Concours de recrutement à la Fonction publique : La case bachotage

Certains postulants suivent des cours préparatoires ou s’exercent par petits groupes. D’autres consultent les devins. Tous entendent se donner le maximum de chance pour réussir à ces épreuves

Publié mercredi 02 avril 2025 à 07:49
Concours de recrutement à la Fonction publique : La case bachotage

Le démarrage des épreuves des concours directs de recrutement dans la Fonction publique d'État au titre de l’exercice budgétaire 2024 est annoncé pour ce samedi 5 avril. Déjà, les candidats suivent des cours préparatoires pour certains, s’exercent en groupes pour d’autres. Tous le font sans compter ni leur temps, ni leur énergie parce qu’ils se donnent le maximum de chance de réussite et être prêts le jour du concours. Notre équipe de reportage s’est intéressée à quelques postulants.

Le 23 mars dernier à Kalaban Coura en Commune V du District de Bamako, l’horloge affiche 12 h10 mn, mais la circulation est très fluide sur les «30 mètres». Les boutiques, situées le long de cette voie large qui traverse le quartier, sont fermées pour la plupart. Le trafic est intense et le vrombissement des moteurs perturbe la quiétude des riverains. Certains d’entre eux devisent sur tout et rien.

Dans une maison riveraine, Habibatou Cissouma, candidate dans la filière «services économiques» et neuf autres postulants suivent des cours de culture générale. Ils échangent sur l'actualité malienne, africaine voire à l’échelle planétaire. Deux femmes du groupe sont accompagnées de leurs bébés de moins d'un an. Habibatou participe pour la sixième fois aux concours directs de recrutement dans la Fonction publique d'État, depuis la fin de ses études en 2016. Cette année, elle espère voir le bout du tunnel, grâce à cette  préparation et la recherche documentaire.

Selon la candidate, les cours aident à se souvenir de certaines notions perdues après des années d'études et à rehausser son niveau de connaissances pour mieux affronter le concours. Elle soutient que les concours se passent de plus en plus dans la transparence. Une raison pour elle de se former davantage. «Non seulement j’ai acheté des documents, mais aussi je surfe sur Google et d’autres sites de navigation qui nous permettent d’avoir plus d’informations», explique la trentenaire persuadée qu'une personne mieux formée a plus de chance de réussir.

Idrissa Sangaré, candidat dans la filière «Impôts» en catégorie B1, partage la même conviction. Il s'est inscrit à une formation de deux mois en vue de renforcer ses notions de base et approfondir les connaissances acquises dans sa spécialité. «Je vais compétir avec d'autres candidats. Je veux marcher parmi eux la tête haute surtout quand je commencerai à exercer ma future fonction», martèle celui qui nourrit l’espoir de décrocher la lune pour sa première participation aux concours directs de recrutement dans la Fonction publique. «Aujourd'hui, ce n’est un secret pour personne que les concours sont de plus en plus durs et c’est sur la base du mérite. Il faut se focaliser sur ses documents et aller vers les personnes ressources», conseille celui qui comptabilise trois ans de chômage.

Nous avons rencontré en février dernier l'informaticien Hamidou Djiré lors du dépôt des dossiers de candidature au Centre national des concours de la fonction publique (CNCFP). Il refuse de croire que le mérite n'existe pas aux concours comme l'affirment certains de nos compatriotes. «On doit se préparer. J'ai déjà vu de nombreux sujets, je me suis inscrit à une formation pour préparer le concours», dit-il, avant de préciser qu'au minimum deux bénéficiaires des cours de son formateur réussissent à chaque concours. «Cela m'a motivé à le contacter avant même de faire le dépôt de mes dossiers», explique le jeune informaticien.



