Contribution, Sanctions contre le Mali : Les vertus du dialogue

Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a trouvé le ton juste et mesuré dans son adresse à la nation du 10 janvier 2022.

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Publié mercredi 12 janvier 2022 à 07:01, mis à jour mardi 25 janvier 2022 à 11:01
Des navires de l’US Navy, de la marine chilienne, péruvienne, française et canadienne, lors d’un exercice dans l’océan Pacifique, en 2018.

Son allocution, marquée du double sceau de l’apaisement et de l’ouverture, est adaptée à la situation ainsi qu’à sa très haute fonction. Il faut lui savoir gré d’avoir gardé la porte ouverte et de mettre en avant le dialogue à la place des anathèmes.

Comme tout pays, le nôtre, doit faire la diplomatie de sa géographie car on ne choisit pas ses voisins. Il nous faut trouver le juste milieu entre nos ambitions nationales et les exigences internationales. C’est que l’on nomme compromis et qui est la ligne intermédiaire entre le souhaitable et le possible.

Pour la trouver, il nous faut parler, le plus tôt possible, avec nos frères de l’Union monétaire ouest-africaine (Uemoa) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour régler la question des sanctions insupportables politiquement, financièrement, diplomatiquement et même moralement. Ceci pour aussi préserver notre marque de fabrique inscrite dans le marbre de notre Constitution qui nous fait accepter de renoncer à une partie de notre souveraineté pour la réalisation de l’unité africaine, comme l’a rappelé, fort à propos, le colonel Goïta

Moins que les sanctions, c’est le fait d’avoir l’impression d’être au ban de l’Afrique qui a heurté ce sentiment que nous avons en partage, la fierté malienne. C’est une blessure morale. Mais il y a un temps pour l’émotion fort compréhensible et un temps pour la raison qui réconcilie. Montrons que nous sommes une grande nation en surmontant une grande épreuve. Attelons-nous, ici et maintenant, à dépasser les lignes de fracture en privilégiant les négociations et la diplomatie qui ne s’accommodent pas de diatribes.

Les Russes parlent aux Américains qui parlent aux Chinois. Les grandes guerres mondiales se sont terminées autour d’une table. Pourquoi les Maliens ne seraient-ils pas capables de parler aux Ouest-Africains ? Pourquoi les Maliens ne pourraient-ils pas parler aux Maliens. Pour le dialogue inter-malien, cent fois sur le métier, remettons l’ouvrage. Nous avons des personnalités chevronnées et expérimentées qui sont pétries de talent pour accomplir de telles tâches.

Cela est encore possible fort heureusement et le ton présidentiel du colonel Goïta doit être mis à profit pour réussir à faire le plus difficile et le plus exaltant dans la vie : dépasser l’écume des choses et aller à l’essentiel.

Hamadoun TOURÉ,
Journaliste
tahamadoun@yahoo.com

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