramé, joint par nos soins, n’a
pas souhaité faire de commentaires.
Au passage de notre équipe hier matin, des
ouvriers étaient à pied d’œuvre pour sauver ce qui pouvait l’être des
décombres. Rappelons que ce cas intervient au même moment où à Banancoroni dans
la banlieue de Bamako, un bâtiment en chantier ni (R+1) s’est aussi effondré,
faisant un mort et six blessés. Ces deux récents cas font suite à celui de
l’immeuble de cinq étages abritant des bureaux, effondré en juin dernier à
l’ACI 2000.
Heureusement cet effondrement n’avait fait aucune victime. De l’avis des
spécialistes, la violation constante des normes de construction et d’urbanisme
est souvent à l’origine de ces effondrements.
Tamba CAMARA
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