C’est un jeune homme à la voix fine avec un corps d’athlète de course de fond, tant il est frêle. D’un abord agréable, Afo Nabo, puisque c’est de lui qu’il s’agit est un artiste talentueux. Il illumine de son sourire tout entretien avec n’importe quel interlocuteur.
Sur scène, il charme son public avec des mots qui flattent l’orgueil des Maliens en général, des peuls en particulier. L’artiste lui-même se définit comme «l’un des plus grands chanteurs, sinon le plus célèbre des chanteurs peuls du Mali». Afo Nabo, nous a rendu visite à la rédaction de L’Essor, cette semaine.
Il a deux albums à son actif et a déjà sillonné une bonne partie du territoire national. Il a assuré des concerts et autres festivals dans trois pays de la sous-région, notamment au Burkina, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Il est bien connu du milieu de la musique puisque depuis une dizaine d’années, il réalise régulièrement à Bamako des prestations individuelles, soit en accompagnant d’autres groupes de musique.
L’artiste a une histoire singulière. D’abord, il convient de lever une équivoque. Afo Nabo est un bozo bon teint, mais il commence par expliquer que le nom Nabo est un patronyme originel bozo qui, par lapsus calami des Blancs de l’administration coloniale, est devenu Napho. Certainement que la prononciation de ce nom de famille a été mal comprise au moment de l’enregistrement.
Comment un bozo devient-il un chanteur peul ? Pour lui, cela est très facile à comprendre. Il est né en 1980 à Douentza, dans le fiel chez les peuls. Il apprend la langue et y acquière de la culture peule. Paradoxalement, il entonne ses premiers airs avec une reprise du célèbre morceau : «Kankélé tiguiya» de Djénéba Seck.
«À 15 ans, j’adorai tellement cette chanson que je passais tout mon temps à le fredonner au marché de Douentza. Des adultes qui prenaient du plaisir à m’écouter me donnaient de l’argent», ajoute l’artiste. Qui se fera réprimander plusieurs fois par ses parents qui ne voyaient pas d’un bon œil l’option de la musique. Nobles, ceux-ci ont du mal à accepter que leur fils chante.
Le jeune chanteur explique sans ambages et même crûment qu’il a embrassé la musique grâce à Djénéba Seck et Nanou Koul, une autre cantatrice malienne. Il cherche rapidement à prendre contact avec la première dès son arrivée à Bamako. Il y parvient à la convaincre de l’accepter dans son groupe comme choriste. Il avoue qu’en réalité, c’est cette chanteuse qui lui a filé beaucoup de ficelles du métier.
«Elle me conseille régulièrement sur ma façon de chanter et de me tenir sur scène». Même étant en déplacement hors du pays, elle accepte de discuter avec moi au téléphone. Toute chose qui m’aide énormément dans mon apprentissage. C’est pratiquement un autodidacte de la chanson qui commence à monter.
Avant d’aller pour les festivals de Dori au Burkina et de Tumbundè à Dakar (Sénégal), en 2013, Afo a mis sur le marché son premier album intitulé : «Afo Anawara» qui veut dire en peul Afo arrive. Il comporte hui titres dont le morceau éponyme, Baara ou Oumin N’golè ; N’dahreèn et Saara. Le clip du premier titre tourne beaucoup sur les antennes des télévisions maliennes et lui a permis d’être invité dans des émissions comme Top étoiles de l’Ortm et «Africa show» de Africable.
«Hono Yègnèrè wala» est le titre de son deuxième album dans lequel, l’artiste prône l’amour et l’unité. Il demande aux peuls de s’unir et de s’aimer parce pour lui, le développement de la communauté passe par là.
Youssouf DOUMBIA
L’humoriste Souleymane Keïta, plus connu du grand public sous le nom de « Kanté », a été élevé ce vendredi 13 mars 2026 au grade de chevalier du Mérite des Arts et de la Culture..
La 9è édition du Festival Ali Farka Touré se tiendra du 23 au 29 mars prochain à Lafiabougou, en Commune IV du District de Bamako sous le thème : «Ali, 20 ans d’héritage». L’information a été donnée, samedi dernier, lors d’une conférence de presse animée par le président de la Fo.
Désigné parrain des activités culturelles du mois de mars dans le cadre de l’Année de l’éducation et de la culture, Magma Gabriel Konaté, président de la Commission éducation et communication du CNT, en était le principal conférencier.
Dans plusieurs villages du site des Falaises de Bandiagara, les efforts de reconstruction commencent à porter fruits. À ce jour, 170 maisons ont été reconstruites, 9 Togunas réhabilités, 90 greniers mâles et 82 greniers femelles rebâtis, auxquels s’ajoutent 3 maisons destinées aux femmes.
Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a créé le Comité préparatoire de l'Année de l'Éducation et de la Culture 2026-2027. Le décret annonçant la création de cet organe d'une vingtaine de membres a été rendu public ce mercredi 4 mars 2026..
Le «Niôgo» est un ensemble instrumental traditionnel de musique de la communauté Minianka. C’est une forme de percussion qui accompagne toutes les cérémonies au village, notamment les mariages, retrouvailles de jeunes, fêtes traditionnelles et rencontres communautaires et culturelles..