Assises de Bamako : L’accusé est sorti libre du tribunal

Au deuxième jour des travaux de la session de la Cour d’assises qui se tiennent à la Cour d’appel de Bamako, les jurés avaient sous la main deux dossiers à juger : la première est une affaire de complicité de viol et la seconde, un cas de pédophilie.

Publié lundi 05 février 2024 à 07:11
Assises de Bamako : L’accusé est sorti libre du tribunal

C’est Mama Timbo qui a comparu en premier lieu pour répondre de l’infraction de viol. Ce revendeur de charbon de bois s’est rendu coupable de complicité de viol pendant qu’il évoluait au marché de Ouolofobougou dans la vente du charbon de bois. Ces actes sont prévus et punis par les articles 24 et 226 du code pénal pouvant donner lieu à des peines criminelles.

Selon l’arrêt de renvoi, les faits se sont passés dans l’après midi du 08 juin 2020. Ce jour-là, Awa Traoré accompagnée d’une amie, s’est rendue dans une boutique au marché de Ouolofobougou pour acheter du jus d'orange à la demande de sa mère.

Sur le chemin du retour, Almamy Timbo, inconnu d'elles, les a approchées. Et subitement, il arracha le sachet de jus d'orange que tenait la demoiselle Traoré, puis il s’est dirigé vers un magasin situé derrière le marché.

Les deux filles l’ont poursuivi jusqu'en ce lieu qui le servait de chambre à coucher avec son collègue, Mama Timbo. Une fois arrivées devant le magasin, Almamy Timbo entraîna de force à l'intérieur du magasin Awa Traoré. Mama Timbo présent en ce lieu, s’est chargé de chasser l'amie  qui l'accompagnait avant de refermer la porte à clé.

Puis, Almamy Timbo gifla sa future victime et l’obligea à se déshabiller avant de lui faire subir ses assauts sexuels jusqu'à assouvir sa libido. Pendant ce temps, son collègue Mama Timbo suivait la scène sans intervenir pour en empêcher le bourreau d’abuser de la fillette. Au contraire, il  augmenta le volume de leur poste radio afin qu'on ne puisse entendre de l'extérieur ses cris et son appel au secours.

Lorsqu'ils la libèrent après le forfait, Awa Traoré, sous le choc, meurtrie et désemparée n'eût d'autre choix que de s'éclipser. Elle a été retrouvée par ses parents le lendemain des faits. Sur indication de l’amie qui l’accompagnait la victime, Mama Timbo fut appréhendé et conduit au commissariat de police du 2ème arrondissement de Bamako qui ouvrit immédiatement une enquête à la suite de laquelle il fut poursuivi en même temps qu’Almamy Timbo (en fuite). Ils ont été inculpés  par  le magistrat instructeur.

Lors de la procédure Almamy Timbo poursuivi de viol n’ayant pas été retrouvé, un non lieu a été suivi contre sa personne en application de l’article 211 alinéa 1 du code de procédure pénale.  Quant à Mama Timbo, il s’est retrouvé devant les juges pour répondre des faits de complicité. À l’enquête préliminaire aussi bien qu’à l’information, l’inculpé a nié les faits à lui reprochés. Il en a été de même à la barre.

Il a expliqué être ressortissant du même village que l’auteur des faits qui se trouve être également son colocataire, car, s’est-il défendu, ils partagent la même chambre à coucher dans ledit marché. Comme cela ressort de ses déclarations contenues dans  l’arrêt, le jour des faits, il avait effectivement trouvé son colocataire, Almamy en compagnie de la victime devant leur chambre avant que les deux n’y entrent pour des rapports sexuels.

Dans sa réquisition, le parquet a chargé l’accusé pour n’avoir pas réagi face à l’acte que posait son collègue. La défense a, pour sa part, plaidé non coupable. Au terme des débats, la Cour a déclaré l’accusé non coupable des faits et l’a acquitté tout simplement. Mama Timbo est finalement ressorti libre de la Cour.

 

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Le pédophile prend cinq ans de prison

 

Ce fût le tour de l’accusé Seydouba Keita de comparaître à la barre pour pédophilie, un acte qu’il a commis sur une fillette âgée de 09 ans au moment faits. Des faits prévus et punis par l’article 228 du code pénal. Cette histoire s’est déroulée en 2021 à Sogoniko pendant que la victime se rendait à une commission.

Le jour des faits, Korotoumou Konaté, alors âgée de neuf ans, fut envoyée en commission par des jeunes d'une agence immobilière pour remettre des tasses dans leur famille.

Chemin faisant, elle croisa Seydouba Kéïta qui l'a prise par le poignet et l'emmena dans une maison inachevée pour assouvir son instinct sexuel. Après son forfait, il déclara à sa victime qu'il s'appelait Barou. Quelques minutes plus tard, Korotoumou Konaté est revenue en famille en boîtant.

Sa mère, A F Coulibaly, remarqua cette démarche inhabituelle chez sa fille. Après un moment d’interrogatoire, la fillette lui raconta sa mésaventure. C'est ainsi, que Seydouba Keïta et un certain Barou furent interpellés et déférés devant le parquet du Tribunal de grande instance de la Commune VI du District de Bamako, lequel a requis l'ouverture d'une information judiciaire à la suite de laquelle  ils furent inculpés pour pédophilie.

Seydouba était seul à comparaître devant les juges. À l’instruction comme à la barre, il n’a pas reconnu les faits. Il a déclaré avoir été interpellé par les gendarmes qui l’ont conduit à leur poste alors qu’il ignorait les causes de son interpellation. Selon les déclarations de l’accusé lui-même, le jour des faits, en sa qualité d’agent de la mairie de Sogoniko, il a  consacré sa journée au travail de 18 H à 22 heures.

Qu’à cela ne tienne, il avait été dénoncé par la fillette Korotoumou Konaté, comme son bourreau à toutes les étapes de la procédure. Et cela était suffisant pour la cour de l’inculper. Elle l’a ensuite maintenu dans les liens de l’accusation. L’inculpé a ainsi écopé de 5 ans de prison.

Tamba CAMARA

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