 

 CONSULTATIONS DES ORACLES- Oumar Fall, un candidat du cadre des techniciens de l'Élevage, souhaite ardemment décrocher l'un des 30 postes à pourvoir dans sa filière. Selon lui, le traitement des anciens sujets, l'appui des aînés et l'expérience qu'il a vécue sur le terrain en tant que technicien doivent être des atouts. Celui qui est à sa deuxième tentative affirme que l'établissement professionnel qui l'a formé organise chaque année des sessions de renforcement des compétences à l’attention de ses sortants. Le candidat de 27 ans est davantage motivé par la transparence qui a largement prévalu l'année dernière dans sa filière. Il soutient que tous ceux qui ont été admis l'ont mérité.

Ahmadou Baba Sidy dit Diadié Touré n’a pas le même souci des postulants. Ce formateur dispense plutôt des cours de culture générale et dans les épreuves techniques à des candidats des corps des «services économiques» et «contrôleurs des impôts, des finances». Coiffé d'un chapeau de Cowboy assorti d'une longue veste noire, le diplômé en transit et douanes nous reçoit dans son bureau au premier étage du bâtiment où se déroule sa formation.

«Pour cette année, nous avons près de 20 candidats», précise-t-il, avant d'indiquer que le coût de la formation varie entre 40.000 et 60.000 Fcfa en fonction des catégories et des corps pour une durée de deux mois. Cet enseignant de profession organise cette formation préparatoire des concours de la Fonction publique depuis 2014. «La formation portait au départ sur le corps de douanes», insiste Ahmadou Baba Sidy. L'année dernière, il indique avoir enregistré un taux d'admission de 25% avec une cinquantaine de candidats répartis entre les catégories C, B1 et B2 contre 10% pour la vingtaine de candidats de la catégorie A.



De plus en plus convaincus que le mérite est récompensé, les candidats se préparent en conséquence


Comme lui, Dr Daouda Traoré aussi s’investit dans la préparation des postulants aux concours directs de recrutement dans la Fonction publique. Ce spécialiste en Gestion de ressources humaines (GRH) cumule 3 ans d'expériences dans cette activité d’accompagnement des diplômés dans les épreuves techniques et de culture générale. On le faisait en collaboration avec des universités. «On a créé notre cabinet, il y a environ une année.

C'est la première fois pour le cabinet  de préparer les candidats aux concours de la Fonction publique. Douze personnes s'étaient inscrites en février dernier», précise-t-il. Et de témoigner que cette année, les candidats sont de plus en plus convaincus que le mérite est récompensé. Dr Daouda Traoré se souvient qu'au départ, il y avait une crise de confiance. «Les gens devaient se rassurer sur la qualité de nos formations. Il a fallu faire la preuve par les résultats pour gagner en crédibilité», informe celui dont le cabinet dispense les cours 3 fois par semaine.

Des candidats ont du mal à se défaire de certaines croyances.  Ils consultent les devins pour réussir. Un disciple d’un célèbre géomancien décédé affirme, sous anonymat, que des candidats ont recours à sa science occulte. «Certains pensent que leurs compétences ou leur intelligence suffisent pour leur admission. Mais, si on consulte les oracles  (turabu), on se rend compte qu’ils ne seront pas admis. Nous remédions à ce blocage à travers des prescriptions», explique le géomancien. Et de préciser que ces prescriptions peuvent porter sur l'utilisation des potions (nasi) ou talisman (sɛbɛn).

Au niveau du CNCFP, on annonce que la liste définitive des candidats sera affichée au plus tard le 4 avril prochain. Selon le directeur de la structure, la liste provisoire rendue publique le 25 mars dernier sur le site www.fonctionpublique.gouv.ml n’a pas pris en compte les candidats dont une pièce manquait au dossier et les cas d’attestations non légalisées.

Mohamed DIAWARA

Lire aussi : Ziyara de feu imam Cheick Ousmane Haïdara Khalafo : La foi et la communion

La 33e édition de la ziyara commémorative du décès de feu l’Imam Cheick Ousmane Haïdara Khalafo à Hamdallaye s’est tenue samedi dernier. Cet événement a rassemblé de nombreux fidèles musulmans venus de Bamako et d’autres régions pour témoigner leur attachement à la mémoire de l.

