Cette édition veut contribuer au processus de labellisation du Bogolan
Du
2 au 5 novembre, le Palais de la culture Amadou Hampaté Ba sera décoré par les
tissus traditionnels de notre pays. C’est du moins ce que souhaite l’Alliance
des journalistes pour le développement économique et culturel (AJDEC)
initiatrice des Journées textiles du Mali «Malifiniw». Le projet est une
contribution des acteurs des médias à la promotion du textile. Le thème retenu
cette année est :«Le Bogolan, une histoire, une identité culturelle» et le
parrain est Nouhoum Tapily, président de Guinna Dogon, un clin d’oeil à la
communauté Dogon.
Le
programme prévoit des conférences-débats, une foire d’exposition des
métiers liés au textile, les espaces de découvertes des métiers
textiles, des défilés de mode, des concerts de musique et autres
démonstrations culinaires. En
effet, le débat sur l’indisponibilité de ces produits, leur coût d’achat
et bien d’autres arguments entourent le manque d’appropriation de ce
patrimoine vestimentaire par nos populations, explique notre confrère Cheick
Oumar Sangaré, président de l’AJDEC et de la Commission d’organisation. C’est
donc dans le but d’échanger sur ces préoccupations, a-t-il ajouté.
Cette
année, la 4ème édition qui se tiendra dans un décor authentique, les
organisateurs entendent encourager le gouvernement dans sa démarche de
labellisation du bogolan, un tissu typiquement malien. Ce qui explique le
thème : «le bogolan, une histoire, une identité culturelle». En effet, le
Centre malien de la propriété intellectuelle (CEMAPI), qui gère le processus de
labellisation du bogolan, sera au centre de cette édition. C’est pour cette raison que le ministre de
l’Industrie et du Commerce présidera la cérémonie d’ouverture, précise le
président de l’AJDEC.
Le programme prévoit un bal de costumes traditionnels
animé par le balafoniste Kaou Diabaté, les prestations d’artistes musiciens
comme l’orchestre des filles de l’Institut national des arts (INA) et celles du
Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté (CAM-BFK) et
Oumar Konaté et son groupe. Une soirée Koroba, le théâtre traditionnel dogon en
l’honneur du parrain. La Fédération des tailleurs professionnels du Mali
organisera également un défilé de mode uniquement avec des matières de chez
nous. Et enfin le célèbre conteur Salif Berthé proposera également son œuvre
qui magnifie l’histoire du bogolan.
Pour
Cheick Oumar Sangaré, le défi de la promotion du coton malien passe à la fois
par une production davantage accrue avec professionnalisme en termes de
quantité et de qualité et par un mécanisme citoyen à encourager les
producteurs. Au
sortir de la 1ère édition, une coalition d’associations a souhaité participer à
l’organisation de la deuxième édition pour faire de cet exercice, un
rendez-vous national de promotion et de valorisation des produits locaux du
coton notamment textiles. Ainsi, une vision est en marche pour consolider
cette action autour du textile, et cette année sera la mise en œuvre de la
4ème édition.
La mise en œuvre de ces journées vise
à valoriser les produits textiles locaux et à inciter à
leur consommation. Le Mali regorge d’artisans de talent et de créateurs de
mode qui s’inspirent de nos vêtements locaux et produisent les vêtements
de bonne qualité. Le Mali est un pays profondément ancré dans son
histoire et dans sa culture avec une tradition et un
héritage importants qui ont été mis à l’épreuve ces dernières années,
relève Cheick Oumar Sangaré. Le défi, en plus du retour de la sécurité,
de la paix et de la stabilité, reste le chantier du développement
économique qui passe par la valorisation de toutes les opportunités
culturelles, artisanales et touristiques et la promotion de toutes les
potentialités économiques du pays.
Le coton malien est reconnu pour sa qualité extrême, sa transformation offre des produits d’une qualité incomparable que l’État pourrait mieux exploiter pour le bien-être de tous les Maliens. Le chantier du textile et de la transformation locale est un secteur sans conteste prépondérant de l’économie du Mali.
Youssouf DOUMBIA
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