
Le démarrage des épreuves des concours directs de recrutement dans la Fonction publique d'État au titre de l’exercice budgétaire 2024 est annoncé pour ce samedi 5 avril. Déjà, les candidats suivent des cours préparatoires pour certains, s’exercent en groupes pour d’autres. Tous le font sans compter ni leur temps, ni leur énergie parce qu’ils se donnent le maximum de chance de réussite et être prêts le jour du concours. Notre équipe de reportage s’est intéressée à quelques postulants.
Le 23 mars dernier à Kalaban Coura en Commune V du District de Bamako, l’horloge affiche 12 h10 mn, mais la circulation est très fluide sur les «30 mètres». Les boutiques, situées le long de cette voie large qui traverse le quartier, sont fermées pour la plupart. Le trafic est intense et le vrombissement des moteurs perturbe la quiétude des riverains. Certains d’entre eux devisent sur tout et rien.
Dans une maison riveraine, Habibatou Cissouma, candidate dans la filière «services économiques» et neuf autres postulants suivent des cours de culture générale. Ils échangent sur l'actualité malienne, africaine voire à l’échelle planétaire. Deux femmes du groupe sont accompagnées de leurs bébés de moins d'un an. Habibatou participe pour la sixième fois aux concours directs de recrutement dans la Fonction publique d'État, depuis la fin de ses études en 2016. Cette année, elle espère voir le bout du tunnel, grâce à cette préparation et la recherche documentaire.
Selon la candidate, les cours aident à se souvenir de certaines notions perdues après des années d'études et à rehausser son niveau de connaissances pour mieux affronter le concours. Elle soutient que les concours se passent de plus en plus dans la transparence. Une raison pour elle de se former davantage. «Non seulement j’ai acheté des documents, mais aussi je surfe sur Google et d’autres sites de navigation qui nous permettent d’avoir plus d’informations», explique la trentenaire persuadée qu'une personne mieux formée a plus de chance de réussir.
Idrissa Sangaré, candidat dans la filière «Impôts» en catégorie B1, partage la même conviction. Il s'est inscrit à une formation de deux mois en vue de renforcer ses notions de base et approfondir les connaissances acquises dans sa spécialité. «Je vais compétir avec d'autres candidats. Je veux marcher parmi eux la tête haute surtout quand je commencerai à exercer ma future fonction», martèle celui qui nourrit l’espoir de décrocher la lune pour sa première participation aux concours directs de recrutement dans la Fonction publique. «Aujourd'hui, ce n’est un secret pour personne que les concours sont de plus en plus durs et c’est sur la base du mérite. Il faut se focaliser sur ses documents et aller vers les personnes ressources», conseille celui qui comptabilise trois ans de chômage.
Nous avons rencontré en février dernier l'informaticien Hamidou Djiré lors du dépôt des dossiers de candidature au Centre national des concours de la fonction publique (CNCFP). Il refuse de croire que le mérite n'existe pas aux concours comme l'affirment certains de nos compatriotes. «On doit se préparer. J'ai déjà vu de nombreux sujets, je me suis inscrit à une formation pour préparer le concours», dit-il, avant de préciser qu'au minimum deux bénéficiaires des cours de son formateur réussissent à chaque concours. «Cela m'a motivé à le contacter avant même de faire le dépôt de mes dossiers», explique le jeune informaticien.
CONSULTATIONS DES ORACLES- Oumar Fall, un candidat du cadre des techniciens de l'Élevage, souhaite ardemment décrocher l'un des 30 postes à pourvoir dans sa filière. Selon lui, le traitement des anciens sujets, l'appui des aînés et l'expérience qu'il a vécue sur le terrain en tant que technicien doivent être des atouts. Celui qui est à sa deuxième tentative affirme que l'établissement professionnel qui l'a formé organise chaque année des sessions de renforcement des compétences à l’attention de ses sortants. Le candidat de 27 ans est davantage motivé par la transparence qui a largement prévalu l'année dernière dans sa filière. Il soutient que tous ceux qui ont été admis l'ont mérité.
Ahmadou Baba Sidy dit Diadié Touré n’a pas le même souci des postulants. Ce formateur dispense plutôt des cours de culture générale et dans les épreuves techniques à des candidats des corps des «services économiques» et «contrôleurs des impôts, des finances». Coiffé d'un chapeau de Cowboy assorti d'une longue veste noire, le diplômé en transit et douanes nous reçoit dans son bureau au premier étage du bâtiment où se déroule sa formation.
«Pour cette année, nous avons près de 20 candidats», précise-t-il, avant d'indiquer que le coût de la formation varie entre 40.000 et 60.000 Fcfa en fonction des catégories et des corps pour une durée de deux mois. Cet enseignant de profession organise cette formation préparatoire des concours de la Fonction publique depuis 2014. «La formation portait au départ sur le corps de douanes», insiste Ahmadou Baba Sidy. L'année dernière, il indique avoir enregistré un taux d'admission de 25% avec une cinquantaine de candidats répartis entre les catégories C, B1 et B2 contre 10% pour la vingtaine de candidats de la catégorie A.
De plus en plus convaincus que le mérite est récompensé, les candidats se préparent en conséquence
Comme lui, Dr Daouda Traoré aussi s’investit dans la préparation des postulants aux concours directs de recrutement dans la Fonction publique. Ce spécialiste en Gestion de ressources humaines (GRH) cumule 3 ans d'expériences dans cette activité d’accompagnement des diplômés dans les épreuves techniques et de culture générale. On le faisait en collaboration avec des universités. «On a créé notre cabinet, il y a environ une année.
C'est la première fois pour le cabinet de préparer les candidats aux concours de la Fonction publique. Douze personnes s'étaient inscrites en février dernier», précise-t-il. Et de témoigner que cette année, les candidats sont de plus en plus convaincus que le mérite est récompensé. Dr Daouda Traoré se souvient qu'au départ, il y avait une crise de confiance. «Les gens devaient se rassurer sur la qualité de nos formations. Il a fallu faire la preuve par les résultats pour gagner en crédibilité», informe celui dont le cabinet dispense les cours 3 fois par semaine.
Des candidats ont du mal à se défaire de certaines croyances. Ils consultent les devins pour réussir. Un disciple d’un célèbre géomancien décédé affirme, sous anonymat, que des candidats ont recours à sa science occulte. «Certains pensent que leurs compétences ou leur intelligence suffisent pour leur admission. Mais, si on consulte les oracles (turabu), on se rend compte qu’ils ne seront pas admis. Nous remédions à ce blocage à travers des prescriptions», explique le géomancien. Et de préciser que ces prescriptions peuvent porter sur l'utilisation des potions (nasi) ou talisman (sɛbɛn).
Au niveau du CNCFP, on annonce que la liste définitive des candidats sera affichée au plus tard le 4 avril prochain. Selon le directeur de la structure, la liste provisoire rendue publique le 25 mars dernier sur le site www.fonctionpublique.gouv.ml n’a pas pris en compte les candidats dont une pièce manquait au dossier et les cas d’attestations non légalisées.
Mohamed DIAWARA
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