Lire aussi : Journée internationale des monuments et des sites : Un engagement clair pour la protection du patrimoine culturel

À l’occasion de la Journée internationale des monuments et des sites que consacre le 18 avril de chaque année, le Conseil international des monuments et des sites (Icomos), en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), a organisé.

Lire aussi : Recyclage du textile : Les coupons font la bonne affaire

Dans les ateliers de couture, les morceaux de tissus sont utilisés pour confectionner des habits et d’autres objets comme les sacs à main. Un travail utilitaire qui permet d’éviter la pollution de notre environnement.

Lire aussi : Gao : Le site du Tombeau des Askia rénové

La fondation de l'Alliance internationale pour la protection du patrimoine culturel dans les zones en conflit (ALIPH) a financé les travaux de réhabilitation du site du Tombeau des Askia. Ce projet a permis de renforcer l'état de conservation physique et améliorer les commodités d'usage de ce s.

Lire aussi : Mopti : Le comité régional consultatif de sécurité fait le point des activités de 2026

Le gouverneur de la Région de Mopti, le Général de brigade Daouda Dembélé, a présidé, jeudi 16 avril dans la salle de conférence du gouvernorat, les travaux de la première réunion ordinaire du Comité consultatif de sécurité (CCS)..

Lire aussi : Kayes : Le gouverneur Soumaré préside une réunion de commandement

Cette rencontre revêt une importance capitale pour le renforcement de la présence de l’État dans la Région.

Les articles de l'auteur

Incendie au China Mall : Le supermarché presque intact

Une intervention rapide des unités de la Protection Civile de Bamako a permis de circonscrire dans la nuit du 17 au 18 avril un incendie au supermarché «China Mall» situé à Hamdallaye ACI 2000 en Commune IV du District de Bamako..

Par Mohamed DIAWARA


Publié samedi 18 avril 2026 à 23:24

Baccalauréat : Un examen blanc prévu le 23 avril

Notre pays organise le baccalauréat régional blanc le 23 avril 2026. La mesure s'inscrit dans le cadre de l'harmonisation du Baccalauréat dans l'espace de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (Uemoa)..

Par Mohamed DIAWARA


Publié jeudi 16 avril 2026 à 19:38

Soins de santé de qualité : La fructeuse coopération de l’hôpital du Mali avec la mission chinoise

L’Hôpital du Mali et la 30è Mission médicale chinoise multiplient les initiatives pour améliorer l’offre de soins au bénéfice des populations. Dans cette démarche, l’Hôpital du Mali a lancé, hier dans sa salle de conférence, une série de séminaires académiques sur la santé et la culture..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 14 avril 2026 à 08:11

Tunisie: Deux étudiantes maliennes meurent asphyxiées

Deux étudiantes maliennes ont perdu la vie ce dimanche 12 avril à Tunis dans un incident domestique lié à l'émanation du gaz dans leur appartement..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mardi 14 avril 2026 à 07:56

Mme Gakou Fatou Niang : Une figure importante au service de l'éducation et de l'information

L'ancienne ministre de l'Information et des Télécommunications, Mme Gakou Fatou Niang, est décédée ce mardi 7 avril à Bamako. Elle a impressionné par son parcours académique et professionnel. Le 22 septembre 1983, un événement majeur de la vie de notre pays s'est tenue pendant qu'elle dirigeait le département en charge de l'Information. Il s'agit du démarrage des activités de la télévision nationale..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mercredi 08 avril 2026 à 16:34

Nécrologie : L'ancienne ministre Mme Gakou Fatou Niang décédée à 87 ans

L'ancienne ministre de l'Information et des Télécommunications, Mme Gakou Fatou Niang, est décédée ce mardi 7 avril à Bamako..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mercredi 08 avril 2026 à 15:11

Conflit USA-Iran : Un cessez-le-feu réciproque de deux semaines obtenu

Le Président américain Donald J. Trump décide de suspendre l'attaque contre l'Iran pour une durée de deux semaines sous réserve de l'accord de l'Iran pour l'ouverture immédiate du détroit d'Ormuz..

Par Mohamed DIAWARA


Publié mercredi 08 avril 2026 à 09:15

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner